‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 580 sur 829 · JiJLicHER, II,2H · texte numérisé non relu

JiJLicHER, II,2H

BEELZEBOUL ' 709

soit ridée, elle paraît un peu froide dans ce discours, où la polémique prend un ton assez vif, et elle n'était pas de nature à toucher g-randement les pharisiens qui ne tenaient pas à être pour Jésus. Elle peut avoir été formulée dans une autre occasion.

De tout temps les commentateurs ont été frappés de l'espèce de contradiction qui existe entre cette sentence et ce qu'on lit dans Marc ' : « Celui qui n'est pas contre vous est pour vous. » On dit volontiers, comme il est vrai, que les deux paroles peuvent se justifier à des points de vue différents, en raison de leur application, qui n'est pas la même, et des circonstances où elles ont été respectivement prononcées. Luc, qui les rapporte toutes les deux, a dû penser ainsi. Mais tel n'était peut-être pas l'avis de Matthieu, qui ne rapporte que la première. En réalité, la seconde parole, avec l'anecdote qu'elle termine, semble parallèle à ce qu'on vient de lire sur les exorcismes juifs. Si l'on admet que le second Evang-ile est primitif en tout, l'on pourra supposer que la question intercalée : « Au nom de qui vos fils chassent-ils les démons ? » s'inspire du récit de Marc ', et vient d'un rédacteur qui voulait en tirer parti sans le reproduire : ne serait-ce pas le même rédacteur qui aurait cru devoir retourner la sentence : « Qui n'est pas contre vous est pour vous », en : a Qui n'est pas avec moi est contre moi »? L'addition d'un membre parallèle : « Qui n'amasse pas avec moi dissipe », prouverait d'autant moins contre cette hypothèse que l'image n'était pas difficile à trouver -^ et que le parallélisme n'est pas autrement réussi. Il y aurait une rectification du texte de Marc, en vue des rapports existant alors entre le judaïsme et le christianisme. Les « fds » des pharisiens seraient toujours des exorcistes juifs, mais ce pourraient être des exorcistes qui chassaient les démons au nom de Jésus sans se faire chrétiens ^ ; dans ce cas, ils seraient dits jug-es de leurs frères au dernier jour, par imitation de ce qu'on lit des Ninivites et de la reine de Saba ". La discussion du récit de Marc, on le verra plus loin, favorise l'hypothèse contraire, pour ce qui regarde la teneur primitive de la sentence, l'ar-

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