‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 63 sur 829 · Op. cit. Lxxxvu-Lxxmu · texte numérisé non relu

Op. cit. Lxxxvu-Lxxmu

4. Pp. v-vi. Renan écrit d'abord-: « D faut avouer... que - n a fait, depuis ving^t ans, de véritables progrès. Autant l'origine du e Evangile, de celui qu'on attribue à Jean, reste enveloppée de mystère, autant les hypothèses sur le mode de rédaction des Evangiles dits synoptiques ont atteint un haut degré de vraisemblance. ■

plongeât par aucune racine vivante dans la tradition (évangile de Marcion, évangiles dits apocryphes). » Écrit vers Tan 75 en Batanée, « le protévangile hébreu se conserva en original jusqu'au v'' siècle parmi les Nazaréens de Syrie » ; il « ressemblait beaucoup à l'évangile grec qui porte le nom de saint Matthieu» ; toutefois « la ressemblance... n'allait pas jusqu'à l'identité » ; mais l'évangile hébreu « a été remanié de siècle en siècle », tandis que Matthieu « s'est conservé intact depuis sa rédaction définitive, dans les dernières années du l"^"^ siècle' ». u L'Evangile de Marc est moins une légende qu'une biographie écrite avec crédulité... L'esprit qui domine » dans cet évangile n est bien celui de Pierre » ; « c'est bien à tort qu'on prétend que le Marc actuel ne répond pas à ce que dit Papias » ; on y a seulement supprimé la finale ; Marc s'est approprié la petite apocalypse du chapitre xni, qui se répandit dans la communauté chrétienne vers l'an (M ; lui-même écrivit à Rome peu après l'an 70 "^. Le rédacteur du premier Evangile « a pris pour base de son travail l'Évangile de Marc » ; « il le complète de deux manières, d'abord en y insérant ces longs discours qui faisaient le prix des évangiles hébreux, puis en y ajoutant des traditions de formation plus moderne, fruit des développements successifs de la légende » ; l'unité de style « porte à croire que, pour les parties étrangères à Marc, l'auteur travaillait sur l'hébreu » ; « le progrès de la réflexion est... sensible dans Matthieu; on entrevoit chez lui une foule d'arrière-pensées, l'intention de parer à certaines objections, une exagération dans les prétentions symboliques « ; quant à l'esprit, on dirait qu'il « est à la fois juif et chrétien » ; il écrivit sans doute vers l'an 85 (c en Syrie, pour un petit cercle juif qui ne savait guère que le grec, mais qui avait quelque idée de l'hébreu •* ». Luc écrivit son Évangile à Rome, vers l'an 9i; il n'a pas connu Matthieu; il avait « sous les yeux un texte de Marc qui diiîérait très peu du nôtre », et à côté de ce livre, il (( avait sûrement sur sa table d'autres récits du même genre, auxquels il fait aussi de larges emprunts » ; « peut-être eut-il entre les mains une traduction grecque de l'évangile hébreu » ; « il faut ;iussi attribuer une large part à la tradition orale », et, de plus, Luc ne s'est pas » fait scrupule d'insérer dans son texte des récits de son invention »; tandis que Marc et Matthieu « sont neutres, sans parti dans les querelles qui divisaient l'Église... Luc... est un disciple de Paul,... modéré..., tolérant..., mais partisan décidé de l'admission dans ri\glise des païens, des samari-

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