Cf. Hébh. I, i
910 Li^s i:vA.\(;iLi;s sViNOptioIjIvS
svmbole doctrinal destiné à si^nilier rexcellence de la révélation évangéliqiu' '.
La formule : (* Tout ma été remis par mon Père », est le lien par lequel on a rattaché ce symbole à la prière de Jésus, et pourrait bien avoir ici le même sens que dans la tinale de FEvangile '-. Le svmbole aurait-il été le dii-e d'un prophète chrétien, repris par l'auteur de la prière ? Il est plus probable que la prière, le symbole et l'exhortation qui la suivent dans Matthieu procèdent d'une inspiration unique, comme ils sont rvthmés de la même fa(^'on •'. Cantique de sagesse chrétienne, fruit de l'Esprit.
Une variante notable, plus ancienne que tous les manuscrits connus, se rencontre dans plusieurs témoins du second siècle '' : « Nul n'a connu ' le Père, si ce n'est le Fils, ni le Fils, si ce nest le Père, et celui à qui le Fils révèle » son être, ou bien le Père et luimême. La transposition pouvait se produire accidentellement, sans être suggérée par quelc[ue intérêt théolog-ique. Mais le choix entre les deux leçons n'en est pas plus facile. La mention du Père, au début, s'accorde peut-être mieux avec la formule d'introduction. Au point de vue du christianisme j)rimitif, la proposition : « nul n'a connu le Père, si ce n'est le Fils )>, est la principale, et vient mieux en premier lieu. L'on a pu penser ensuite que la science devait être mise d'abord dans le Père. L'aoriste : « a connu d. n a pas toute la portée métaphysique du présent « connaît », et l'on a pu éviter le premier parce qu'il se prêtait à l'idée d'une science acquise dans le temps par Jésus, et d'une connaissance de prédestination ou d'élection dans le Père. Enfin on a pu trouver que le Fils révélait le Père aux hommes, et non seulement luimême, quoique la conclusion : « et celui à qui le Fils révèle »,
1. Selon Dai.man \h)c. cit.j, .Jésus aurait l'ail rapplicalion de ce principe: il n'y a pour connaître un fils que son père, el un père que son fils. Ce n'est pas le sens du texte, et le principe est-il assez sûr pour que Jésus ait pu l'employer ? Ces considérations sur le Père et le Fils font écho à l'invocation de Dieu comme Père dans Eccli, li, 1 (hébreu), 10.
2. xxviii, 18. xn, 2") ne prouve rien en sens contraire; le pouvoir donné au Christ n'empêche pas le Père de rester maître du ciel et de la terre (cf. I. Cor. XV, 2-7). Il y a, dans l'ensemble, affinité entre xii, 25-30, et xxviii, 18-20.
H. BuANDT, .">l)l, 576.
4. Marcion, Justin, Irénée, Honi. clémentines. Cf. Jn. i, 1H.