‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 679 sur 829 · Cf. Mt. IV, 12-13; siipr. pp. i · texte numérisé non relu

Cf. Mt. IV, 12-13; siipr. pp. i

.*). HoLTZMANN. 331 .

A .NA/.AMKIII 839

sont (litlerentes. Mattliitm veut expliquer par une prophétie pourquoi Jésus a prêché au bord du hic. et non dans son pays, pour commencer : il ne le conduit à Xa/areth. si tant est ({u'il Iv conduise, que pour l'amener à Capharnaûni. Dans Luc, au contraire, Jésus vient à Nazareth, dès le commencement, pour y prêcher, ce qui contredit Matthieu : et il vient à Capharnaûm, parce qu'on l'a chassé de son pays, ce qui ne s'accorde pas mieux avec le premier Evang-ile. Et ce n'est pas réellement pour motiver l'installation de Jésus à Capharnaûm que Luc le fait d'abord chasser de Nazareth, car il le montre préchant avant de s'y rendre, et il a mis dans sa relation un passage d Où il résulte que Jésus avait déjà fait de nombreux miracles à Capharnaiim avant de venir dans son pays.

La raison de la transposition paraît être purement symbolique. Dans le discours du Sauveur aux habitants de Nazareth, on montre (pie le poinoir miraculeux des anciens prophètes s'est exercé au proiit des (ientils, et comme au détriment d'israél, qui ne méritait pas d'en recueillir les bienfaits. L application de ces exemples va certainement beaucoup plus loin que le cas particulier en vue duquel ils sont introduits ; et s'il n en était pas ainsi, la comparaison serait mal choisie. Jésus est censé ne pas faire de miracles k Nazareth, et en faire ailleurs, comme autrefois Elie et Elisée ont fait pour les (ientils tels miracles qu ils n'ont pas faits pour les Israélites. Le rapport indiqué porterait à faux, si Nazareth incrédule à Jésus ne figurait pas le judaïsme incrédule à l'I^vang^ile, et si les miracles faits ailleurs ne représentaient la diffusion de la foi dans le monde païen. La veuve de Sarepta et Naaman le Syrien sont pour l'évangéliste les types prophétiques des chrétiens sortis de la gentilité. Ainsi comprise, la scène de Nazareth éclaire la suite de l'Evangile et fait entrevoir l'avenir de la divine parole, l'incrédulité des Juifs et leur réprobation, la volonté qu'il ont eue de tuer Jésus, qui vit toujours, et d'étoulî'er l'I^vang'ile, qui se répand dans tout l'univers. Tout ce que Luc racontera dans ses deux livres est condensé en cet unique tableau. Pour obtenir cette belle et riche perspective, l'évang^éliste n'a eu qu'à transposer et à illustrer par les prophéties et figures anciennes le récit de Marc. Ce procédé, que Luc n'a em[)loyé nulle part avec autant de liberté ', montre que le

l. On peul foiupairr l.i:. v, l-l 1 ; nv.ns le récit de la pèclie niiiaciileuse est pris dans la h'adition.

840 LES |i;VAN(ULI5S SYNOPTIQUES

symbolisme johannique a des antécédents remarquables dans la tradition synoptique. L'influence de Matthieu n'est pas nécessaire pour l'expliquer, mais elle peut y aider, tant pour l'idée de conduire d'abord Jésus à Nazareth, que pour l'emploi d'un texte prophétique annonçant l'abandon de Nazareth pour Capharnaûm.

Luc obsei've. comme Marc et Matthieu, que le Sauveur, étant venu à Nazareth, se rendit à la synagog'ue, le jour du sabbat. Il ajoute : <■ selon sa coutume ' ". en se référant à la petite notice ' qu'il a rédigée pour servir de préliminaire à ce récit : mais cette fa^on de parler supposerait un plus long- exercice de ministère que celui dont il a été question. L évang-éliste. en ell'et, vise la prédication, non la simple assistance au service religieux. Depuis long-temps, la Loi était lue régulièrement dans les synagogues '. Le récit évaugélique prouve ou plutôt suppose que, déjà au temps de Jésus, l'on joignait la lecture des Prophètes à celle de la Loi '. Jésus, après la lecture de la Loi, se présente comme lecteur de la leçon prophétique. L'évangéliste dit qu'il « se leva >i. et. plus loin, qu'il « s'assit ' » pour faire son discours, parce que la coutume était, en elfet, de lire debout le texte biblique, et de s'asseoir pour le commenter. Ordinairement le président de la synagogue invitait quek{u un de l'assistance à faire la lecture ; mais Jésus ne craint pas de s'otlrir luimême. L'appariteur lui met en main l'un des volumes sacrés, ('était le rouleau d'Isaïe ; du moins le texte évangélique suggère plutôt cette idée que celle d'un rouleau contenant seulement les parties des Prophètes qui servaient à la lecture publique. Il ne semble pas, d'ailleurs, que le cycle des leçons prophéticpies fût arrêté dès ce tenq)s-là, et qu'on ne jouit pas d'une certaine liberté dans le choix des morceaux ''. Notre rt'cit laisse plutôt entendre que le Sauveur, ayant déroulé le volume d'Isaïe, lut un passage qui lui était tombé sous les yeux, et (pi'il pouvait s'appliquer à lui-même, non que ce

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