VIII, ;i4-37(MT. xvr. 24-26; Le. ix
la paix, mais le .ijlaive. .'iô. Car je j'ai à être baptisé duii baptême, suis venu taire la division de et combien suis-je dans Tangoisse Ihomme contre son père, de la jusqu'à ce qu'il soit accompli! 51. tille contre sa mère, de l.i brn Vous croyez que je suis venu contre sa belle-mère: et les enne- mettre la paix sur la terre? Non, mis de l'homme seront les gens de je vous (le! dis. mais la division, sa maison. » 'y2. Car il y en aura désormais cinq
dans chaque maison qui seront divisés : trois contre deux, et deux contre trois 53. seront divisés, père contre tils. et fils contre père, mère contre lille. et tille contre la mère, belle-mère contre la bru, et bru contre sa belle-mère. »
Dans Matthieu, il semble que Jésus veuille aller au-devant dune idée fausse que les disciples, à linstar des autres Juifs, auraient pu se former sur les conditions dans lesquelles apparaîtrait le règne de Dieu. On rêvait dune paix éternelle, réalisée sur la terre et à laquelle présiderait le i^rand roi. [ils de David. Ce n'est pas ainsi que le royaume céleste débute avec l'Evangile. Jésus est venu jeter le glaive ', c est-à-dire la guerre et la division sur la terre, et il n apporte pas maintenant la paix, parce que l'annonce du royaume a pour etîet immédiat, le Sauveur lui-même ne l'a-t-il pas constaté dans sa pi-opre maison '^ d'amener la discorde dans les familles, tel membre acceptant la f(»i. tel autre la rejetant, et ce dissentiment mettant aux prises croyants et incroyants. L'apparition du Christ a donc pour conséquence, non pour but. mais le langage biblique ne fait pas de distinction nette entre ces deux idées, la division signifiée par lépée. L'énumération des persiuines qui se comJiattent semble être une réminiscence de Miellée -.
Luc a glosé la simple déclaration qu un lit dans le premier Evangile. On ne voit pas bien pourquoi il la place après la parabole des Deux serviteurs, qui invite les disciples à se tenir prêts pour le jugement. Si Ton veut chercher un rapport logique entre les deux le(,-ons. il faut supposer que la vigilance et la Hdélité sont jugées
I. \. ■M. ;j.ï, •/'l'xiiv^xi oTi cf. \'. 17; r{)Jl(;'/ [jaÀî'.v ='!ot|vï,v ît:': 7?,v ''V''' '''-'''• 'i}^^>'>'' ^aXeîv stprîvr,'/ àÂ/.a 'j-âyaipav.
-l. VII. i-<.
'SO'i LES ÉVANGILES SYNOPTIQLES
d'autant plus indispensables que les difficultés rencontrées par les disciples seront plus grandes. Mais, dans cette partie du troisième Evangile, les transitions ne sont pas ménagées avec beaucoup de soin ; des sentences primitivement distinctes se trouvent associées, et quelquefois mélangées, à raison de certaines analogies plus ou moins consistantes, sans que Ton poursuive dans l'ensemble uu enchaînement rigoureux.
L'expression : a Je suis \enu Jeter du feu sur la terre ' », fait écho à : « je ne suis pas venu jeter la paix », que Luc a certainement trouvée dans la source. Le feu dont il s'agit ne peut être ni l'Esprit saint, ni la vertu purifiante de la parole divine, ou le renoncement évangélique, ni l'ardeur pour le sacrifice : ces biens surnaturels ne sont pas des choses ;i jeter, et ils ne mettront jamais le feu à la terre. Vu les expressions choisies et la suite du discours, le feu n'est pas autre chose que la discorde introduite dans le monde par la prédication de l'Evangile, ou mieux encore peut-être le mouvement excité pour ou contre la religion de Jésus pai' la prédication apostolique, et d'où résultera la discorde -. Le Sauveur voudrait que ce feu brûlât déjà ^, parce qu'une telle lutte doit se produire avant que le règne de Dieu ait son accomplissement définitif. Mais elle n'est pas censée arriver encore, parce que Jésus doit auparavant « recevoir un baptême ' ■ c'est-à-dire être immergé dans la mort. La perspective de son baptême sanglant lui cause de l'angoisse '. Beaucoup pensent que cette angoisse est celle du désir, soit que le désir ait pour objet le salut du monde ''. soit qu'il s'applique aux douleurs de la passion, que Jésus souhaiterait de subir le plus tôt possible afin d en être délivré ^. Mieux vaut s'en tenir à la lettre du texte, et dire que Jésus est supposé envisager avec terrreur, comme au jardin de Gethsémani, les souffrances qvii l'attendent. Il se trouve ainsi partagé entre deux sentiments, le désir de voir bientôt se pré-