Cf. supr. pp
2. Adv. Marc. IV, 19 ; De carne, 7 ; De mono;/. 8 ; De virg. vel. 6.
3. In Luc. honi. vu : « Debemus in hoc loco, ne simplices quique decipiantur, ea quae soient opponere haei'etici confulare. In tanlam quippe nescio quis prorupit insaniam (ce nescio quis ne doit pas être Tertullien, mais quelque sectaire ennemi du mariage, bien que plus loin Origène, ou du moins Jérôme, son traducteur, semble viser le docteur africain) ut assereret negatam fuisse Mariam a Salvatoi*e (dans Me. m, .33-35) eo quod post nativitatem illius juncta fuerit Joseph (Tertullien, Adv. Marc. IV, 19, supr. cit. donne une autre raison : « Tam proximas personas foris stare, extraneis intus defixis ad sermones ejus... merito indignatus est. Transtulilsanguinis nomina in alios, quos magis proximos pro fide judicaret. » Cf. De carne, 7 : « Fratres Domini non crediderant in illum... Mater aeque non demonstratur adhaesisse ei ") — Porro quod asserunt (il s'agit des hérétiques nommés d'al)ord, et non du nescio quis) eam nupsisse post partum (ce sont les termes mêmes de Tertullien, De nionog. 8 : Et ChrisLum quidem virgo enixa est, seniel nuptura post partum »), unde approbent non habent. Hi enim filii qui Joseph dicebantur, non erant ortide Maria, neque est uUa Scriptura quae ista commemoret. »
LA FAMILLE DE JÉSUS 12 l
perpétuelle, et affirmait que les frères et sœurs de Jésus étaient des enfants de Joseph nés d'un premier maring-e. Cette explication fait droit au sens naturel des mots (( frère » et « sœur » dans les passantes évang-éliques où on les rencontre, les enfants de Joseph devant être censés frères de Jésus, comme Jésus était censé son fds. Origène ' cite à lappui de la combinaison des demi-frères putatifs rÉvangilede Pierre et le Protévangile de Jacques, deux apocryphes du ^second siècle, qui attestent du moins que le problème fut soulevé dans certains milieux chrétiens fort peu de temps après la publication des Evang-iles canoniques. Une autre hypothèse, qui est entrée dans la tradition latine, fut imaginée par saint Jérôme -^ Se fondant sur le rapport des noms pour identifier les frères du Seigneur avec des apôtres, et alléguant le sens large du mot « frère » en hébreu, le docteur de Bethléem prétendit que les frères du Seigneur n'étaient que ses cousins, fils de Marie de Clopas, laquelle, d'après le quatrième Evang-ile, aurait été sœur de ^larie, mère de Jésus.
Personne avant Jérôme n'aurait soupçonné que les textes des Evangiles pussent s'accommoder d'une interprétation aussi élastique. 11 est aisé de concevoir qu'on ait lu pendant trois siècles les Synoptiques sans se douter que les évangélistes, en écrivant : <( Sa