‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 809 sur 829 · V, 1 ; supr. p · texte numérisé non relu

V, 1 ; supr. p

naison de Marc est artificielle, la même combinaison, retouchéedans Matthieu pour des motifs d'ordre spéculatif, n'offre pas plus de garanties. D'un côté, elle supprime un voyage qui paraît avoir eu lieu; de l'autre, c'est en les exagérant qu'elle restitue au ministèrede Jésus près des Juifs les miracles que Marc avait voulu en. détourner au profit des Gentils .

Marc, viii, I-IO. Matth., xv, 32-39.

Marc, viii, 1. l*]n ces jours-là, Matth. xv, 32. Et Jésus, appelant comme il y avait encore une grande ses disciples, dit : « J'ai pitié de la foule, et qu'ils n'avaient pas de quoi foule, parce que (depuis) déjà trois manger, appelant les disciples, il jours ils restent près de moi, et n'ont leur dit : 2. « J'ai pitié de la foule, pas de quoi manger; et je ne veux parce que (depuis) déjà trois jours pas les renvoyer à jeun, de peur ils restent près de moi, et n'ont pas qu'ils ne défaillent dans le cheniin.» de quoi manger; 3. et si je les ren- 33. Et les disciples lui dirent : « Où voie à jeun chez eux, ils vont dé- aurons-nous, dans un désert, assez de faillir dans le chemin ; et quelques- pains pour rassasier une telle uns d'entre eux sont venus de foule? » 34. Et Jésus leur dit : loin. » 4. Et ses disciples lui répon- « Combien de pains avez-vous?» Et dirent : « Gomment pourrait-on les ils dirent .: « Sept, et quelques perassasier de pain ici, dans le dé- tits poissons. » 35. Et ordonnant à sert? » 5. Et il leur demanda : la foule de s'asseoir sur la terre, 36. « Combien avez-vous de pains? >> Et il prit les pains et les poissons, et, ils dirent : « Sept. » 6. Et il ordon- rendant grâces, il (les) rompit et na à la foule de s'asseoir sur la (les) donna aux disciples, et les disterre ; et prenant les sept pains, ren- ciples à la foule. 37. Et tous mandant grâces, il (les) rompit et (les) gèrent et furent rassasiés, etdu reste donna à ses disciples pour qu'ils des morceaux l'on emporta sept cor- Iles) servissent ; et ils (les) servirent beilles pleines. 38. Et les convives à la foule. 7. Et ils avaient quel- étaient quatre mille, sans les femmes ques petits poissons; et les ayant et les enfants. 39. Et congédiant la bénis, il dit de les servir aussi. 8. Et foule, il monta dans la barque et vint ils mangèrent et furent rassasiés; et au territoire de Magadan. l'on emporta de restes de morceaux sept corbeilles. 9. Et ils étaient environ quatre mille, et il les congédia. 10. Et montant aussitôt dans la barque avec ses disciples, il vint au pays de Dalmanoutha.

Marc représente Jésus dans un endroit de la Décapole, entouré d'une foule nombreuse qui sans doute le suit dans l'espoir d'obtenir

des miracles, car on ne dit pas que le Sauveur prêche. Et si Tévangéliste ne le dit pas, c'est qu'il ne veut pas répéter la mise en scène de la première multiplication'; c'est aussi parce qu'il ne veut pas offenser la tradition historique en faisant prêcher l'Evangile à des païens par Jésus lui-même. On n'est pas obligé d'admettre que le Sauveur soit resté trois jours dans le même lieu, mais que, trois jours durant, la même foule s'est attachée à ses pas. Le vague des indications pourrait venir de ce qu'on a élagué ou modifié certains détails trop ressemblants à ceux de la première multiplication. Avant celle-ci, Jésus a eu également pitié de la foule, mais cette commisération s'appliquait d'abord, dans Marc, à la misère morale du peuple, à laquelle le Sauveur remédiait par l'enseignement ; dans Matthieu, aux nombreux malades que la foule avait amenés, et qui étaient guéris. Ici, Jésus s'émeut, du moins en apparence, et quant à la lettre du récit, du besoin corporel de gens qui n'ont pas de provisions -, parce qu'ils ont quitté leurs maisons depuis trois jours pour être avec lui. Le rapport n'en est pas moins frappant ; mais l'on n'a pas a se demander si l'objet de la pitié, dans la tradition d'où procèdent les deux récits, a été celui qui est indiqué avant la première multiplication, ou bien celui qui est censé avoir motivé la seconde, parce que cet objet est le même, au fond, de part et d'autre.

Cette fois, Jésus lui-même s'inquiète le premier de pourvoir au besoin corporel de ceux qui le suivent; mais cette circonstance peut tenir à ce qu'il n'a pas été question d'enseignement, et que le souci de la nourriture matérielle figure celui de la nourriture spirituelle. Le Sauveur ne veut pas renvoyer la foule à jeun, parce que les gens tomberaient épuisés sur la route, surtout ceux qui sont venus de loin, et qui ont plus de chemin à faire pour s'en retourner chez eux. Il est supposé qu'on ne pourrait se procurer de vivres dans le voisinage, contrairement à ce qu'on a vu pour l'autre multiplication-^; mais ce trait encore peut correspondre au changement de situation;

1. Marc y renvoie implicitement le lecteur, en écrivant, v. 1 : iv £/.£ivai; laï; 7)aipai; -âXiv :roÀÂo3 oyXoj ovro;. Cf. vi, 33-3o ; siipr. p. 931.

2. V. 2. a7îXayyv{Ço[j.ai £7:1 tov o/'kqv, oxt rfir^ fjjjLspat tpEÏ; TzpoajjLÉvoua-v [lot (D, r^. T. £Îaiv à~Q TM'i tboc £!a''v) /.al où/. ïyo-j'zvi -[ ipâY'o'jtv. 3. xal âàv ajioXûaw auiouç vrIaTct; £•!? oT/.ov aÙTwv, È/.XuOrJaov-at £v Trj ôofo (D, /a- «-oXu^jai a. v. £. o. ou ôiXw (atj èxXuOôijtv... Cf. Mt. 32).

Page 1