CHAPITRE VIII
Translation des restes de Mgr de Laval.—Procès de canonisation.—Vertus.— Miracles.
Depuis plus d’un siècle et demi, Mgr de Laval dormait en paix dans la vieille cathédrale de Québec, lorsqu’en 1878, l’'exhumation de ses ossements bénis, retrouvés intacts, pro-
duisit parmi la population canadienne les plus vifs sentiments #
de joie religieuse.
Le Séminaire de Québec, tout retentissant encore du nom de Laval, tout embaumé de ses vertus, en fut particulière. ment ému. Avec instance, il sollicita du curé de Notre. Dame, l'honneur insigne de recevoir dans sa chapelle, les restes vénérés de son illustre fondateur. «Il est notre bien: faiteur, disait la supplique. Il est notre plus beau modèle. Il est, nous en avons ia ferme espérance, notre protecteur au ciel.» Ces titres si nombreux et si légitimes obtinrent aux enfants de Laval, la réalisation de leurs vœux les plus chers Le 15 mai 1878, avait lieu la translation intime des restes de l'illustre pontife, dans la chapelle du séminaire. Merveilleuse coïncidence, ou plutôt permission de la Providence, les cendres de Mgr de Laval étaient ainsi ramenées, après cent soixante-dix ans, à l’endroit même où s’exhala son dernier
soupir. En effet, l'histoire manuscrite du séminaire nous}
donne les renseignements suivants :
« Après l'incendie de 1705, Mgr de Laval fut l'hôte des RR. PP. Jésuites, pendant deux mois. Puis on lui dressa un
petit
lam poisin actue hang st m( à l'end Cet Laval.
ville, « fesseu laissa
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Mais de la tait I:
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enfin :
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Com trav autrefc chapel 6 rigés Latesse cathéd grande
| (a) Cet
RP SIERRA SAR SAT petit appartement dans l'endroit du séminaire que les lammes avaient épargné, c’est-à-dire dans la partie la plus Voisine de la cathédrale, située à la place de la chapelle actuelle, Rien n'indique que plus tard, il ait été obligé de hanger de logis. Il est donc probable que Mgr de Laval ist mort dans cette partie du séminaire bâtie à cette époque, à l'endroit même de la chapelle actuelle. » (a)
Cette cérémonie de la translation des restes de Mgr de Laval, qu'on a qualifiée d’intime, car, à part le clergé de la jille, on n’y avait convié que la famille, c’est-à-dire les proesseurs et les élèves de l’Université et du Séminaire, ne laissa pas d’être accompagnée d’une grande pompe. Plus de quarante prêtres en rehaussaient l'éclat.
Mais rien n'égala l'enthousiasme qui se manifesta le jour de la translation solennelle, le 23 mai 1878. Tout le pays était là : les archevêque et évêques, au nombre de neuf, blus de quatre cents prêtres, le lieutenant-gouverneur de la Province de Québec, plusieurs ministres locaux et fédéraux, D'Université Laval, les différents corps religieux et civils, enfin une foule immense accourue pour rendre hommage à l'illustre fondateur de l’église du Canada.
Comme au jour de ses premières funérailles, Mgr de Laval a traversé les rues de son cher Québec, s’arrêtant comme autrefois, dans chacune des églises de la Haute-Ville et des chapelles des communautés religieuses. Les catafalques érigés dans ces sanctuaires surpassaient en luxe et en délicatesse tout ce qu’on avait vu jusqu'alors. Mais la vieille cathédrale semblait avoir gardé pour elle, le cachet de la grandeur et de la majesté.
n.—Vertus.—
lormait en u’en 1878, tacts, prosentiments #
re du nom rticulièrede Notre.
apelle, les otre bienu modèle.
protecteur inrent aux plus chers.
