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III, 7-vi

LE SPXOND ÉVANGILE 85

renommée, organisant la prédication de TÉvangile, se heurtant à l'endurcissement des Juifs, qu'il constate et explique, à l'incrédulité de ses parents et de ses concitoyens; on dirait que la mort de Jean-Baptiste, qui clôt cette partie, veut faire pressentir la mort de Jésus; les récits de miracles cadrent plus ou moins avec le point de vue du narrateur, et la thèse subsidiaire de l'inintelligence des apôtres ne s'accorde pas très bien avec leur mission ; une quatrième partie \ dont le développement est peu régulier, fait grande part à cette thèse en montrant le Sauveur plus occupé d'instruire ses disciples par ses discours et par ses miracles que de gagner les Juifs ; les prophéties de la passion y sont multipliées en corollaire de déclarations ou de manifestations messianiques; une cinquième partie ^ contient l'histoire du ministère ou plutôt du conflit hiérosolymitain et se termine par un grand discours apocalyptique; une sixième et dernière j^artie ^ contient le récit de la passion avec ses préliminaires, repas de l'onction, dernière pàque, Gethsémaui, et sa conclusion, sépulture du Christ et découverte du tombeau vide.

Antérieure à celle des deux autres Synoptiques, la rédaction de Marc ne peut être contrôlée comme celle-ci par la comparaison d'une source plus ancienne conservée jusqu'à nous. Mais des probabilités de même ordre que celles qui font admettre, pour Matthieu et Luc, une source commune autre que Marc, invitent à supposer derrière Marc lui-même d'autres documents écrits, et d'abord cette source même que Marc a exploitée avec plus de réserve quanta la quantité des matériaux empruntés, mais avec non moins de liberté quant à la façon de les utiliser. A défaut d'indices fournis par le rapport des textes parallèles, les incohérences de la composition et la correspondance de parties actuellement disjointes peuvent otTrir une base suffisante aux conjectures critiques. Dans une œuvre aussi peu littéraire, le défaut de cohésion n'est pas une preuve de rédaction multiple. Mais l'incohérence qu'on pourrait appeler positive, le désaccord entre les morceaux juxtaposés qui procèdent de courants d'idées très différents, l'accumulation de données disparates qui se laissent reconstituer en groupes homogènes, caractérisés chacun par une inspiration distincte, les doubles emplois peuvent attester, ici comme

1. VI, 30-x. La confession de Pierre (viii, 27-30) ne marque pas une division essentielle dans le livre, bien qu'elle ait dû être un point capital dans la source d'où elle provient, et que la correspondance de l'aveugle de Bethsaïde (viii, 22-26) avec l'aveugle de Jéricho fx, 46-32) indique une sorte de sectionnement qui permettrait de compter comme parties distinctes vi, 30-viii, 26, et vm, 27-x.

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