Cf. m, 14-15; >iupr. p. 4()f
Mahc, VI, 32-44. Matth. xiv, 13-21. Luc, ix, 10 />-17.
Marc et Matthieu racontent deux fois, avec quelques variantes, le miracle de la multiplication dos pains. Il ne paraît pas douteux que l'on se trouve en présence d'un récit dédoublé dans la tradition, mais il est plus difficile de dire laquelle des deux formes parallèles doit être primitive relativement à l'autre, la place qui leur a été assignée dans Marc ne prouvant pas que la première soit la plus ancienne, et que la seconde en soit dérivée.
Marc, vi, 3"2. Et ils Matth. xi\ , 13. Et Luc, ix, 10 h. Et le* partirent dans la barque apprenant (cela), Jésus prenant avec (lui), il vers un lieu désert, à se relira de là en bar- se retira à l'écart vers Técart. 33. VA plusieurs que vers un lieu dé- une ville appelée les virent s'en aller et sert ; et (Kjavant appris, Bethsaïde. 11. Et la surent (où ils allaient), la foule le suivit à pied foule, (l'jayant appris, et ils accoururent à pied des villes. 14. Et en le suivit. Et les ayant de toutes les villes en débarquant, il vit une accueillis, il leur parcet endroit, et les de- grande foule, et il eut lait du royaume de vancèrent. 31. Et en pitié d'eux et g-uérit Dieu, et il rendait la débarquant, il vit une leurs malades. 15. Et santé à ceux qui avaient foule nombreuse, et il le soir venu, ses dis- besoin de guérison. 12. eut pitié d'eux, parce ciples s'approchèrent Le jour commençait à qu'ils étaient comme de lui, disant : <* L'en- baisser, et, s'approdes brebis qui n'ont droit est désert, et chant, les Douze lui pas de berger, et il se l'heure est déjà passée ; dirent : « Congédie la mit à les instruire Ion- congédie la foule, pour foule, afin que, s'en guement. 35. Et l'heure que, s'en allant dans allant dans les villages étant déjà fort avancée, les villages, ils s'achè- et la campag^ne d'alenses disciples, s'appro- tent des vivres. » 16. tour, ils prennent gite chant de lui, dirent : Et Jésus leur dit : « Ils et trouvent de la nour- « L'endroit est désert, n'ont pas besoin de s'en riture, parce que nous et déjà il se fait tard, aller; donnez-leur vous- sommes ici (h\iis un lieu
A. LoiSY. — Les Evangiles synoptiques. 59
36. Congédie-les, pour mêmes à manger. » 17. désert. » 13. Et il leu ■que, s'en allant dans la P]t ils lui dirent : dit : « Donnez-leur à ■campagne et les villages « Nous n'avons ici que manger vous-mêmes. » •tralentour, ils s'achè- cinq pains et deux pois- Et ils dirent : <( Nous tent de quoi manger. » sons. » 18. Et il dit : n'avons pas plus de 57.Et répondant, il leur « Apportez-les moi cinq pains et deux pois- •dit : « Donnez-leur ici. » 19. Et ayant com- sons, à moins que nous vous-mêmes à man- mandé que la foule n'allions nous-mêmes :gev. » Et ils lui dirent : s'assît sur l'herbe, pre- acheter des vivres pour « Irons-nous acheter nant les cinq pains et tout ce monde. » 14. pour deux cents de- les deux poissons, re- Car il y avait environ îiiers de pains, (afin de) gardant au ciel, il dit cinq mille hommes. Et leur donner à man- la bénédiction ; et il dit à ses disciples : ger ? » 38. Et il leur rompant les pains, il « Faites-les asseoir par dit : « Combien de (les) donna à ses dis- groupes d'environ cinpains avez-vous? Allez siples, et les disciples à quante. » 15. Et ils voir. » Et (s'en) étant la foule. 20. Et ils man- agirent ainsi et les instruits, ils dirent : gèrent et furent l'assa- firent asseoir tous. 16, « Cinq, et deux pois- siés ; et l'on emporta Et ayant pris les cinq •sons. » 39. Et il leur de ce qui était resté pains et les deux pois- •commanda de faire des morceaux douze sons, regardant au ciel, •asseoir tout le monde corbeilles pleines. 21. il les bénit, (les) rompit par groupes sur l'herbe Et ceux qui avaient et (les) donna aux disverte. 40. Et ils se mi- mangé étaient en\iron ciples pour les présenrent par rangées de cinq mille hommes, ter à la foule. 17. Et ■cent et de cinquante, sans les femmes et les ils mangèrent et furent 41. Et ayant pris les enfants. rassasiés tous; et l'on
cinq pains et les deux poissons, emporta de leurs restes douze corregardant au ciel, il dit la bénédic- beilles pleines.
-tion, rompit les pains et les donna à ses disciples pour (les) leur présenter ; et il partagea les deux poissons entre tous, 42. Et ils mangèrent tous et furent rassasiés. 43. Et l'on emporta des morceaux douze corâseilles pleines, ainsi que des poissons. 44. Et ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes.
Dans Marc et dans Luc, le miracle de la multiplication des pains se rattache étroitement au retour des apôtres. Marc ^ a dit comment le Sauveur désirait procurer à ceux-ci un peu de repos. La barque était là, Jésus et les disciples y montent, et ils s'en vont, à ■ce qu'il semble, dans la direction du nord-est, vers un lieu inhabité
i, VI, 31; supr. p. 901.
OÙ ils pourront être à eux-mêmes pendant quelque temps. Mais beaucoup de gens les ont vus partir et ont observé la direction qu'ils prenaient '. On s'empresse le long du rivage ; la foule grossit à mesure qu'elle avance, se recrutant dans les villes et villages situés au nord du lac ; quand Jésus débarque, il est en face d'un peuple nombreux, arrivé avant lui. et qui l'attend ; il a pitié de cette foule qui ressemble à un troupeau sans berger ', et, comme si telle eût été d'abord son intention, il se met à l'instruire longuement.
L'enchaînement des faits est le même dans le troisième Evangile ; mais le récit, moins vivant et moins coloré, présente quelques variantes notables. Dès que les apôtres lui ont rendu compte de leur mission, Jésus les prend avec lui pour aller vers Bethsaide 3. On ne dit pas si le voyage se fait par terre ou par eau. La Bethsaide en question doit être la ville dont il a été parlé plus haut^. Jésus ne va pas à Bethsaide même ; il veut se retirer avec ses disciples dans un endroit solitaire, non loin de cette ville. L'indication du lieu peut donc s'accorder avec la donnée de Marc, quoique, même dans Luc, l'idée d'un lieu désert à proximité de Bethsaide soit quelque peu contradictoire ■'. Sans doute l'évangéliste nomme Bethsaide, parce que c'est l'endroit où, selon Marc, les disciples doivent se rendre après la multiplication des pains '' : cette circonstance tendrait à prouver que Luc n'a pas ignoré la section du second Evangile ' qu'il ne reproduit pas dans le sien. Mais comme il a supprimé la traversée du lac pour la venue de
1. V. 33. /.xl ïiSov auTOÙ; jnâyovra; /xî lyvwjxv (BD ; xA, ÈTriyvwaav) -oXÀoî. Le complément de k'yvcoaav est sous-entendu ; c'est le but du voyage, comme il résulte de la suite (Tjviôoaaov âxa). La significatioa de ce détail disparait dans Mt. 13, à/.oJ'javTï;, et même dans Le. 11, oî o; o/Àot yvovrE?. Ss. (mss. lai.) omet