‹ Les évêques de CarpentrasChapitre 25 sur 49 · BARTHELEMY VITELLESCHI · texte numérisé non relu

BARTHELEMY VITELLESCHI

Barthélémy Vitelleschi appartenait à une famille illustre de Rome, qui avait déjà donné à l'Eglise Jean Vitelleschi, patriarche d'Alexandrie (i), le cardinal Jean Vitelleschi, archevêque de Florence en 1435 (2), et qui devait fournir, un siècle plus tard, Mutins Vitelleschi, sixième général de Tordre de la compagnie de Jésus.

Barthélémy Vitelleschi fut élu évêque de Montefiascone et de Corneto, le 16 des calendes d'avril 1438^ mais il jouit peu de son siège. Le pape Eugène IV, successeur de Martin V, n'étant pas en bons termes avec le cardinal de Florence, fit rejaillir sur Barthélémy,

{i)fGamurrini, tom. I, pag. 149.

(2) Ughelli, tom. I, pag. 986, et tom. 3, pag. 16$.

Vitelleschi, son neveu, tous les effets de leur mésintelligence, et alla même jusqu'à le priver de son évêché de Corneto. Celui-ci se mit alors sous la protection du concile de Bâle et passa sous Tobédience de Félix V, que le concile venait d'élever au souverain pontificat pour l'opposer à Eugène IV. Après la mort d'Eugène, Nicolas V ayant été élu pour lui succéder, Félix abdiqua la tiare^ en 1449, pour mettre un terme au grand Schisme.

Barthélémy Vitelleschi se hâta de reconnaître le nouveau pape et fut très bien accueilli par lui.

Nicolas V ne put lui restituer son évêché de Corneto, qui avait été pourvu d'un titulaire, mais l'évêché de Carpentras étant devenu vacant par la mort de Guillaume Soïberti, il le lui conféra le 14 juillet 1449. • Le nouveau prélat se disposait à quitter l'Italie pour venir prendre possession de son siège, lorsque l'évêque de Corneto, nommé par Eugène IV pour succéder à Barthélémy Vitelleschi, vint à mourir. Le pape se hâta alors de transférer celui-ci à son ancien siège -, dont il avait été dépouillé, de telle sorte que Barthélémy Vitelleschi n'a jamais pris possession personnellement du siège de Carpentras.

Quelques années plus tard, il entreprit le long et pénible pèlerinage de Jérusalem, et mourut à son retour, à Modon, le i3 décembre 1463.

Son corps fut transporté à Corneto, où il fut inhumé dans la cathédrale avec l'épitaphe suivante :

SePULCHRUM R. in CHRISTO PATRIS BARTHOLOMiEI DE CORNETO EPISCOPI COBNETI ET MONTJSFLASCONIS, NEPO- TIS SUPRASEPULTI CARDINALIS. ObUT ANNO MCDLXIII DE- CEMB. XIII. MODONI PERGENS EX HiERUSALEM.

Ughelli, qui nous a conservé le texte de cette inscription (i), affirme que le corps de Tévêque défunt était encore parfaitement conservé, à Tépoque où il écrivait son ouvrage ( 1 7 1 7).

Armes : Parti: d'or et da^ur à deux veaux de Vun en l'autre, affrontés^ terrassés de sinople^ au chef demi parti d'azur et de gueules chargé de six fleurs de lys d'or, 3 et 3.

(i) Ughelli, tom. I, pag, 196.

GEORGES II D'ORNOS

Le Gallia Christiana , sur la foi de rhistorien Ughelli (i), nous apprend que Georges d'Ornos était évêque d'Uzès, lorsque le Pape Nicolas V lui conféra l'évéché de Carpentras^ le 21 juillet 1449. Il est vrai de dire que le même ouvrage (2), revenant sur son affirmation, nous dit ensuite, d'après les archives du Vatican, que Georges était évêque de Vicence et non point d'Uzès, comme il l'avait écrit d'abord (3).

Le jour même de sa nomination, le nouvel évêque prêta le serment accoutumé entre les mains du pape luimême et obtint de lui une bulle qui l'autorisait à accepter l'abbaye de Notre-Dame de Filacii, dans le diocèse de Genève, que le duc de Savoie venait de lui accorder, de même que tous les autres bénéfices et dignités ecclésiastiques dont il pourrait être pourvu à l'avenir.

Nous savons peu de choses de son épiscopat, qui dura trois années seulement. Par son testament du 4 novembre 1452, il fonda cinquante messes anniversaires et

(i) Ughelli, tom. I, col. 909.

(2) Gallia Christiana^ tom. V. col. 641.

(3) Ughelli ne mentionne parmi les évêques de Vicence qu'un seul prélat de ce nom, qui siégeait en 1389 et qui ne saurait être, par conséquent, l'évêque de Carpentras (tom. V. pag. )o6o). Je ne sais encore d'après quel document le regretté M. Charvet.d'Alais, affirme, dans son catalogue des évêques d'Uzès, qu'Olivier du Chatel se serait démis, en 1448, du siège d'Uzès pour passer à celui de Carpentras.

légua à son église sa précieuse bibliothèque. Il exprima toutefois le désir qu'elle fût vendue et que le prix en fût employé à la construction de la nouvelle cathédrale, dont la première pierre avait été posée en 1404 et qui ne put être consacrée qu'en i520.

Une partie de ses livres fut effectivement vendue après sa mort, pour se conformer à ses dernières volontés^ mais les meilleurs ouvrages furent mis en réserve pour servir de bases à la fondation d'une bibliothèque publique. Cette détermination fut prise dans une assemblée solennelle où se trouvèrent Jacques Buqueti, lieutenant de Roger de Foix^ recteur du Comtat, l'évèque Michel Anglici, les chanoines, les syndics^ les conseillers et beaucoup de notables de la ville. On crut ainsi devoir enfreindre les volontés de Tillustre défunt pour conserver à la postérité les trésors littéraires, malheureusement disparus aujourd'hui, accumulés par lui.

Le 16 avril 1460, sous le consulat de Christophe de Grignan, de Pierre de Affiis et de Pons Bermond, jurisconsulte, une nouvelle assemblée des notabilités de la ville décida, en principe, la création d'une bibliothèque, où les ouvrages laissés que Georges d'Ornos, augmentés de ceux que Michel Anglici, son successeur, avait réunis à son tour, furent déposés dans la cathédrale, à la chapelle de Sainte-Anne. Il y fut convenu que les livres de l'évèque défunt y seraient, pour l'usage des clercs et du public, suspendus à des chaînes de fer rivées à la voûte de l'église. Déjà l'année précédente, les syndics de la ville, justemement jaloux de leur précieux dépôt, avaient pris un arrêté portant interdiction de copier les ouvrages délaissés par l'évèque.

Il est intéressant de voir l'Église prendre elle-même.

dès cette époque reculée, l'initiative de ces bibliothèques que les cathédrales établirent pour l'usage des fidèles et qui ont pu sauver de l'oubli les richesses littéraires que l'antiquité nous a léguées. Nous verrons dans la suite avec quelle générosité un autre de nos évêques, l'illustre dlnguimbert. vint, trois siècles plus tard, doter notre ville de cette incomparable collection que le monde savant lui envie.

Georges d'Ornos mourut au commencement du mois de novembre 1452.

Armes inconnues.

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