Jésus voyant qu’il avoit répondu avec sagesse, lui dit
1 11 serait peut-être mieux de traduire : • Le Seigneur tou Dieu eut le Dieu an. a Cette Induction, plu* littérale, affirme aussi plus énergiquement l’unité essentielle de Dieu.
Vous n’étes pas loin du royaume de Dieu 1 . Et personne n’osoit plus l’interroger.
35. Et Jésus , enseignant dans le temple , disoit : Comment les Scribes dis#it-ils que le Christ est fils de David?
3t>. Puisque David lui-méme a dit dans l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur, assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis l’escabeau de tes pieds.
37. David lui-méme l’appelle Seigneur; comment donc est-il son fils? Et beaucoup d’entre le peuple l’écoutoient avec joie.
38. Et il leur disoit dans ses enseignements : Gardez-vous des Scribes, qui aiment à marcher vêtus de longues robes , et à être salués dans les places publiques,
39. Et à être assis sur les premières chaires dans les synagogues, et aux premières places dans les festins;
40. Qui dévorent les maisons des veuves, sous le prétexte de longues prières. Ceux-ci recevront un plus sévère jugement.
41. Et Jésus s’étant assis près du tronc, regardoit de quelle manière le peuple y jetoit de l’argent, et plusieurs riches y en jetoient beaucoup.
42. Et une pauvre veuve étant venue, elle y mit deux petites pièces, de la valeur d’un quart de sou;
43. Et Jésus, appelant ses disciples, leur dit : En vérité je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tons ceux qui ont mis dans le tronc.
44. Car tous ont mis de ce dont ils abondoient; mais elle, de son indigence, elle a mis tout ce quelle possédoit, tout ce qu’elle avoit pour vivre.
La pauvre veuve de l’Evangile est l’image du peuple. Sa misère elle-même, ses souffrances, le disposent à la compassion , ouvrent son àmc au sentiment de la fraternité ; et e’est parce qu’il a peu, qu’il donne tout. Le riche, ou n’a jamais assez pour soi, pour satisfaire ses goûts, ses passions, ses caprices, ou il thésaurise, il entasse dans la pré-
1 (mnuoilre est le commencement do la voie qui conduit au royaume de Dieu ; mais on n’y entre que par I» pratique, par ramonr et les œuvres de l'ainour.
vision d’un avenir qu’il ne verra point, poussé à cela encore par cette fureué de posséder et de posséder toujours plus, qui constitue cette sorte d’aliénation qu’on nomme l’avarice. Le peuple, je parle des bons, de ceux que la irruption qui vient d’en haut n’a point atteints, le peuple, affranchi de ce que Jésus appelle la fascination des richesses, content du pain de chaque jour, ne demandant au Père céleste que ce qu’il accorde aux petits oiseaux qui ne sèment ni ne moissonnent, le peuple vit de la vraie vie, de la vie du cœur, plus que le reste des hommes, plongés dans le désir et les soucis des choses de la terre. C’est pourquoi toutes les sympathies, tous les dévouements, tous les héroïques sacrifices, c’est chez lui qu’il les faut chercher. Otez le peuple, que deviendroit la tradition du devoir, de ce par quoi seul la société subsiste, de ce qui fait la grandeur et la force des nations? Lorsqu’elles s’affaissent, qui les relève? lorsqu’elles déclinent, qui les renouvelle, les ranime, si ce n’est le peuple? Et si la maladie est sans remède, s’il faut quelles meurent, d’où sort la jeune tige destinée à remplacer le vieil arbre, si ce n’est encore du peuple? Aussi est-ce au peuple que Jésus s’adresse; aussi est-ce le peuple qui rceonnoit en lui l’envoyé du Père, qui le salue de scs acclamations, proclame son autorité en s’y soumettant, le couronne Roi de l’avenir. Les autres, les Princes des prêtres, les Scribes, les Anciens, le maudissent et le tuent. Malgré leurs violences et leurs ruses, malgré le supplice, par le peuple il a triomphé; le peuple a fondé son règne dans le monde, et par le peuple il s’y développera, par le peuple naîtra l’ère nouvelle, dont les pouvoirs du passé, en proie aux terreurs d’une fin prochaine, déjà saisis des affres do la mort, voudroient étouffer le germe divin.
SELOX saixt marc.