SAGAX CONTI
Après la mort de Jacques de Camplon, le siège épiscopal resta vacant deux années encore. Sagax Conti en fut pourvu en 1426 et l'occupa pendant vingt ans.
Il appartenait à une illustre maison du patriciat romain, qui a donné plusieurs papes et de nombreux cardinaux à rÉgiise et deux vice-légats au comté Venaissin. Il fut lui-même un prélat de mérite, qui résida malheureusement très peu dans son diocèse, à cause des affaires importantes qui le retinrent en Italie pendant plusieurs années de son épiscopat.
A l'exemple de ses prédécesseurs, il se fit rendre, le 28 octobre 1428^ par les co-seigneurs de Venasque, l'hommage séculaire qu'ils devaient à l'Evêque.
Ne voulant pas que son diocèse souff"rît trop de son
séjour en Italie, il délégua ses pouvoirs à Barthélémy, évêque de Cavaillon, qui administra le diocèse en son nom ( I ) .
Sagax Conti fut transféré, le 29 mai 1446, à Tévéché de Spolète, où il mourut deux ans après.
Armes : De gueules à l'aigle au vol abaissé échiquetée d'or et de sable couronnée d'or (2).
Il) Ugbelli, tom. II. pag. 1268.
(2) Ces armes figurent encore sur les anciens vitraux du chœur de St-SifFrein, (V. Reynard-Lespinasse, Armoriai de l'Etat d Avignon pag. 183 et 200.)
GUILLAUME V SOIBERTI
Guillaume Soïberti (i), chanoine et prévôt du chapitre d'Uzès, sa ville natale, était neveu de Pierre Soïberti, évêque de cette ville en 1427, lorsqu'il fut appelé par son chapitre à occuper le même siège en 1441.
Guillaume de Champeaux et Alain de Coëtivy, tourà-tour administrateurs de l'évéché d'Uzès, attaquèrent violemment son élection et s'opposèrent ouvertement à ce qu'il prît possession du siège. Guillaume Soïberti dut en appeler à Tarchevèque de Narbonne, son métropolitain, au pape lui-même et enfin au parlement de Toulouse. Il obtint justice en 1445, après quatre années de persévérants efforts (2). L'année suivante, Nicolas V le transféra à Carpentras, où il siégea trois ans à peine.
Un des premiers actes de son épiscopat fut de faire ouvrir la châsse où reposaient les reliques de saint Siffrein, pour en retirer la tête, qu'il plaça dans un reliquaire, en forme de buste, qu'il fit exécuter lui-même.
Nous avons eu occasion de parler de l'origine des établissements charitables dans notre ville, mais nous n'avons rien dit encore de l'œuvre des orphelines, qui
(i) Soïberti, Soybert et qqfois Sombreti.
(2) Catalogue analytique des Évêques d'Uzès, par M. Charvet ; Alais, Martin, 1870, pag. 121.
fut si florissante autrefois, et que nous aimons à retrouver encore dans nos murs.
Depuis les temps les plus reculés, la ville entretenait les pauvres orphelines, que des personnes pieuses logeaient dans leurs propres maisons. En 1447, le conseil de ville, de concert avec FEvêque, décida que désormais les orphelines seraient logées dans la maison de ville. Cet état de choses dura jusqu'en iSSy^ époque à laquelle Jacques Sacrât établit une congrégation, dont la mission fut de pourvoir aux besoins spirituels et temporels des pauvres orphelines^ ainsi que nous verrons plus tard.
Le 4 décembre 1448, Guillaume Soïberti accompagna le cardinal de Foix et le roi René aux Saintes-Mariés et assista, avec treize autres prélats, à la translation solennelle des reliques des saintes Marie-Salomé, Marie- Jacobé et Marie-Cléophas, dans une châsse de cyprès. 11 signa au procès-verbal que le roi fit dresser pour conserver le souvenir de la cérémonie (i).
Il mourut au commencement de l'année 1449.
Armes inconnues.
(i) Paillon, Monuments sur l'apostolat de sainte Marie- Magdeleine de Prc vence^ tom. I, pag. 1328, et tom. II, pag. 1278.