Et voilà que devant lui étoit un homme hydropique
3. Et Jésus , s’adressant aux Docteurs de la loi et aux Pharisiens, leur dit : Est-il permis de guérir le jour du sabbat ?
4. Et ils se turent. Mais lui, prenant cet homme par la main, le guérit et le renvoya.
5. Ensuite, il leur dit : Qui de vous, si son âne ou son bœuf tombe en un puits 1 , ne l'en retirera pas aussitôt le jour du sabbat ?
(5. Et ils ne pouvoient rien répondre à cela.
7. Voyant aussi comment les conviés recherchoient les premiers sièges , il leur dit cette parabole :
8. Lorsque vous serez conviés à des noces, ne vous asseyez pas à la première place , de peur qu’un autre plus considérable ayant été convié aussi,
9. Celui qui vous a conviés tous deux, ne vienne, et ne vous dise : Donnez-lui cette place; et qu’alors vous ne descendiez avec confusion à la dernière place J .
10. Mais, lorsque vous serez convié, allez vous asseoir à la dernière place, afin que, quand viendra celui qui vous a convié, il vous dise : Mon ami, montez plus haut. Alors, vous serez honoré devant ceux qui seront à table avec vous :
11. Car quiconque 6’ élève sera abaissé; et qui s’abaisse sera élevé.
12. Il disoit atissi à celui qui l’avoit convié : lorsque vous donnerez à diner ou à souper, n’appelez ni vos amis, ni vos frères , ni vos parents , ni vos voisins riches, de peur que peut» être ils ne vous convient à leur tour, et ne vous rendent ce qu’ils auront reçu de vous.
13. Mais, lorsque votls faites Un festin, appelez» y les pauvres, les débiles, les boiteux, les aveugles :
14. Et vous serez heureux de ce qu’ils n’ont rien à vous rendre, car ce voüs sera rendu dans la résurrection des justes J .
lô. Ce qu’ayant entendu , un de ceux qui étoient à table lui dit : Heureux qui mangera le pain dans le royaume de Dieu.
1 On creusoit, pour l'arrosement des champs, dm puits dont le bord étoit k (leur de terre.
2 Jésus, dans coite parabole, ne réprouve pas Roulement l'orgueil individuel, mais l'orgueil de corps et l'orgueil do pouple. 11 onsoigno aux Juifs, qui so croyoiout au-dessus dos autres nations , ot qui l' étaient à quelques égards , que Dieu élève ou abaisse uoiqueaieut selon l’usage qu'on a fait de ses dous, sans tenir compte du reste et sans acception d'aucune race.
3 Dieu ne rend que ce qui a été donné à ceuv qui ne peuvent rendre. Donner pour recevoir, ce u'est pas charité, mais échange, Italie.
16. Et Jésus lui dit : Un homme fit un grand souper, et y convia nombre de gens *.
17. Et à l’heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés de venir, parce que tout étoit prêt.
18. Et tous commencèrent à s’excuser. Le premier lui dit : J’ai acheté une maison de campagne, et il faut que je l’aille voir ; je vous prie de m'excuser.
19. Le second dit : J’ai acheté cinq paires de boeufs, et je vais les essayerj je vous prie de m’excuser.
20. Et un autre dit : J’ai épousé une femme , et c’est pourquoi je ne puis venir.
21. Le serviteur étant revenu, rapporta tout ceci à* son maître. Alors le père de famille irrité dit à son serviteur : Allez vite dans les places et les rues de la ville , et amenez ici les pauvres et les débiles, et les aveugles, et les boiteux.
22. Et le serviteur dit : Seigneur, il a été fait comme vous l’avez commandé , et il y a encore de la place.
23. Et le maître dit au serviteur : Allez dans les chemins et le long des haies , et contraignez d'entrer 1 2 , afin que ma maison soit remplie.
24. Car je vous le dis, aucun de ceux qui avaient été conviés ne goûtera de mon souper.
25. Une grande foule de peuple marchant avec lui, il se tourna vers eux et leur dit :
26. Si quelqu'un vient à moi, et ne hait point son père et sa mère, et sa femme, et ses fils, et ses frères, et ses sœurs, et sa vie, il ne peut être mon disciple.
