LE DUC DE BEAUFORT
et un petit garçon virent tout ce qui se passa en ce mystère; mais ses hommes qui étaient en embuscade les avaient tellement menacés pour les obliger à se taire, que, n'ayant pas beaucoup d'intérêt d'empêcher que le prince ne se sauvât^ elle et son fils étaient demeurés avec eux fort paisiblement à regarder tout ce qu'ils avaient fait. Aussitôt qu'il fut parti la temme alla le dire à son mari, qui était le jardinier du lieu, et tous deux allèrent avertir les gardes. Mais il n'était plus temps, les hommes ne pouvaient plus changer ce que Dieu avait ordonné et les étoiles, qui semblent quelquefois marquer les arrêts du souverain, avaient appris déjà à beaucoup de personnes, par un astrologue nommé Goësel, que le duc de Beaufort devait partir le même jour. Cette nouvelle surprit d'abord toute la cour et particulièrement ceux à qui elle n'était pas indifférente. Le ministre en fut sans doute affligé, mais, à son ordinaire, il ne le témoigna pas. » Plus loin madame de Motleville ajoute : « La reine et le cardinal Mazarin en parlèrent fort honnêtement et ne firent qu'en rire, disant que M. de Beaufort avait bien fait. » (Mémoires de madame de MoUeville, collection Michaud-Poujoulat.)