LA FILLE DE JAIR
Marc, v, 2i-o3. Matth. ix, 18-26. Lie, viii, 40-56.
Marc, V, 'iL Kl Jésus Matth. ix, 18. Luc, mii, 40. El il
étant revenu de laulre Comme il disait cela, advint, au retour de
côté dans la barque, voici qu'un chef, s'élant Jésus, que la l'oule le
une foule nombreuse se approché, se prosterna recul; car tous Tatten-
rassembla autour de devant lui, disant : daienl. 41. Et voilà que
lui; et il étail auprès « Ma lille est morte à vint un homme nommé
de la mer. 2'2. Et il Finstant; mais viens Jaïr, lequel étail chef
arri>a un des chefs de poser ta main sur elle, de la synagogue; et
synagogue, nommé et elle vivra. » 19. Et tombant aux pieds de
Jaïr, qui, le voyant, se levant, Jésus le sui- Jésus, il le suppliait
tomba à ses pieds "23. vit avec ses disciples, d'entrer dans sa mai-
el le supplia beaucoup, son, 42. parce qu'il
disant : « Ma pelile avait une fille unique,
lille est à l'exlrémité; d'environ dou/.e ans,
viens lui imposer les qui se mourait. Et
mains, afin qu'elle soit pendant qu'il y allait,
sauvée et qu'elle vive. » la foule réloullait. 24. Et il s'en alla avec lui, et une foule nombreuse l'accompagna, et il y avait presse autour de lui.
Selon Marc et Luc, Jésus, revenant de Gérasa, débarque sur la rive occidentale, à proximité de Capharnaiini; car c'est dans cette ville, très probablement, que s'accomplit le miracle de résurrection qui va être raconté. Dans Marc, la foule se réunit autour de Jésus, clés qu'il est arrivé; dans Luc. elle est réunie d'avance et l'attend; mais cette façon d'interpréter la donnée du second Evang-ile n'est pas à prendre avec trop de rigueur. En disant que Jésus était au bord de la mer quand Jaïr vint le trouver, et en représentant ainsi le Sauveur dans l'exercice ordinaire de sa prédication, Marc peut
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laisser entendre que 1 anecdote qui va suivre n'est pas en relation immédiate avec celle qui précède K Dans cette partie du second Evangile, les faits semblent g-roupés d après leur caractère et leur analog^ie, au moins autant que d'après l'ordre chronolog-ique ; on vient de voir comment les g'ens de Gérasa se sont conduits envers Jésus, craignant de l'avoir chez eux après la guérison du possédé; ceux de Capharnaûm vont se montrer incrédules quand le Sauveur viendra ressuciter la tille de Jaïr ; puis ceux de Nazareth seront réfractaires à son enseignement. Tous ces faits semblent appartenir à la même période, lorsque la résistance à l'Evangile commence à se manifester; mais ils ont pu ne pas se suivre d'aussi près qu'une lecture superficielle de Marc pourrait le faire supposer, et peut-être même ne se sont-ils pas succédé dans l'ordre qui leur est assigné ; du moins est-il probable que d'autres faits, de caractère différent, y auront été entremêlés dans la réalité.
Matthieu introduit ce récit dans un tout autre contexte, et beaucoup moins heureusement. En revenant du pays de Gadara -, le Sauvenr entre à Capharnaïmi, où il guérit le paralytique ■\ puis, le même jour, si l'on s'en tient à l'économie extérieure de la narration, il sort et rencontre Matthieu le publicain '' ; pendant qu'il dîne avec Matthieu, les disciples de Jean arrivent et l'interpellent au sujet du jeune ■"'; Jésus est encore à leur répondre •', et, par conséquent, il est censé à table avec les publicains", lorscpie le chef de synagogue vient le prier de rappeler sa fille à la vie. Cette journée, déjà trop chargée d'événements, se complétera encore par la guérison de deux aveugles^ et d'un démoniaque sourd-muet-'. Le désordre qui résulte de la transposition des morceaux est atténué par les transitions que l'évangéliste a voulu créer. Dans le cas présent, Jésus est censé sortir, avec ses disciples seuls, de la maison où il a pris