s restes de veilleuse Jence, les après cent on dernier aire nous f
l'hôte des
dressa un (a) Cette chapelle a été détruite par l'incendie du 1er janvier 1888,
A la porte de cette église, Son Excellence Mgr Conroy, Ps Ce délégué apostolique au Canada, reçut le brillant cortège. B Mgr l'archevêque de Québec, quinzième successeur de Mgr À arr de Laval, aujourd'hui Son Éminence le cardinal Taschereau SS .;.1 chanta le service. Personne n'a oublié avec quelle éloquence ÿ À par ! Mgr Antoine Racine rappela à l'immense auditoire, les vertsÆSSS Do de Mgr de Laval, et les grands traits de sa vie, et démonta## j: la fécondité de son apostolat et la durée de ses œuvres. CR Lara
Puis le cortège se remit en marche pour la chapelle du , x séminaire. Le dernier libera annonça la fin de la cérémonie Ë croit
avait
religieuse, et les restes précieux du premier évêque de Québec Se furent déposés sous les voutes de ce monument qu’il éleva Su qe lui-même à la gloire de la religion et de la patrie. .
Les circonstances étaient favorables, et le vœu populaire Mi Éapost s'était clairement manifesté au milieu de ces fêtes splendides: rendu cette translation des restes de Mgr de Laval faisait désirer ESS crand un triomphe encore plus éclatant, et soupirer après La fôte SSS jius r des fêtes, celle de la glorification de l'illustre serviteur de #S Ce. Dieu. Aussi une supplique fut de suite adressée à nos prouv seigneurs les évêques de la Province, pour que, sur leur SSS ns à demande, le procès de canonisation de Mgr de Laval fit : ben re autorisé par le Saint-Siège. serait
Les prélats consentirent de suite avec joie à faire cette à M.] dé,narche et, comme l’on sait, le premier procès est déjà ESS faire. terminé et soumis à l'approbation de Sa Sainteté Léon XII Il rep
Pour qu’un saint soit canonisé, i] faut prouver sa réputa SR naitre tion de sainteté, ses vertus héroïques et ses miracles ; et ce conna n’est qu'après plusieurs procès très difficiles que Rome st lumièr prononce et autorise le culte public. D Gclisc.
c'est Li
zr Conroy, 1t cortège, Ë ir de Mgr & aschereau, M éloquence & , les vertus ; démontra | livres. 5 hapelle du # cérémonie de Québec Ms qu’il éleva
Ce qu'on a déjà vu, suffit à prouver que Mgr de Laval avait à sa mort une grande réputation de sainteté, qui est parvenue jusqu'à nous, après avoir subi l'épreuve de deux sivcles. Ses vertus éminentes ont été reconnues et admirées par tous ses contemporains.
Dounons-en quelques témoignages.
La mère de l’Incarnation parle ainsi du zèle de Mgr de Laval :
» Notre prélat est très zélé et inflexible, zélé pour ce qu'il croit devoir augmenter la gloire de Dieu, et inflexible pour
Ene point céder en ce qui est contraire. Je nai point encore
vu de personne si ferme que lui en ces deux points.» Toutes
bles œuvres de Mgr de Laval porte le cachet de cette ardeur
| populaire :
splendides:
sait désirer & brès la fête rviteur de ssée à nos +, sur leur Laval fût
faire cetie s est déji Léon XII & sa réputa D les ; et ce e Rome se
apostolique à laquelle Mgr de Saint-Vallier a également rendu un éclatant témoignage, lorsqu'il a dit : «Ma plus grande peine est de trouver une église où il ne nous parait plus rien y avoir po’. exercer mon zèle. »
Ce zèle, chez Mgr de Laval, était, comme nous l'avons déjà
prouvé, réglé par la plus aumirable prudence. Ilne faisait rien
sans consulter, aussi s’adressait-on à lui de toutes parts pour
Len recevoir des conseils, sachant que tout ce qu'il dirait
serait dicté par la plus grande sagesse. M. Tronson écrivait à M. Dollier du Séminaire de Montréal : «Il ne faut rien faire... sans consulter Mgr l'évèque de Québec l'ancien...
