‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 594 sur 829 · Adv. Helvidium. Système résumé dans la n · texte numérisé non relu

Adv. Helvidium. Système résumé dans la n

mère et ses frères vinrent », avaient voulu dire : « Sa mère et ses cousins vinrent », comme s'il était tout naturel que Marie fût accompagnée de ses neveux ; et l'on ne doit pas être surpris que le grand Origène, en examinant la parole : « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère », n'ait pas songé que Jésus aurait pu, en cette occasion, et voulu dire : « Celuilà est mon cousin, ma cousine et ma mère ». « Frère et sœur » ne peuvent désigner ici un degré quelconque de parenté, ou bien il faudrait en dire autant de « mère », qui, s'il ne s'agissait que de possibilité abstraite, pourrait signifier « aïeule ». Pour être plus commode que la précédente au point de vue apologétique, la conjecture de saint Jérôme n'en est pas moins insoutenable. L'opinion des Pères grecs représente une possibilité, mais elle apparaît à l'historien comme une hypothèse suggérée par une difficulté. La tradition théologique de la conception virginale tendait à éloigner de plus en plus du Christ ses frères et ses sœurs, et l'évolution des hypothèses, depuis Tertullien, dont l'opinion est hypothétique à sa manière, jusqu'à saint Jérôme, témoigne à la fois du travail de la pensée chrétienne, et de son caractère purement doctrinal et apologétique.

Marc, iv, l-3i. Matth. xm, 1-52. Luc, viii, 4-13; xiii, 18-21.

Les paraboles du royaume de Dieu, dont Marc et Matthieu vont rapporter un certain nombre, ont été prononcées en des occasions diverses. Dans le cadre où elles ont été placées par les évang-élistes, elles sont destinées k donner un échantillon de la forme d'enseig-nement public adoptée par Jésus, et à montrer comment et pourquoi le peuple n'a pas profité de cet enseig-nement. Les deux intentions apparaissent comme superposées dans Marc , où l'on a reproduit déjà plusieurs paroles de Jésus, mais aucun discours suivi, et où les paraboles semblent se présenter d'abord comme un spécimen de la prédication ordinaire du Sauveur, non comme un genre nouveau que le Christ aurait choisi, pour un but spécial, à un moment donné de son ministère. Sept paraboles se suivent dans le premier Evangile, et, vu la prédilection du rédacteur pour les nombres parfaits, on peut croii-e que ce total a été cherché. Marc en donne seulement trois, chitt're voulu peut-être, comme celui de Matthieu ; mais il semble avoir fait un choix dans un grand nombre « de paraboles semblables ' » qui étaient à sa disposition. Luc ne joint aucune parabole à celle du Semeur, et il reproduit dans un autre contexte celle du Sénevé et celle du Levain.

Il est peu probable que les sept paraboles de Matthieu aient été groupées au même endroit dans la source. Le rédacteur les a réunies ensemble parce qu'elles ont un objet analogue, et il les a rattachées à une même circonstance pour la commodité de l'exposition. Dans sa pensée, la série de paraboles fait pendant au discours sur la montagne. Ce discours a mis en relief l'opposition de l'esprit évangélique et de l'esprit pharisaïque ; puis les mauvaises disposi-

1. Me. IV. 33. On peut en trouver cinq dans le discours, en comptant comme paraboles les sentences de la lampe (21-22) et de la mesure (24-2;j).

lions des pharisiens à l'égard de Jésus ont été accentuées dans la relation des faits; on va montrer maintenant le Sauveur travaillant à l'avènement du royaume par l'instruction de ses disciples, et adoptant, dans sa prédication, la parabole comme moyen de dérober les mystères du royaume à la connaissance d'ennemis voués à l'endurcissement. Quatre paraboles sont supposées avoir été adressées au peuple et aux disciples, les trois autres aux disciples seuls. Les premières concernent la préparation du royaume : parabole du Semeur ; le mélange inévitable du bon et du mauvais dans le recrutement préliminaire des candidats au royaume : parabole de l'Ivraie; le grand développement qui est réservé au royaume: parabole du Sénevé, parabole du Levain. Les trois dernières présentent le royaume comme le bien suprême, digne d'être acquis au prix de tous les sacrifices : paraboles du Trésor et de la Perle ; ou annoncent la séparation finale du bien et du mal : parabole du Filet.

Bien que l'artifice de cet arrangement, qui n'est pas dépourvu dune certaine logique, ait pu faire illusion aux commentateurs, on aurait tort de penser que les paraboles correspondent réellement à une période du ministère galiléen plus avancée que celle à laquelle appartiennent les éléments principaux du discours sur la montagne '. La parabole du Semeur vient la première, non seulement parce que la tradition y associe une explication concernant le but commun des paraboles, mais parce qu'elle est la parabole de la parole, et qu'elle avait par elle-même un caractère presque universel qui la désignait pour être la parabole typique. Elle devait occuper déjà la première place dans le plus ancien recueil de paraboles, avant que l'on commençât à spéculer sur les mystères de l'enseignement parabolique, et sur les raisons particulières que Jésus avait eues de le choisir. Elle a mérité ainsi de figurer dans les trois Synoptiques, privilège qu'elle partage avec la parabole des Vignerons meurtriers, qui est aussi une pièce de signification générale. Dans la collection des paraboles, celle du Semeur était qualifiée pour être la première, et celle des Vignerons la dernière.

