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LES PARABOLES 7i5
de même de « ceux-là », c'est-à-dire de la masse des auditeurs, dont Jésus se trouve en quelque sorte séparé parle cercle des disciples K Matthieu dit : « ceux-là », et non « ceux du dehors », pour la même raison que Luc, parce que les auditeurs de Jésus et ses disciples ne peuvent être conçus comme deux sociétés isolées l'une de l'autre. Mais la réponse n'est plus tout à fait dans le sens de la question. Les disciples demandent pourquoi Jésus débite des paraboles au peujjle, qui est supposé ne pouvoir les comprendre ; et la réponse fait entendre que les paraboles sont dites pour que les disciples, par l'explication, apprennent les secrets du royaume. Ici, comme dans Luc, les paraboles ont une utilité pour les disciples, et l'on peui dire que l'histoire reprend ses droits contre la théorie de Marc, mais, comme on veut maintenir cette théorie, une confusion s'introduit dans les idées et dans le discours. Au lieu de recourir i» une combinaison si singulière, pourquoi le Maître n'abandonne-t-il pas à eux-mêmes ceux qu'il ne veut pas éclairer, et ne se contentet-il pas de révéler sans fig"ure les vérités salutaires à ceux qui sont prédestinés à les connaître? Dans le système de Matthieu et de Luc, Jésus dit au peuple des choses qui sont en réalité pour les disciples, et ce n'est pas sans y ajouter quelque contradiction que 1 on a moralisé 1 idée de Marc.
Il reste que, dans Matthieu, aussi bien que dans Marc et dans Luc, la forme parabolique de l'Evang-ile a, en tant que parabolique, sa raison d'être par rapport à ceux à qui Dieu refuse la connaissance des secrets ^ du royaume ; maison ne dit pas sans quelque détour qu'elle a ])our fin de leur en dérober l'intelligence. Le principe delà distinction poséeentre lesdeux catégories d'auditeurs est justifié parunesenlence que Marc rapporteaprèsl'explieation de la parabole, et que Matthieu anticipe de façon médiocrement heureuse : « Car à qui a l'on donnera,et il sera dans l'abondance'^ », c'est-à-dire que les disciples, déjà instruits de la vérité, verront encore accroître leurs connaissances : « et à qui n'a pas on otera même ce qu'il a », c'est-à-cHre que la foule des Juifs, ignorante du royaume que Jésus annonce, devien-
1. V. il. oTi 'ju-tv os'ooTai Yvwva'. xi ij.uaxT]'p'.a xfji; paaiXiiaç xwv oùpavôiv (Ss. mss. lat. omettent x. o.'), k/.sr/oii oè où oiooxat. Cf. v, 1-2, la mise en scène du discoiu-B sur la montagne, supr. pp. ;j41-.d42.