‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 807 sur 829 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

HOLTZMANN

1)82 LES évanTtIles synoptiques

•sûr que le mot, pour Jésus lui-in.une, était un moyen craction, comme l'attouchement et la salive, sans que reflicacité de ce moyen fut censée absolue et indépendante de l'opération divine dans la :guérison. Si Marc a pensé qu'il y avait « une vertu ' » dans le ■contact, la salive et la parole de Jésus, il a pensé comme le Sauveur, qui avait voulu mettre cette vertu dans ces choses. Quelquesuns, observant que le sourd-muet n'aurait guère pu parler correctement du premier coup, ont supposé que ce sourd n'était pas tout à fait muet ; autant vaudrait dire qu'il n'était pas non plus tout ■à fait sourd, et que son infirmité ne venait pas de naissance. Quoi <[u'il en soit de la réalité, le narrateur, préoccupé peut-être de la sig-nification symbolique du miracle, fait entendre que Ihomme était aussi sourd et muet qu'on peut l'être, et qu'il s'était trouvé subitement en plein et parfait usagée de l'ouïe et de la parole.

La conclusion manque de netteté. Jésus avait conduit le sourd ■à l'écart, et cependant le miracle a plusieurs témoins qui reçoivent •défense d'en parler. Les personnes à qui s'adresse la 'défense peuvent -être celles qui ont amené l'infirme, soit quelles aient assisté au imiracle, soit que Jésus les rejoig-ne et remette en leurs mains celui <{u'il vient de guérir. Comme dans les occasions semblables, la défense est censée d'autant moins respectée qu'elle a été formulée plus instamment. L'homme guéri et ses compagnons s'empressent d'ébruiter le miracle, à la grande surprise de tous ceux qui les -entendent et qui s'écrient dans le transport de leur admiration : •« Il a bien fait toutes choses », portant ainsi le jugement le plus favorable sur l'activité publique de Jésus, et justifiant ce jugement par la généralisation du prodige raconté : « il fait entendre les «ourds et parler les muets - ». L'évangêliste se sert de la foule pour insinuer au lecteur le sens du miracle : l'œuvre du Christ a été entièrement bienfaisante ; il a donné l'ouïe à ceux qui n'avaient jamais entendu la vérité de Dieu, et la parole à ceux qui n'avaient jamais pu louer le Seigneur ; il a fait parvenir le salut aux nations. L'émotion extraordinaire causée par la guérison du sourd-muet iigure la conversion des Gentils'*.

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