‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 813 sur 829 · Supr. pp. 90-91, 941, 9G9, 979; cf. infr. pp. 991, lOO · texte numérisé non relu

Supr. pp. 90-91, 941, 9G9, 979; cf. infr. pp. 991, lOO

à ses récits un arrangement plus satisfaisant. S'il n'a pas pris, comme Luc, le parti d'omettre l'une des deux multiplications, c'est peut-être parce qu'il avait su attribuer un sens à chacune, la première fîg-urant la proposition de l'Evangile aux Juifs, et la seconde présentant la communication du salut aux Gentils. Matthieu, que son cadre empêchait de garder ce sens particulier de la seconde multiplication, l'a retenue comme miracle de signification générale. Luc n'a pas vu l'intention symbolique de Marc, ou, s'il l'a vue, il a pensé que l'avantage de l'allégorie ne compensait pas l'inconvénient du double emploi dans les récits.

La différence dans le chiffre des personnes rassasiées n'autorise pas à dire que le second miracle serait un diminutif du premier, et que l'on s'attendrait plutôt à une majoration, s'il s'agissait d'un récit fictif. Il n'est guère plus facile de nourrir quatre mille hommes, avec sept pains, que cinq mille hommes avec cinq pains ; et de ce que le récit qui parle de sept pains et de quatre mille hommes se trouve le second dans Marc, il ne suit pas que la fixation première n'en soit pas plus ancienne que celle du récit où cinq pains et deux poissons suffisent à cinq mille hommes. Aucun récit n'a été inventé pour enchérir sur l'autre ; mais la même tradition ayant donné lieu à deux rédactions, les deux ont été recueillies dans Marc, et ont passé de là dans Matthieu.

Marc, viii, 41-21; Matth., xvi, 1-12; xii, 38-42; Luc, xi (16), 29-

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