27. Et qui ne porte point sa croix et ne me suit point, ne peut être mon disciple.
1 Le louper du père de famille, c’est le banquet auquel Dieu convie loui le» homme» pour lea y nourrir du Vrai et du Bien. Mai», détourné» par le» «oin* du »iècle , entraîné», l’un ici, l'autre la, par le» affaires et par Ira plaisir» , beaucoup refusent de venir s’y asseoir ; ils disent à Dieu : Je n’ai pas le temps, excuses-moi. C’est pourquoi leur place sera remplie par le» pauvres, par ceux qui ont faim : et heureux celui qui a faim, parce qu’il sera rassasié.
2 La pitié secourable, la compassion, l'amour va au-devant de toutes les misère»; il Q’atiend point ceux qui souffrent, il les cherche dan» les chemins , le long des haies , partout où ils se retirent pour fuir les regards des hommes ; il surmonte lenr timidité , dissipe l'espèce de honte amère et douloureuse qui les porte à se renfermer en soi , les relève de leur abattement, et, par tout ce qu'inspire une sympathie profonde et le sentiment du devoir fraternel, le» contraint d'entrer dans la salle du banquet.
28. Car qui de vous, voulant bâtir une tour 1 , ne s’assied pas auparavant pour supputer la dépense nécessaire, et s’il y pourra subvenir;
29. De peur qu’après avoir posé le fondement, ne pouvant achever, ceux qui le verront ne commencent à se railler de lui,
30. Disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ?
31. Ou quel roi, se disposant à faire la guerre à un autre roi, ne s’assied pas d’abord et ne se demande s’il pourra s’en aller avec dix mille hommes à la rencontre de celui qui vient contre lui avec vingt mille?
32. Que Vil ne le peut, tandis que celui-ci est encore loin, il envoie des ambassadeurs lui porter des paroles de paix.
33. Ainsi donc quiconque d’entre vous ne renonce point à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple.
34. Le sel est bon. Que si le sel s’affadit, avec quoi l’assaisonnera-t-on ?
35. Il ne sert plus à rien, ni pour la terre, ni pour le fumier ; mais on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles qui entendent, entende.
Chacun a sa tour à bâtir, chacun a l’édifice de son propre salut à élever. Mais à quoi serviroit de commencer, si l’on n’achève? Poser le fondement et en rester là, c’est folie pour soi, et pour les autres un sujet de dérision. Il faut donc d’abord supputer la dépense, il faut savoir à quoi l’on s’engage, se demander sérieusement si l’on achèvera. Or, la tour à bâtir, l’édifice à élever, c’est la vie chrétienne. Voulez-vous, oui ou non, être chrétien? Voulez-vous suivre Jésus, ou marcher dans une autre voie, dans la voie du monde? Si c’est celle-ci que vous choisissez, vous en êtes maître, Dieu vous a laissé entre les mains de votre conseil ; allez donc, le monde vous dira ses maximes, comme Jésus vous a dit où elles aboutissoient. Que, si, au contraire, vous choisissez
1 Oo a déjà dit qui* les Juifs bàtissoieut dan» les vignes des foars d’où les gardiens exercoient plus facilement leur surveillance.
SELON SAINT LUC. la voie du Christ, écoutez les maximes du Christ, apprenez de lui à quoi l’on doit être résolu pour le suivre. Il faut se vaincre et vaincre le monde, dès lors combattre, dès lors souffrir, dès lors porter sa croix. Il faut mettre le lien qui attache à lui, et par lui à Dieu, au-dessus de tous les autres liens, et des liens mêmes de la famille ; il faut haïr son père, sa mère, scs frères, ses sœurs, non pas, comprencz-le bien, de cette haine abominable et sacrilège qui aliénerait d’eux le cœur, mais de cette haine sainte qui sépare uniquement du mal, de cette haine qui n’est qu’un amour plus grand, que Dieu préféré à la créature. Votre père, votre mère, vos frères, vos sœurs voudroient vous retenir au milieu de ce que Dieu condamne, vous détourner d’accomplir les sacrés devoirs qui lient tout homme à l’humanité; haïssez votre père, votre mère, vos frères, vos sœurs, c’est-à-dire résistezleur avec courage, sacrifiez l’affection terrestre à l’amour supérieur. Au moment où Jésus venoit fonder une société nouvelle, établir le royaume de Dieu, ce précepte devoit plus que jamais être inculqué, et dans les termes les plus forts, car il falloit de fortes âmes pour concourir à l’accomplissement de la mission du Christ. Elles se trouvèrent. Vous avez la même œuvre à continuer, et au milieu des mêmes obstacles. Tout le champ du père de famille est loin encore d’être défriché : priez-le donc d’y envoyer des ouvriers semblables à ceux qui ouvrirent les premiers sillons.