‹ Les évêques de CarpentrasChapitre 35 sur 49 · CARPENTORACTENSIS, CRUCEM HANC SUMPTIBUS · texte numérisé non relu

CARPENTORACTENSIS, CRUCEM HANC SUMPTIBUS

H^BREORUM EREXIT, UT QUAM IRRISERANT

MAGIS CONSPICUAM, VERENDAM AC

VENERANDAM ASPICERENT. XI FEBRUARII l6o3

Cette croix fut détruite par les juifs, le 1 6 février 1793, et remplacée par un arbre de la liberté, qu'ils avaient d'abord planté dans leur rue.

Le 18 mai i6o3, Horace Capponi fit ouvrir la châsse où reposaient les reliques de saint Siffrein et en détacha deux doigts qu'il donna l'un à l'église de Venasque et l'autre à celle de Mazan, ainsi que quelques parcelles destinées à la consécration d'autels portatifs.

11 entreprit à nouveau, quelques années après, le voyage de Rome et assista, avec de nombreux évéques, le 7 mai 1607 à l'ouverture que fit Paul V de la tombe du pape saint l>éon. 11 quitta Rome vers l'automne et revint dans le Comté- Venaissin avec de nouvelles provisions de la charge de recteur, dont il fut obligé de se démettre, au mois de novembre 1609, à la suite de violents démêlés qu'il eut avec les consuls de la ville.

Nous avons vu déjà de nombreux ordres religieux venir fonder des maisons à Carpentras^ et cependant il manquait à la ville un ordre enseignant pour Téducation de la jeunesse. L'épiscopat de IVIonseigneur Capponi vit encore cette importante et difficile fondation. Un catholique ardent, Pierre de Sobirats, chevalier de l'ordre du roi et procureur-général des Etats du Vénaissin, en fut le principal promoteur. Mais la ville d'Avignon prit ombrage d'abord du projet, et crut voir dans la proximité de Carpentras une menace pour le collège des jésuites qu'elle possédait déjà.

La ville de Carpentras s'en remit à l'intelligence de Pierre de Sobirats et le députa auprès de Paul V pour obtenir d'abord la confirmation de ses antiques privilèges et ensuite l'autorisation de confier aux religieux de la Compagnie de Jésus le collège fondé depuis longues années déjà.

Il fallut au délégué de la ville onze mois de persévérantes démarches pour aboutir, mais enfin le pape lui accorda, le 19 juin 1606, un bref qui confirmait l'établissement désiré.

La ville se mit à l'œuvre aussitôt pour faire construire le nouveau collège sur le plan dressé par le Père Martellange (i).

Ce ne fut pourtant que le XUl des calendes d'avril 1628 que Monseigneur Cosme Bardi, pro-Iégat d'Avignon et évêque de Carpentras, vint poser la première pierre de l'église, comme nous le verrons plus tard.

(i) Voir la Notice publiée sur le P. Martellange, jésuite, par M. Charvet.de Lyon, ainsi que la Bibliothèque ilc l'École des Chartes i'" et ^^ livraisons de 1 886 .

C'est encore sous l'épiscopat de Monseigneur Capponi que Sébastien de Seguins, seigneur de la Roquesur-Pernes, dont le nom est encore si noblement représenté à Carpentras, fonda dans la cathédrale, et dans la chapelle de sainte Anne, une chapellenie dont il réserva le juspatronat à ses héritiers. Il fit dresser le 12 octobre 161 1 (i), l'acte de cette fondation, à laquelle il assigna une grange avec son tènement de 25 salmées de terre, au quartier de Terradou. Le revenu devait servir d'abord à Tentretien d'un recteur qui célébrerait la messe dans la chapelle tous les jours de l'année à perpétuité^ et ensuite à distribuer, le jour de la Saint-Sébastien, trois pains et un sol tournois à cinquante pauvres de la ville.

Cette chapelle de Ste-Anne appartenait depuis longues années à la famille de Seguins, qui y avait sa sépulture. Déjà, le 8 octobre 1594, Jean de Seguins, procureur général du pape et frère de Sébastien de Seguins, avait fait une fondation qui permettait aux recteurs de l'hôpital de doter chaque année deux pauvres et honnêtes filles de la ville. Ces deux filles, fiancées toutes deux à la même époque, ne devaient sortir de l'hôpital que pour aller à Tautel le jour de leur mariage. La touchante cérémonie avait lieu dans la chapelle de Ste-Anne, où le pieux fondateur avait voulu être inhumé (2).

Horace Capponi, dont la santé était ébranlée, se démit de son évêché vers la fin de l'année 161 5^ pour se retirer

(i) Colin Tache, notaire d'Avignon.

(2) Voir le reg. VII de la chancellerie épiscopale, f* 305; le tome IV de la collection Tissot, et la Monographie da Sébastien de Seguins par l'abbé Trichaud, pag. 63.

en Italie. Mais il garda dans sa retraite^ pour sa ville épiscopale et pour son diocèse, une affection qui ne finit qu'avec lui.

Après avoir fondé le Mont-de-Piété de Carpentras, où Ton conserve encore son portrait, il donna à sa cathédrale quatre beaux chandeliers en argent et un ornement complet, brodé en or, pour servir aux offices des grandes fêtes de l'année. C'est encore à sa munificence que la cathédrale dut sa chaire (i) et ses fonts baptismaux, ainsi que les colonnes de marbre qui ornent sa façade.

11 fit son testament le i8 mars 1622, et mourut le 22, à Rome, où il avait passé les dernières années de sa vie.

Armes : Tranché de sable et d'argent.

(i) Cette chaire fut remplacée, en 1784, par celle que fit sculpter Mgr de Béni.

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