‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 613 sur 829 · Mt. XXV, 29; Le. xix · texte numérisé non relu

Mt. XXV, 29; Le. xix

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n'ig-nore pas si son grain est levé, ni s'il grandit et promet bien, mais il ignore comment s'accomplit la croissance, ce comment étant le secret de Dieu, qui seul préside à la vie de la plante et fait grandir la moisson. D'elle-même, et sans que l'homme y soit pour quelque chose, la terre produit d'abord le blé en herbe, puis le blé en chaume, enfin le blé mûr dans les épis. Alors seulement' le laboureur rentre en scène, il met la faucille au champ, parce que le temps de la moisson est venu. Est-ce le grain ou la terre qui produit la moisson? 11 n'importe, c'est l'un et l'autre, et mieux encore c'est Dieu par lous les deux.

Il en va de même pour le royaume des cieux; mais l'objet précis de cette application n'est pas indiqué. On peut le deviner sans trop de peine. Le royaume aussi est une semence dont le développement inévitable est indépendant de la volonté des hommes et de la volonté même du semeur; on allégoriserait la parabole en disant qu'il grandit de lui-même par sa vertu intime, et qu'il atteindra sa perfection sans une intervention miraculeuse venue d en haut "% le grain croît tout seul, en tant que les soins de l'homme sont exclus, mais il est sous-entendvi c|ue cette croissance est l'oeuvre de Dieu ; on ne la conçoit pas comme une évolution qui porterait en elle-même le principe de son progrès ; et dans le cas présent, ce n'est pas le progrès de la semence qui est mis en relief, non plus que la conduite de l'homme pendant que le grain pousse, mais le fait de la croissance indépendante du soin humain.

Faut-il s'en tenir là et n'attacher aucune signification particulière au dernier verset, qui serait pour le complément du récit, ou bien y voir une addition de l'évangéliste, qui aurait voulu figurer allégoriquementla parousie, et faire entendre que la manifestation du règne ne sera pas indéfiniment retardée? On l'a dit ^, en alléguant que ce dernier verset, facile à expliquer en allégorie, ajoutait une seconde pointe au récit. Mais cette façon d'entendre la parabole ne s'impose pas. Il est tout aussi facile et plus naturel d'admettre que Jésus fait valoir la croissance spontanée du grain eu égard aux deux moments de l'activité du laboureur, à savoir les semailles

1. V. 29. orav oï r.oLpcc'^oï 6 xa^Tcô;, « quand le fruit (le) permet », plutôt que ;< se donne ». La suite du v. paraît être une réminiscence de Joiîl, iv, 13.

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