‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 730 sur 829 · ScHANz, Mt · texte numérisé non relu

ScHANz, Mt

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sans compensation. 11 faut tout perdre en ce monde pour tout g-agner en l'autre. Le Sauveur joue sur le double sens du mot « âme )> ou « vie » ', qui représente le principe de la vie naturelle et le sujet de la béatitude étemielle. u Celui qui », en reniant Jésus, « aura trouvé sa vie », layant sauvée de la mort temporelle, « la pei'dra » en réalité, parce qu'il sera privé de la vie véritable, la vie éternelle. « (]elui qui aura perdu sa vie », c'est-à-dire qui aura été mis à mort pour la cause de l'Evang-ile, « la trouvera » véritablement, parce qu'il gagnera ainsi la vie bienheureuse dans le royaume des cieux. Pour le disciple fidèle, la perle de la vie terrestre nest qu'un mal apparent, et un réel profit. Pour 1 apostat, la conservation de son existence semble être un avantage : c'est, en lait, le dommag'e le plus grand qui se puisse concevoir. La vie éternelle appartient à ceux ([ui sont détachés de la vie temporelle. La mort éternelle attend ceux qui n'ont consulté ([ue l'intérêt de leur vie en ce monde.

Matth. X, 40. " Qui Llc,.\, 16. «Qui vous (Marc, xi, 37. • Qui-

vous reçoit me reçoit, écoute m'écoute, et qui conque reçoit un de et qui me reçoit reçoit vous rejette me rejette; ces enfants, en ajon celui qui m'a envoyé, etqui me rejette rejette nom,me reçoit ; et qui- 41. Qui reçoit un pro- celui qui m'a envoyé. » conque me reçoit, ce phète à titre de prophète obtiendra n'est pas moi qu'il reçoit, mais récompense de prophète, et qui celui qui m'a envoyé... 41. Qui reçoit un juste à titre de juste ob- conque vous donnera à boire un tiendra récompense de juste. 42. verre d'eau, en mon nom, parce Kt quiconque aura donné à boire que vous appartenez au Christ, un verre d'eau fraîche à l'un de ces je vous dis en vérité qu'il ne perpetits, à titre de disciple, je vous dra^pas sa récompense.» lie) dis en vérité, il ne perdra pas sa récompense. »

L'idée de la vie gagnée amène dans Matthieu la promesse de récompense qui sert de péroraison au discours sur l'apostolat : ceux qui accueilleront les prédicateurs de l'Evangile obligeront Jésus qui les envoie, et Dieu même qui envoie Jésus ; Dieu paiera la dette de ses messagers. Marc a reproduit la même sentence dans un autre contexte -, qui ne semble pas primitif. C'était la conclusion

■2. rx. M.

du discours de mission dans la source commune de Matthieu et de Luc, puisqu'on la trouve, dans le troisième Evangile, à la tin dii discours aux Soixante-douze'. Mais Luc paraît lavoir retouchée, tant pour la ditîérencier du passag^e parallèle qu'il avait déjà reproduit d après Marc, que pour mieux l'adapter à l'ensemble du discours : comme il a insisté sur la prédication du royaume, au lieu de « recevoir », il dit « écouter », et comme le discours s'achève pour lui sur la perspective de l'incrédulité judaïque, il abandonne le développement positif de l'idée pour le développement négatif, expliquant en quelque façon le châtiment d'Israël par son incrédulité à l'égard de Jésus lui-même '. La parole relative à ceux qui feront accueil aux missionnaires de l'Evangile' venait assez naturellement après ce qui avait été dit de la conduite à tenir vis-à-vis de ceux qui les recevraient et de ceux qui ne les recevraient pas. Elle fait valoir 1 honneur et surtout le mérite qui résultent, pour les premiers, de l'hospitalité donnée. Mais le sens du mot « recevoir ■■ est plus large que dans le discours; il implique la reconnaissance de la mission des apôtres. Vu qu'on honore dans un envoyé la personne de celui qui l'envoie, Jésus considère comme fait pour luimême ce que l'on fait pour ses disciples; et ce que l'on fait pour Jésus est fait pour Dieu, dont Jésus est l'apôtre par excellence. Qui croit à la parole des disciples croit à la parole de Jésus et au message de Dieu; qui honore les disciples honore Jésus et Dieu. Là est le motif de la récompense. Cette sentence aurait pu être tout aussi bien dite pour faire valoir l'autorité du témoignage apostolique et la solidarité de Jésus avec ses envoyés. Le discours de mission» même dans la forme, la plus ancienne, était moins une allocution suivie qu'un recueil de sentences ayant trait à l'apostolat.

Matthieu fait ressortir l'idée de récompense en désignant d'autres personnes agréables à Dieu, et en observant que 1 on égalera leurs mérites si l'on a pour elles les égards qui conviennent. Tant pour le fond que pour la forme, cette assertion est de l'évangéliste ' plutôt que de Jésus. Elle semble imitée de la sentence précédente et

1. La source commune devait présonler en substance Mi. ix, .H-iW ; x, '■'> h- 8a, 9-16, 23-25. 40 (Le. x, 2-12, 10'.

2. V. 16. 6 àxojojv ■jjj.tov ;|i.ciu àscoust, zat ô xOsTtov jaà; iak àOsTs;, /.tX.

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