‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 610 sur 829 · Le. XII · texte numérisé non relu

Le. XII

.">. Selon B. Weiss, E. 191, Jésus, dans Marc et dans Luc, recommanderait aux disciples de ne pas garder pour eux les vérités qui leur sont communiquéesen parliculiei'. Cf. Holtzmann, 130. Il lî'v a pas lieu d'alléguer ^Ic. iv, 11-12,

Quant k la pensée de Marc on ne peut faire que des conjectures assez fragiles, la sentence étant à interpréter indépendamment de ce qui précède, et n'étant probablement pas censée s'adresser aux disciples, bien que Luc 1 ait ainsi compris. La parole : <( Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, quil entende ' 1 » ne convient nullement à un entretien particulier. Elle suppose que le mot de la lampe est adressé au même auditoire que la parabole du Semeur, et qu'elle court le même risque de n'être pas saisie par lui. Est-il bien téméraire de penser qu'il s'agit encore de la parole en elle-même, et non dans son fruit? La parole est une lumière qui n'est pas faite pour être mise sous le boisseau; si sa condition présente parait modeste, il n'en sera pas long-temps ainsi, vu que sa destinée est de briller, et que ce qui est secret doit venir au jour. Cette idée pourrait avoir été celle du rédacteur, et déjà même celle de sa source. Mais Jésus avait peut-être moins en vue la parole que le royaume, ou bien la manifestation de la parole devait être l'avènement du royaume, tout comme la parole, l'Evangile, était le royaume encore caché, la lampe qui n'était pas encore sur le support.

M.\Bc, IV, 24. Et illeur dil : « Fai- Luc, viii, 18. u \'oyez donc comtes attention à ce que vous entendez, ment vous écoutez. Car à celui qui a Avec la mesure dont vous mesurez, l'on donnera; et à celui qui n'a pas il vous sera mesuré, et il vous sera on enlèvera même ce qu'il ci'oit surajouté. 25. Car à celui qui a l'on avoir. » donnera ; et à celui qui n'a pas on enlèvera même ce quil a. »

Si l'on admet que cette sentence se rattache à l'explication du Semeur, elle signifie, comme plus haut dans Matthieu, que celui qui est vraiment attentif à la parole en recueillera un profit croissant, tandis que l'auditeurimparfaitperdraencore lepeia de bien spirituel qu'il avait ou croyait avoir. Ainsi la compris Luc, et l'on voit parle récit suivant que les vrais auditeurs sont pour lui « ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique - ». Comme il a fait

Le. xiir, 16, contre cette hypothèse ('argumenl de Julicheh, II, 16i, du moins en ce qui regarde Marc, vu que l'idée du secret réservé aux disciples (non imposé) appartient à une autre couche rédactionnelle que celle des sentences.

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