‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 607 sur 829 · v za'.ptj) -£'.pa7[j.oij àsfiTavTa · texte numérisé non relu

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2. On pourrait se demander si la fin du v. 2"2, xal axaprco; y^vsiai, se rapporte à l'homme ou à la parole ; la dépendance à l'égard de Marc fait plutôt supposer qu'il s'agit de la parole.

3. V. 14. TO 03 Et; xà; àx.acvOaç -sadv, O'JTOi êiaiv oi ày.O'jjavxê;.

4. x.aî j-o [i.£p'.iAvt3v /.a'. kXo-j-Q'j /.aï fjOovtov -ou [îio'j tïoo=.-j6ij.îvo'. ajvr:v;yov:a'. x.a! oj TîÀearcpopouaiv. Il ne faut pas faire dépendre utio de TîopeudtjLsvot, mais de cjjv-v:yovxa'. ; être étouffé en s'avançant parmi les soucis etc. (B. Weiss, E. 331), donnerait une singulière combinaison de métaphores. Ceux dont il s'agit sont étouffés parles soucis, etc., « en allant », c'est-à-dire avant d'atteindre au but de la vocation chi-étienne. Les <( plaisirs de la vie » ne sont pas les plaisirs de l'existence, mais plutôt ceux que donne l'aisance, [Sto; signifiant, dans les Évangiles, « les moyens de subsister »; xoj pîou dépend donc seulement de fjoovôjv. D lit dans Me. !'•• : /.xl xî [j.iç^'.iv/'x.'. xo2 S'-O'j xa-. à-âxai xoj zojaou sî(T;:opîurjacvai /.xÀ.

7oG LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES

Les hommes-grains semés en bonne terre sont ceux qui écoutent la parole et l'acceptent. Marc et Matthieu, en répétant la fin de la parabole, ne disent rien sur la nature du fruit. Matthieu ne dit pas « accepter », mais « comprendre ' » la parole, ce qui sert à identifier les hommes de cette catégorie avec ceux à qui il a été donné de connaître les mystères du royaume. Ici encore Luc pense au grain et dit : « ce qui est en bonne terre, ce sont ceux qui retiennent la parole »; comme il se préoccupe de leurs dispositions morales, il ajoute « dans un cœur droit et bon "^ », et il explique de même comment ceux-là portent du fruit, en disant : « dans la patience », ou mieux « en persévérance •' », puisque ce qui les caractérise par rapport aux précédents est qu'ils retiennent la parole jusqu'à la fin, qu'ils gardent la foi en en produisant les fruits. Cette constance dans la foi, qui en assure la fécondité et la récompense, est l'interprétation que Luc donne aux chiffres de Marc '.

Tel est le commentaire que les trois Synoptiques rattachent à la parabole du Semeur. Tous les trois ont vu dans celle-ci une allégorie. La parabole signifierait, non par application et par manière de comparaison, mais directement, que la parole de Dieu manque son effet chez une partie de ceux qui l'entendent, par l'artifice du démon, ou par défaut de courage devant la persécution, ou par la préoccupation des intérêts et des plaisirs terrestres, et qu'elle l'obtient chez d'autres, qui la gardent, et en qui elle devient féconde. L'idée fondamentale n'est pas que le résultat dépend des dispositions de chacun, car cette idée ne ressort nullement du premier cas; mais on fait dépendre le succès, au moins dans Marc et dans

1. Me. 20. oï-iv£; àxojO'jj'.v tov Ào'yov xal 7:apao£/ov:a'.. Mr. 23. ojto'ç lai'.v ô tov Ào'yov àzoûtov y.al TJVts!?.

2. V. [It. tÔ §€ èv Trj y.aÀ^ yrj, ojxot etaiv oîtive; Iv y.asoia /.aÀrj /.o.l ayaO^ axoyaavxE; TOV X'jyov y.ati/ojŒtv. Plusieurs construisent: « ceux qui retiennent dans un cœur droit et bon la parole qu'ils ont entendue » ; mais ce n'est pas sans faire ([uelcjue violence au texte, qui se traduit naturellement : « ceux qui, ayant, d'un cœur droit et bon, entendu la parole, (la) conservent ».

3. y.7.\ -/.ap::o5opojcj'.v h/ jrkoaovf). Cf. xxi, 19. Ces persévérants s'opposent à ceux <jui « sen vont », v. 13.

4. Dans Me. 20, les interprètes latins ont lu iv : « unum Iriginta » etc. Les mss. grecs, depuis qu'on y a marqué les esprits ont âv. Cette préposition a ici le même emploi que st; au v. 8. Mais la substitution d'une préposition à l'autre serait à noter, puisque l'explication de la parabole est prol)ablement d'une autre main que le récit. "Voir cependant siipr. p. 736, n. 2.

