Cf. supr. loc. cit
110 LES ÉVANGILKS SYNOPTKJUES
lique ^ ; rien ne s'oppose d'ailleurs à ce que le récit du miracle ail été emprunté à la tradition apostolique. La seconde multiplication des pains est une variante de la première et n'a pas plus de réalité. Le refus de sig-ne est authentique, mais hors de son cadre. L'aveug-le de Bethsaïde se présente dans les mêmes conditions que le sourd-muet de la Decapole ^.
La confession de Pierre, l'annonce du prochain avènement, la déclaralion concernant Élie sont des traits qui éclairent l'histoire de Jésus ; les prophéties de la passion et de la résurrection viennent de la tradition et des rédacteurs évang-éliques ^. La leçon du renoncement repr .'sente un discours authentique, mais dans un cadre artificiel. 11 est peu probable que le récit de la transfiguration corresponde à un incident réel dans la vie du Christ, et l'on a vu plus haut ce qui peut èlre à retenir dans l'histoire de l'épileptique '. De la suite il faut garder le retour en (lalilée et à Capharnaûm, puis le départ pour la Judée et la Pérée, la marche vers Jérusalem. L'anecdote de Jean et de l'exorcisle étranger, la demande des fils deZébédéeonl chance de n'être pas historiques ■'. Lincidenl des enfants qu'on amène à Jésus pour qu'il les b'nisse était peut-être localisé d'abord à Capharnaûm. Les autres instructions insérées entre le retour à Capliarnaiim et la troisième prophétie de la passion sont artificiellement groupées, et, sans excepter celle qui concerne le divorce, elles ont généralement une forme moins satisfaisante que dans Matthieu et dans Luc ''.
Une anecdote comme celle de l'aveugle de Jéricho pourrait être purement légendaire ou symbolique ^ ; si le fait est réel, il sera toujours impossible à l'historien d'en déterminer les conditions précises. On doit en dire autant, pour d'autres motifs, de la scène messianique, désignée communément et à tort sous le nom d'entrée triomphale à Jérusalem, et qui est la manifestation du Messie sur le mont des Oliviers *. Le miracle du figuier n'a pas de réalité ; la chronologie qui est destinée à lui faire place n'en a pas davantage ^. L'expulsion des vendeurs et la question des prêtres appartiennent à l'histoire ; de même l'anecdote du tribut, probablement aussi la question des sadducéens ; celle du grand commandement ne semble pas à sa p'ace, non plus que le mot sur le Messie seigneur de David, bien que l'une et l'autre, le dernier surtout doivent