Il repasse cette année au Canada; et ses vues feront con- À naître ce que Dieu demande de nous en cette occasion. Vous connaissez sa piélé, son désintéressement, sa prudence, et ses À Lumières 3... il counaît mieux que personne l'état de son Léglise, Nous ne cherchons tous que la volonté de Dieu, et
c'est là le moyen de la connaitre. »
Nous sortirions du cadre que nous nous sommes tracé, si
: : ont et nous voulions entrer dans le détail de toutes les vertus que Lis di Le pratiqua à un si haut degré le premier évêque de Québec, To »
Laissons seulement parler un témoin qui nous donnera une Eufis idée de la foi, de l’espérance, de la charité, de l'humilité et Leur : de la mortification du saint prélat. Le crifi Ce témoin, c’est le bon frère Hubert Houssart, qui fut ss pour | attaché au service de l’évêque, pendant les vingt dernières ayant années de sa vie. A la mort de Mgr de Laval, il écrivit une Mi Last d longue lettre à M. Tremblay du séminaire de Paris. Cette BR Et d'y n La LA La A . ; . , . ; ° lettre a été publiée pour la première fois dans l’Abeille, et nous nour allons en donner quelques extraits. nil Le j Grande «Monsieur, :
douleur » Vous avez déjà, sans doute, appris la mort de Mgr de mort, n 74 : or Av ’ .
Laval, ancien et premier évêque du Canada, et ce n’est pas Les souf pour vous en informer que je prends la liberté de vous et pour écrire....., mais pour vous témoigner combien cette mort et » Mai la séparation d’un si bon, si saint et si charitable maître m'a quand i été sensible........Mais la consolation qui s’est mêlée parmi avec laq
la tristesse, en voyant un saint mourir en saint, après avoir Sup d'a vécu en saint, a été un très grand soulagement à ma peine, Suvés
aussi bien qu’à celle de tout le séminaire et de tous les peuples SSSumili du Canada, et la haute idée que nous avons tous de la grande gloire que possède dans le ciel notre défunt et notre commun Père, nous fait espérer que, par son intercession et son crédit ES onir auprès de Dieu, il nous dédommagera copieusement de la personne perte que nous avons faite de sa sainte présence. Plusieurs l'ont déjà éprouvé dans le soulagement qu'ils ont reçu dans leurs peines et infirmités, par l’invocation et le recours qu'ils
véritable
grande i
seule de elles étaid
es cœurs
a. En Re tre ds rar nm A MGR D£ LAVAL 67
tracé, si ont eus à notre dit saint défunt, comme vous l’apprendrez par FU: que une autre voie. : Québec. » Toutes les personnes du séminaire doivent avoir une nera Une SE nfiance très particulière aux mérites et intercessions de amilité et leur premier Père ; car Sa Grandeur s'étant offerte en sacrifice, comme Elle fit, six jours avant son saint trépas, , qui fut à pour porter la peine de tous les péchés du séminaire, et dernières js ayant prié Dieu de l’exterminer Elle seule... ; ayant prié crivit une DS ss de détruire entièrement le péché de sa sainte maison is. Gette et d'y maintenir jusques à la fin des siècles le très saint e, el nous amour et le véritable culte de Dieu et de la très sainte
famille de Jésus, Marie, Joseph, et des saints Anges, et Sa
Grandeur ayant été exaucée par le redoublement de ses
Bdouleurs, qui furent excessives depuis ce jour-là jusqu’à sa
le Mgr de e n’est pas & de vous te mort el naître m'a lée parmi
mort, nous avons tout lieu de croire qu’il nous à acquis par
ses souffrances des grâces particulières, pour éviter le péché et pour pratiquer la vertu.
