Cf. supr. p
OU voulu mettre une part de symbole. La mention des trois disciples dans riiistoire de Jair, et la prescription du silence, peu explicable dans ce cas, au lieu d'être des traits historiques \ pourraient venir de Marc et se rattacher à ce qu'on pourrait appeler le système du secret messianique, dissimulé aux Juifs, incompris des apôtres. L'inintelligence des disciples devant le miracle de la tempête apaisée doit être en corrélation avec ce qu'on lit plus loin à l'occasion des multiplications de pains, et des prophéties concernant la passion et la résurrection du Sauveur-.
Rien de mieux garanti que le récit de la prédication du Christ à Nazareth. On peut soupçonner seulement l'évangéliste d'avoir corrigé ce qui était dit dans la source touchant l'impuissance de Jésus à faire un seul miracle, en intercalant la guérison de quelques malades ^.
Il n'est pas autrement certain que la mission des apôtres ait immédiatement suivi ce voyage à Nazareth. La tournée de prédication dont elle dépend s'est effectuée aux environs de Gapharnaûm, non autour delà ville où Jésus avait passé sa jeunesse. Le récit de la mort du Baptiste est en partie légendaire '. Les circonstances réelles du retour des apôtres et les motifs qui ont déterminé la retraite de Jésus sont à peu près elfacés dans les pré'iminaires de la multiplication des pains, miracle symbolique dont on peut douter qu il se fonde sur un incident particulier du ministère galiléen •'. On peut en dire autant du miracle de Jésus marchant sur les eaux, qui double, à certains égards, celui de la tempête apaisée, mais qui pourrait avoir été raconté d'abord du Christ .ressuscité, et avoir quelque parenté d'origine avec la pêche miraculeuse de Jean ^. Le passage en Gennésareth est jun fragment de l'itinéraire que la 'source de Marc parait avoir tracé avec soin depuis cet endroit, et peut-être depuis le commencement ". La querelle sur l'ablution des mains n'est pas à sa place chronologique ; la parole sur ce qui souille l'homme, et l'occasion qui la provoquée sont les seuls traits primitifs et historiques du récit ^. Le voyage vers Tyr, l'anecdote de la Cananéenne sont pareillement authentiques. Le retour en Décapole et le miracle du sourd-muet sont beaucoup moins sûrs et pourraient n'être qu'un développement symbo-
1. Pour les trois disciples, cf. v, 37 et ix, 2; xiv, .3.3 (xin, 3i; pour la recommandation du silence, cf. v, 43, et ix, 9.
2. Cf. IV, 51, et VI, oi-52 (vu, 17-18); viii, 31-33; ix, 10, 32.