HOI.TZMANN
'{. Mo, 25. âÇau-^;. Mr. 8. ôio;.
4. Mr. 2(). -coîÀu-oç -;iv')ixv^'jç. Mr. 9. \j--iflzi: ; cf. p. 924, n. 3.
.AIGRI DK .IKAN-BAl»llSTi; 927
Ihistoiiv. Il n'est pas possible de supposer que Jean n'aurait pas été dans le palais où se tient le festin, attendu que l'économie de la narration ne comporte pas un intervalle de plusiein-s jours entre la demande de la (ille d'Hérodiade et le retour de l'exécuteuv. La prison de Jean, où Hérode a coutume de l'entretenir, le lieu du festin et celui du meurtre se réunissent dans la perspective, et cet endroit unique n'est pas k déterminer autrement. C'est le cadre, précis en apparence, flottant en réalité, qui convient à une légende. Pour conclure, Marc dit que les disciples de Jean, ayant appris sa mort, vinrent prendre son cadavre et le mirent dans un tombeau '. Ainsi est expliqué ce qui u été dit plus haut de la résurrection possible du Baptiste, et le récit dans son ensemble justifie l'allusion qu'Hérode a faite k son supplice ; le but de l'intercalation se trouve atteint ; l'évangéliste pourra reprendre naturellement le til de son histoire en mentionnant le retour des apôtres. On peut douter cependant que ce commentaire surajouté aux conjectures d'Hérode touchant Jésus n'ait pas d'autre but que de rendre tout k fait claires pour le lecteur les paroles du tétrarque, ou même d'accorder k la mort de Jean une attention proportionnée k l'importance de son rôle. I/évang-éliste paraît préoccupé de faire entendre au lecteur cjue le Baptiste, réellement ressuscité, avait été bien et dûment enterré dans un tombeau d'où il n'est jamais sorti. L'enterrement détinitif de Jean-Baptiste donne relief k la résurrection de Jésus. Mais cette raison ne semble pas suftisante pour expliquer une si {;;r()sse interpolation dans la suite de l'histoire évangélique. On dirait que le narrateur amené k dire (juelle fut l'attitude d'Hérode k 1 é'i^ard du Christ, et quelles en furent les conséquences, coupe court avant d'entrer dans un sujet sur lequel il aimait mieux se taire que de parler ; au lieu de raconter ce que le tétrarque a été envers Jésus, il s'étend sur ce qu'Hérode a été envers Jean. On a conjecturé-, avec beaucoup de vraisemblance, que la légende concernant
1. V. 2y. v.'x: à/.oJaavTtç oi |j.a6r,-:ai aÙToi riXOav /CTÀ.
2. Wellhausen, Me. 48. Cet auteur, ne regardant pas comme historique la mission des apôtres, suppose que le rapport fait à Hérode concernait l'activité de Jésus à Capliarnaiim. Peut-être alTiime-t-il trop vite que Me. vi, 14, ne se réfère pas à vi, 7-13, puisque le tétrarque n'entend parler que de •lésus, non des apôtres. Envoyés par .Jésus, ceux-ci attiraient l'attention sur leur Maître. Il est vrai que les deux péricopes sont juxtaposées plutôt que coordonnées. Mais ce n'est pas raison pour contester l'existence du collège apos-
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la mort de Jean avait pris la place d'indications concernant des intentions hostiles que le tétrarqiie aurait manifestées vis-à-vis de Jésus, et ([ui auraient été le véritable motif pour lequel le Sauveur, cessant sa prédication, se serait éloig^né de la Galilée.
La mise en scène du festin est fort abrég-ée dans Matthieu ; il nest question d'abord ni de repas ni de convives, en sorte que la fille d'Hérodiade vient danser devant un public ^ dont la présence n'a pas été signalée; l'assistance n'est mentionnée qu'à l'endroit où Hérode ordonne, contre son gré, la mort de Jean. La promesse du roi, l'entente de la jeune fille et de sa mère pour la demande, les détails de l'exécution sont pareillement écourtés. Il est évident que le rédacteur du premier Evangile travaille sur Marc ou sur un récit identique à celui de Marc. Le dernier trait, qui appartient en propre à Matthieu, à savoir, que les disciples de Jean vinrent annoncer à Jésus, la mort de leur maître -, se trouve remplacer, non sans intention, la notice de Marc •' touchant le retour des apôtres auprès de Jésus, et le compte qu'ils lui rendent de leur mission. L'inconvénient qui résulte de cette substitution apparaîtra plus loin, et l'on verra aussi que la donnée de Matthieu n'est qu'un artifice rédactionnel, sans garantie d'historicité. Elle n'en présente pas moins Jean et son école comme subordonnés à Jésus et reconnaissant en lui le Messie, conformément à ce qu'on a lu dans le récit du baptême *.
lolique avant la mort de Jésus. Cf. siipr. p. 527. I^uc a pu se rendre compte de l'état des témoignages, car ix, 9 : /.al ÈÇri-î'. îîsïv aùtov, fait un écho singulier à XIII, 31 : 'HpwOTjç Oï'Xit a£ àroxT£'.va; (Wellhausen, Me. 51 ; Mt. 75) ; on peut conjecturer, sur des indices moins solides, que Matthieu a connu aussi la source de Marc.