‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 756 sur 829 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

sachant homme juste et saint ; et il el plut à Hérode, en sorte qu'il lui le gardait ; et en Tentendant, il était promit avec serment de lui donner fort perplexe, et il l'écoutait volon- tout ce qu'elle demanderait. 8. El tiers. "21. Et un jour propice étant celle-ci, poussée par sa mère : arrivé, où Hérode, pour lanniver- « Donne-moi, dit-elle, ici sur un saire de sa naissance, donnait un plat la tète de Jean le Baptiste. » Festin à ses grands, à ses capitaines 9. Et atïlig-é, le roi à ■cause du serel aux principaux de la Galilée, ment et des convives, commanda 22. la tille même d'Hérodiade étant qu'elle(lui) fûtdonnée : 10. et il enentrée et dansant, (cela) plut à Hé- voya décapiter Jean dans la prison, rode et à ses convives ; et le roi dit II. E^t sa tète fut apportée sur un à la jeune tille : « Demande-moi ce plat et donnée à la jeune fille, et que tu voudras, et je te (le) donne- (celle-ci) la porta à sa mère. 12. Et rai. » 23. Et il lui jura : «Quoi que s'étant approchés, ses disciples tu demandes, je te (le) donnerai. prirent le corps el lenlerrèrent, serait-ce la moiliédenion royaume. » et ils vinrent avertir Jésus. 24. Et étant sortie, elle dit à sa mère : « Que demanderai-je ? » Celle-ci dit : « La tète de Jean le Baptiste. » 2.5. Et rentrant aussitôt en hâte auprès du roi, elle fit sa demande, disant : « Je veux que tout de suite lu me donnes sur un plat la tète de Jean le Baptiste. » 26. Et devenu triste, le roi. à cause des serments et des convives, ne voulut pas lui faire de refus. 27. Et envoyant aussitôt un satellite, le roi ordonna d'apporter la tète de Jeani. El s'en étant allé, (le satellite) le décapita dans la prison, 28. et il apporta sa tète sur un plat et la donna à la jeune fille, et la jeune tille la donna à sa mère. 29. Et l'ayant appris, ses disciples vinrent, prirent son corps el le mirent dans un tombeau.

Marc et Matthieu prennent occasion des paroles d'Hérode pour dire comment était mort Jean- Baptiste, que Marc avait perdu de vue depuis son ai'restation '. On pouvait le supposer ressuscité, parce qu'il avait péri, depuis quelque temps déjà, daus les circonstances qui vont être décrites. Le tétrarque Hérode avait épousé la femme d'un de ses frères encore vivant. Josèphe nous apprend qu'Hérodiade était non seulement la belle-sœur, mais la nièce d'Antipas, fille d'Aristobule, qui était fils d'Hérode le Grand et de Mariamme l'hasmonéenne, demi-frère du tétrarque de Galilée. Son premier mari, à qui Josèphe donne le nom d'Hérode, était né d une autre Mariamme, fille du grand-prètre Simon, de

i. I, 14. Dans Mattliieu xi, •2-t'.ti, il y a eu le message et les jugeiaents qui s'y rattachent.

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la tamille de Boétlius ; il vivait en riche particulier, à Rome probablement, Hérode le Grand ne lui ayant assigné aucun lot dans le partag-e définitif de son royaume. Hérodiade avait eu de ce mariage une tille appelée Salomé ', celle dont parlent les évangéistes, et qui fut mariée au tétrai'que Philippe. Antipas, séduit par l'ambitieuse Hérodiade, lavait épousée après que sa première femme, fille du roi des Nabatéens, se fut réfugiée près de son père Arétas 2.

On a supposé que le récit évangélique ' avait confondu le premier mari d'Hérodiade avec le mari de sa fille, le tétrarque Philippe, et dautant plus facilement que l'autre frère d Antipas pouvait avoir été vite oublié. Dans un pareil enchevêtrement des degrés de parenté. In méprise serait explicable et de nulle conséquence. La forme légendaire du récit n'invite pas à y chercher trop d'exactitude sur un point insignifiant pour les narrateurs. (]eux qui répugnent à admettre cette confusion conjecturent que, les évangélistes nommant Hérode un prince dont le nom propre était Antipas, Josèphe a bien pu nommer aussi Hérode un prince dont le nom propre était Philippe ; l'existence d un autre Philippe parmi les enfants d'Hérode le (irand ne serait pas un argument décisif contre celte hypothèse, cur il y eu aussi deux Antipas ou Antipater dans la famille, et des enfants de mères différentes pouvaient poi'ter le même nom '. Cependant Josèphe devait èti-e mieux informé que les évangélistes, et s il ne connaît pas d'autre nom que celui d'Hérode au premier mari d'Hérodiade, c'est probablement que ce personnage portait le nom de son père.

Le mariage d'Antipas avec Hérodiade était doublement condamné pav la Loi. comme union adultère et incestueuse '. Josèphe '' donne j)our motif de l'arrestation de Jean-Baptiste la crainte d'un soulèvement poj)ulaire. (^iCtte raison est compatible avec celle (pi in-

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