Luc, de la bonne volonté de ceux qui acceptent et retiennent la parole, tandis que sur les trois cas dinsuccès, deux sont attribués à la faiblesse et à l'esprit mondain de ceux qui ne persévèrent pas. Il ne s'agit donc pas de montrer que le bon vouloir est la condition du salut, mais pourquoi l'Evang-ile ne compte pas plus d'adhérents, pourquoi surtout il ne retient pas tous ceux qui ont paru l'accueillir : si beaucoup ont semblé prendre intérêt à la parole, et ne sont jamais revenus, c'est qu'ils ont laissé aussitôt détourner leur attention sur d'autres objets, c'est que Satan leur a enlevé la parole avant qu'elle ait pu seulement germer dans leur esprit; si d'autres, qui ont adhéré à l'Evangile, y renoncent bientôt, c'est qu'ils n'ont pas le courage nécessaire pour afîronter les difficultés extérieures qu'entraîne la profession de la foi chrétienne; si d'autres enfin, qui ont d'abord montré plus de constance, finissent néanmoins par se retirer, c'est que le monde a repris des gens qui avaient g'ardé les passions du monde. Cette interprétation homilétique a visiblement pour but, dans Marc et dans Matthieu, de rendre compte du déchet qui se produit sur les g-ains apparents de l'évangélisation, non de faire valoir la qualité de ceux qui restent; Luc seul pensé à mettre en relief leur persévérance.

Cette explication convient moins dans la bouche de Jésus que dans celle d un prédicateur chrétien des premiers temps; elle suppose que l'adhésion à l'Evangile est la profession d une foi qui est combattue au dehors, et qui exige, avant la récompense, une long-ue pratique du désintéressement et de la mortification ; la communauté chrétienne est donc constituée; elle est persécutée au moins par les Juifs ; de nombreuses défections ont eu le temps de se produire, soit à raison des persécutions, soit pour des difficultés purement morales, par l'impuissance où plusieurs se sont trouvés de rester fîdèlesà l'idéal qui les avaitd'abord séduits. Si la personne du semeur s'efface, c'est parce que l'on songe k la situation de la communauté, non au ministère personnel de Jésus.

Le commentaire, d'ailleurs, ne sort pas naturellement delà parabole. Il veut se développe!" en allégorie, non en simple comparaison, et il ne vient pas k bout d'être ce qu'il veut; mais de quelque façon qu'on le prenne, le rapport d'analogie sur lequel on le fonde est en partie conventionnel. La peine qu'on a eue k établir ce rapport s'accuse dans la gaucherie des formules employées pour le signifier; on n'a pas su dire si le grain semé représentait la parole

prêchée, ou les hommes qui l'ont entendue, de sorte que le développement de la pensée, et non seulement celui du discours, reste équivoque d'un bout à l'autre. Un prédicateur vulgaire peut être ainsi embarrassé dans la glose d'un texte donné ; mais Jésus n'aurait-il pas été plus à l'aise dans l'application de sa fable? La distinction des catégories d'auditeurs ne devait pas se faire en partant de la semence, qui est partout la même, mais d'après les sortes de terrain. On dit que les auditeurs ne sont pas la semence, mais qu'ils ne sont pas non plus tout à fait le terrain; (juils sont quelque chose de mixte, le terrain avec la semence, et que, pour ce motif, la formule employée pour les désigner flotte entre la semence et le terrain •. N'est-ce pas constater le vague d'une relation qui devrait être dessinée avec plus de netteté, si elle n'était pas surajoutée?

La correspondance n'est pas plus satisfaisante dans les détails, quoique l'on puisse soupçonner les évangélistes d'avoir accommodé quelque peu le récit à l'interprétation. Satan peut-il être figuré par les oiseaux qui enlèvent le grain, ou leur être seulement comparé? La semence est perdue parce que les oiseaux la mangent : ce trait n'est pas allégorique, et les oiseaux ne sont pas Satan; mais, âne considérer que le texte de la parabole, on ne supposerait pas que l'auteur établit dans son esprit un parallèle entre les oiseaux et le diable, entre le grain mangé et la parole effacée. Se douterait-on aussi qu'il y a une analogie étroite entre du blé à peine levé que le soleil brûle, et des gens que la persécution décourage ? L'influence des passions n'aurait-elle pu être retrouvée aussi facilement dans celle du soleil, et les diflicultés extérieures dans les épines '?

Prise en elle-même, la parabole ne peut se résumer que dans cet enseignement : de même que, quand on sème du blé, une partie de la semence est perdue et n'arrive pas à maturité, soit parce que les oiseaux l'ont mangée d'abord, soit parce qu'elle a été brûlée en en herba, soit parce qu'elle a été étouffée en tige, et qu'une partie seulement protîte en des proportions diverses, ainsi la parole évangélique est perdue pour beaucoup, parce que les uns ne la gardent pas après lavoir entendue, et que l'impression quelle fait sur d'autres est passagère, disparaissant chez ceux-ci un peu plus tôt, chez ceux-là un peu plus tard, selon leurs dispositions, et elle ne

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