‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 72 sur 829 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l'origine et la composition du second évangile

On vient de voir comment la question du second l^lvangile a changé d'aspect dans ces dernières années. Après les travaux de Wrede ', de J. \\'eiss - et de Wellhausen ^, il s'agit de déterminer dans quelle mesure Marc a pu reproduire la physionomie réelle du Christ, de son ministère et de son action. Il semble acquis dès maintenant que le plus ancien des Synoptiques est, quant à la composition, une œuvre de seconde main, une compilation du même genre que Matthieu et que Luc ; qu'il est, quant à son objet et à son caractère, une œuvre de foi beaucoup plus qu'un témoignage historique ; enfin qu'il n'a pu être écrit par un disciple de Pierre, et que l'on peut tout au plus admettre un rapport direct de l'une de ses sources avec le prince des apôtres.

Il est plus facile d'indiquer les idées qui dominent le livre que d'en esquisser le plan. La distribution des matériaux parait s'être faite comme d'elle-même et avoir été imposée soit par leur objet, soit par leur agencement dans les sources primitives. L'unité du livre se fait moins sentir dans la rédaction, passablement incohérente, que dans la pensée dominante de l'ensemble, à savoir que Jésus est le Christ qui devait sauver le monde par sa mort : l'endurcissement des Juifs était la condition providentielle de cette mort et du salut des Gentils ; le mystère de la rédemption avait été révélé aux apôtres compagnons du Christ, mais ils ne l'avaient pas compris.

On peut distinguer dans le second h]vangile une sorte de préambule ^, la prédication de Jean-Baptiste, puis une première partie, le baptême de Jésus et les heureux débuts de son ministère "' ; une deuxième partie ^, série de conflits avec les pharisiens, laisse déjà entrevoir le dénouement fatdl : une troisième partie ", inaugurée par le choix des apôtres et terminée par leur première mission, montre Jésus au comble de la

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