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A NAZARKTH 837
l'esprit de cette population'. Matthieu- retient J'idée de Marc en adoucissant les expressions: il dit que Jésus n ne Ht pas », non qu'il « ne put pas faire île miracles ». et il ne parle pas de sonétonnement. Après les miracles qu'il avait opérés à Gapharnaûm et dans les environs, le Sauveur pouvait s'attendre à un autre accueil, et. bien qu'il s'explique celui qu'il reçoit, il ne laisse pas d'en être un peu surpris. S'il n'a pas pu taire de miracles dans son pays, ce n'est point par un défaut momentané de son action, mais par manque de foi chez, ceux sur qui cette action aurait pu s'exercer. Quelques malades seulement eurent assez de contiance pour obtenir leur i^uérison. Encore la mention de ces guérisons ressemble-t-elle à une o^lose rectificative, que le rédacteur aurait ajoutée à un récit qui ne comportait aucun miracle.
La même scène est décrite par Luc dans un autre contexte, sous un jour assez difterent. et avec des circonstances |iarticulières.
I>uc, i\ . 16. Va il vint à Nazareth, où il avait été élevé ; et il entra, selon sa coutume, au jour du sabbat, clans la synagrog-ue, et il se leva pour faire hi lecture. 17. Et on lui donna le livre du prophète Isaïe ; et déroulant le livre, il trouva letidroil où il est écrit : IS. « L'esprit du Seigneur est sur moi. parce qu'il ma oint pour apporter la bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance, et aux aveugles la vision, renvoyer en liberté les opprimés, 19. annoncer l'année favorable du Seigneur. " •'<>. VA roulant le livre (et) le rendant à l'appariteur, il s'assit; et les yeux de tous dans la synagogue étaient fixés sur lui. '2\ . VA il se mil à leur dire : « .Aujourd'hui cette Écriture s'accomplit à vos oreilles. » ■2'2. Va tou> le louaient, admiraient les belles paroles qui sortaient de sa bouche, et disaient : « Nest-ce pas le fils de Joseph ? > '23. Et il leur dit : « Sans doute, vous me citerez ce proverbe : « Médecin, guéris-toi » ; lout ce que nous savons a\oii- été fait pour Capharnaûm. fais-le ici, dans ton pays. " 2A. Et il dit : *< Je vous dis en vérité que nul prophète n'est en crédit dans son pays. '25. VA en vérité je vous dis : il y avait beaucoup de veuves, au leni|)s d'Elie, en Israël, quand le ciel fut fermé trois ans et six mois, en sorte qu'il advint grande lamine dans tonte la contrée; 26. Et VMe ne fut envoyé près d'aucune d'elles, mais à Sarepta de Sidon, près d'une femme \euve. 27. VA il y avait beaui-oup de lépreux en Israël au
I. V. il. Z7.'. ojz ioJvaTo £■/.£'. Jio'.rjda'. ojojjxiav oûvaa'.v, £'. ij-vr, oÀiyo'.; acooiaTO'.; î— '.Oci; Ta: /àoa: îO£pâ-£ja£v l'incidente, un jjeu lourde, s'interpose mal à propos entre "i et (j,. Cl. ■/.■x'. ÈOaJaaTcV o'.à -f,v à~'.(TX'.7.v aùroiv.
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838 LES ÉVAMWLES SYNOPTIQUES
temps d'Hlisée le prophète; et aucun deux ne fui fiuéri, mais Xaaman le Syrien. » '28. VA tous dans la synagogue furent remplis de colère en entendant cela; "29. et se levant, ils le chassèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'au sommet de la montagne où leur ville était bâtie, atin de le précipiter. 30. Et lui. passant au milieu d'eux, s'en alla.
On a vu ' comment, dans le troisième Evangile, Jésus, après la dernière tentation, qui la conduit à Jérusalem, retourne en Galilée, prêche dans plusieurs synag-ogues, puis vient à Nazareth où il ne peut rester, et descend à Gapharnaûm. Les inconvénients de cette combinaison, avi point de vue historique et chronologique, ont été signalés. Il est évident, par le contenu même du récit, que le voyage à Nazareth, placé par Luc tout au début du ministère galiléen, a eu lieu, en réalité, beaucoup plus tard. Ce voyage doit se confondre, au jugement de Tévangéliste, avec celui dont parle Marc -, non que Luc n'ait pu choisir entre deux faits semblables, attestés par la tradition, celui qui convenait le mieux au but de son livre, mais parce qu'il a fait une véritable transposition : parce qu'il a essayé de la pallier en mettant avant la prédication à Nazareth une tournée évangélique '■'• dont la tradition ne lui a pas fourni lidée, mais qui éqviivaut d'une certaine façon aux faits racontés par les deux premiers Evangiles avant la venue du Christ dans son pays ; enfin parce que les données de Marc semblent être l'unique fondement historique de àon récit.
A l'endroit où Luc la rapporte, l'anecdote de Nazareth se trouve rendre raison du séjour de Jésus à Capharnaûm, en sorte que le début de la prédication galiléenne dans le troisième Evangile se présente sous une forme analogue à celle qu'a conçue le premier '. Cette conformité a même été alléguée en preuve de la connaissance que Luc aurait eue de Matthieu '. La rencontre ne laisse pas d'être frappante; mais, à y regarder de près, on pourrait encore soutenir qu'elle est fortuite, tant les préoccupations des deux évangélistes