I . Opinion de Schanz, Mt. 334. On a vu plus haut que le discours contient plusieurs similitudes, et se termine par une double parabole.

Marc, iv, I . Et il se Matth. xiii, 1. En ce Luc, viii, 4. Et

mit de nouveau à en- jour-là, Jésus étant comme une foule nom-

seigner près de la mer ; sorti de la maison, s'as- breuse se rassemblait

et une grande Ibule sit au bord de la mer, et venaità lui des villes,

s'assembla près de lui, 2. et une foule nom- il dit en parabole : 5.

en sorte que, montant breuse s'assembla près « Le semeur sortit pour

dans la barque, il sas- de lui, en sorte que, semer sa semence; et

sit dans la mer; et montant dans une pendant qu'il semait, il

toute la foule était sur barque, il s'assit, et en tomba le long du

le rivage, à terre. '2. toute la foule se tenait chemin, et elle fut fou-

Et il leur enseignait sur le rivage. 3. P^t il lée aux pieds, et les

beaucoup de choses en leur exposa beaucoup oiseaux du ciel la man-

paraboles, et il leur de choses en paraboles, gèrent; 6. et il en

disait dans son ensei- disant : « Voici que le tomba d'autre sur la

gnement:3 « Écoutez! semeur sortit pour pierre, et ayant germé,

Voici que le semeur semer; 4. et pendant elle sécha, parce qu'elle

sortit pour semer; 4. qu'il semait, (des n'avait pas d'humidité ;

et pendant qu'il semait, grains) tombèrent le 7. et il en tomba d'au-

(du grain) tomba sur le long du chemin, et les tre aumilieudesépines,

chemin, et les oiseaux oiseaux vinrent et les et les épines, croissant

vinrent et le man- mangèrent; 5. et il en en même temps, l'étouf-

gèrent; 5. et il en tomba d'autres sur les fèrent; 8. et il en tomba

tomba d'autre sur le endroits pierreux, où d'autre sur la bonne

sol pierreux , où il ils n'eurent pas beau- terre, et ayant levé,

n'eut pas beaucoup de coup de terre, et ils elle pointa fruit au cen-

terre, et il leva bientôt, levèrent aussitôt, parce tuple. » En disant cela,

parce qu'il n'avait qu'ils n'avaient aucune il criait : « Qui a des

aucune profondeur de profondeur de terre, oreilles pour entendre,

terre ; 6. et quand parut mais, le soleil parais- entende! »

le soleil, il fut brûlé, et sant, ils furent brû-

parce qu'il n'avait pas lés, et parce qu'ils n'a-

de racine, il se dessé- valent pas de racine,

cha ; 7. et il en tomba ils se desséchèrent; 7.

d'autre sur les épines, et il en tomba d'autres

et les épines montèrent sur les épines, et les

et l'étoufFèrent, et il ne épines montèrent et

donna pas de fruit; 8. les étouffèrent; 8. et il

et il en tomba d'autre en tomba d'autres sur

sur la bonne terre, et il la bonne terre, et ils

donna un fruit qui donnèrent du fruit, 9.

monta et grandit, et il qui cent, qui soixante,

rapporta trente, et qui trente (pour un).

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soixante, et cent (pour Qui a des oreilles enun). » 9. Et il dit : tende ! » « Qui a des oreilles pour entendre entende ! »

Marc a conduit Jésus dans la inontagne pour le choix des apôtres, et la ensuite ramené à Capharnaûm, oîi il a instruit une grande foule d'auditeurs et combattu les pharisiens ; maintenant l'évangéliste le montre enseignant « de nouveau )) près de la mer, et fait ainsi allusion aux prédications qui avaient eu lieu antérieurement dans le même endroit ^. Pour donner une idée de cet enseignement, il raconte ce qui arriva et ce qui se dit un certain jour où le peuple s'assembla autour de Jésus en si grand nombre que le Christ, pour se soustraire à la presse, monta dans la barque, tenue à son service pour des cas semblables'-. De la barque où il était assis, non loin du rivage, Jésus haranguait la foule massée au bord de la mer. Rien ne fait supposer qu'il aurait commencé à terre un discours cjue l'arrivée du peuple l'aurait obligé d'interrompre, et qu'il avirait continué sur la barque 'K « Il enseignait beaucoup de choses en paraboles^ ». L'évangéliste le dit pour attirer l'attention sur ce mode d'enseignement, non spécialement sur les paraboles qu'il va reproduire. L'histoire du Semeur est amenée comme la principale chose que Jésus a dite ce jour-là « dans sa prédication ■' ».

En Matthieu, la parabole est introduite de la même façon que dans Marc, sauf quelques indications dont la précision n'est qu'apparente, et qui servent seulement à la liaison des récits : « En ce jour là, Jésus étant sorti de la maison, s'assit près de la mer. » Marc laisse entendre que Jésus prêcha quelque temps au bord

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