‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 747 sur 829 · V. 17. rpoï/iTat xat Si'zaioi. Cf. x, 41 ; supr. p · texte numérisé non relu

V. 17. rpoï/iTat xat Si'zaioi. Cf. x, 41 ; supr. p

LA MISSION UKS OlSClb-LES 913

(juelque chose du discours attribué à Jésus ressuscité ' . qui semble appartenir à la dernière rédaction de Matthieu. Elles ont un rythme analogue à celui de la sentence qui les précède, quoique moins régulier. Elles sont faites presque uniquement d'emprunts à l'Ancien Testament -^ et elles conviennent mieux au Christ glorifié, vivant dans l'Eglise, qu'au Christ historique. On peut douter que Jésus ait jamais parlé de son joug, même par voie de comparaison, tandis que. pour l'évangéliste, le joug de Jésus est la loi chrétienne, si douce et légère relativement à la Loi mosaïque inter-

1. Esprit luiiversaliste, invitation à se faire disciple de Jésus.

2. V. 28. OcÙTc 7:pôç 'JL£ Tiâvtt: oi /.o-'.(ovtî: /.al -Eçop-taijLSVO'.,

zàyio àvo-aûafo 'jaàç.

29. apaxE tov ITuyo'/ ao'j kzi''j<j.àc; y.xi 'xy.fiîxi à7:'î[j.o'j, ozi ~pajç il'j.'. v.'X'. T3tr:£'.vrjç Tf] /.apOLa, /.al sGprÎTiTE ava-ajCTtv TXtç 'i/j/aï: jatôv.

/.ai TO oop-t'ov fj.ou âXaœpov àativ.

.La locution TajuEtvo; t^ /.aoSîa est dans le slyle de révangéliste; cl', v, •>, zTW)(^oî T(p -vcûaa-t. ~pajr est en rapport avec v, 5. Voir.sHpr. pp. 545, 548.

'^. Cf. Jeu. VI, 16, d'où vient le dernier membre du v. 29; mais Matthieu suit l'hébreu et non les Septante ; Eccli. li, 1, pour le v. 2ri; et 23-30, pour les vv. 28-.30. Dans la version grecque d'EccLi. m, 26, on lit : TGV TpâyïiÀov Gtjnôv CtTidOcTS U/ïo Çuydv, xaî ÈTTiûEÇdcaÔfo t) <ii»yr| ujjLtov 7:ai8£''av. Mais le mot izonoiia. peut remplacer un terme figuré. L'Ecclésiastique hébreu donne S\rC, » fardeau >i (cf. Lkvi, L'Ecclésiastique, II, 230) : 26. Amenez voire cou sous son joug,

Et que votre âme se charge de son fardeau. L'auteur de Mt. 2S-30, ne lisait donc pas seulement Jérémie, mais aussi l'Ecclésiastique en héljreu, ou dans une autre version que les Septante. En tout cas, la présence du « fardeau » dans l'Ecclésiastique hébreu (bien que le syriaque soit conforme au grec et suppose aussi ID"^, au lieu de NU7QI confirme la dépendance de Matthieu. Et ne dirait-on pas qu'il identifie Jésus avec la Sagesse, dont Ben-Sira parle en cet endroit? Le fait est qu'on lui verra mettre dans la bouche du Sauveur xxiii, 34-36) une parole qui, dans Luc (xi, 49-50) est attribuée à la Sagesse. On a noté plus haut que Ben-Sira donne à Dieu le nom de « Père », dans li, 1 et 10, en sorte qu'une influence du cantique peut être admise pour Mt. 27. L'évangéliste a interprété la prière de Jésus Ben- Sira en prière de Jésus Fils de Dieu. L'identification de Jésus avec la Sagesse pourrait expliquer le ton de Mr. v, 21-22, 27-28, 31-32, 33-34, 38-39, 43-44 ; mais surtout elle rendrait compte de xi, [27, la connaissance réciproque du Père et du Fils étant le rapport de Dieu avec la Sagesse.

A. LoisY. — Les Evangiles synnptiijues. 58

91 i LES ÉVANGILES SYNOPIIQIES

prêtée par les pharisiens '. Enfin ce passage paraît être, dans le premier Evanii^ile, l'équivalent de ce que Jésus, dans Marc ^ dit aux apôtres quand ils reviennent de leur mission. Matthieu a supprimé ce retour poui- des motifs qu'on a vus plus haut, mais il semble avoir exploité la donnée du second Evangile conformément au sens qu'il donnait au discours : le i-epos au([uel Jésus invite ses auxiliaires fatigués devient le repos qu'il donne à ceux qui croient en lui, qui laissent tomber le fardeau insupportable de la Loi pour prendre sur eux la charge facile de l'Evangile.

Comme on ne voit pas bien pourquoi Laïc aurait omis une pareille exhortation, si elle avait appartenu à la rédaction des Logia, on pourrait être tenté de penser que la conclusion du discours était plutôt celle que donne le troisième Evangile, el ([ue Matthieu aura transposé cette conclusion dans le discours des paraboles, parce que le mot de Marc : « Venez à l'écart, eu lieu désert, et reposez-vous un peu », lui en suggérait une bien meilleure et plus significative. Ce serait prêter à Luc des scrupules pauliniens dont on n'a pas la moindre trace ailleurs, que de le supposer déconcerté par les mots « joug » et « fardeau », qui lui auraient semblé tout à fait impropres à caractériser l'Evangile '. Mais l'ensemble du discours, dans Matthieu, paraît d'une seule venue, (piel que soit son rapport avec la finale du premier Evangile et avec Marc. Il reste vraisemblable que Luc l'a connu tout entier, et qu'il en a omis la dernière partie, en retenant ici un autre morceau de la source, plus ancien probablement, qui lui semblait mieux en situation et lui agréait mieux. Le ton mystique du passage qu'il omet a pu ne pas lui convenir, et il a pu trouver aussi que la parole : « Je suis doux et humble de cœur », ne relevait pas suffisamment le (îhrist.

Les expressions : « fatigués » et « chargés », semblent viser directement le poids accablant du pharisaïsme et des observances légales '' : mais on peut dire que le discours atteint, sous cette image particulière, tous les maux qui pèsent sur le genre humain, surtout le péché avec ses conséquences morales, et les défaillances de la volonté, le découragement, la tristesse. Jésus seul peut sovdager

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