» Mais je ne puis, monsieur, me dispenser de vous dire que, quand il me revient en la mémoire l’accent et la ferveur avec laqueile Sa Grandeur prononçait ces paroles et beau-
près avoir coup d’autres pleines de feu et d'amour, les yeux et les mains
ma peine,
élevés vers le ciel, avec des sentiments extraordinaires Les peuples la grande e commun son crédit nent de la Plusieurs reçu dans ours qu'ils
dhumilité et de mépris de soi-même, et des retours d’une véritable confiance en Dieu, nonobstant, disait-elle, sa très
grande indignité, j'en ai le cœur si pénétré, que je ne puis
retenir mes larmes ; je souhaitais pour ors que toutes les personnes du Canada eussent pu enten re chacune, une
seule de ses paroles, pour en être toutes embrasées ; car elles étaient toutes capables de pénétrer, attendrir et enlever es cœurs, mème les plus endureis.
» Je ne doute pas, monsieur, que vous n'ayez aussi appris la distribution qui a été faite, à la grande instance des peuples du Canada, du linge trempé et teint du sang de mon dit Seigneur, de ses cheveux et de ses habits...
» Vous serez, sans doute, bien aise que je vous fasse un petit détail de quelques actions communes et ordinaires de Sa Grandeur, qui m'ont le plus touché, et m'ont fait prendre la résolution, plus de quinze ans avant sa mort, d'en agir AITIBÉ soso
» Ge qui m'a toujours tenu dans la surprise et dans l’admi. ration, a été de voir un homme d’un aussi grand mérite, .….…. d'une aussi grande vénération, et aussi utile en ce pays que l'était monseigneur, cassé et rompu de vieillesse, de fatigues et d’infirmités jusques à l’âge de quatre-vingt cinq ans, être aussi exacte que l'était Sa Grandeur à se mor. tifier en toutes choses...
» 10 De coucher sur un très chétif matelas sur les plan- Es
ches. .…...., à faire tous les jours lui-même son pauvre lit,
jusqu’à la fin de sa vie, sans permettre que j'y touche que très rarement...
» 2 De ne se jamais coucher qu'il n’eût dit et ne se fût acquitté de tous ses offices, prières, lectures, chapelets, etc, quelque tard qu'il füt et quelqu'affaire qu'eut eue Sa Gran: deur, et quoiqu'il se couchât fort tard, ne jamais manquer à se lever, pendant plus de quinze ans, à deux heures du matin, (je ne parle que du temps que j'ai servi Sa Grandeur, car plus de trente ans auparavant, Elle se levait à la même heure), et les cinq dernières années de sa vie sur les trois heures. Et de se lever pendant les dites quinze années et celles d’auparavant, tout seul, sans feu, n'ayant point de
poû pen
lant
qui trav fort » À moy doul port les s caui qu'E et av point saint consi
méde sainte » D
office
porte que d de ce du Va puisse la mo
ssi appris ance des g de mon ; fasse un inaires de } it prendre d’en agir
uns l’'admind mérite,
itile en ce!
vieillesse, aatre-vingt r à se mor-
r les plan. 5 pauvre lit, |
ouche que
ne se füt pelets, etc, e Sa Gran:
manquer à s du matin, indeur, Car \ la même r les trois e années el t point de
ER EEE
poêle dans sa chambre, où il gelait très fort toutes les nuits pendant l'hiver... sen aller à quatre heures à l’église, la lanterne à la main, en ouvrir les portes, sonner sa messe, qui était la première, de quatre heures et demie, pour les travaillants, et rester à l’église ou à la sacristie, qui était fort froide et incommode pour lors, jusques à sept heures...
»40,...Sa Grandeur cherchait tous les jours les moyens qu'Elle pouvait s’imaginer pour se procurer des douleurs et des souffrances, comme, soit par exemple, de porter presque tous les jours le cilice, et de le quitter tous les soirs en cachette, de neur que je ne le visse en pansant le cautère qu'Elle avait au bras, et sur ces dernières années, qu'Elle ne pouvait presque plus agir, le porter jour et nuit, et avoir un très grand soin et faire en sorte que je ne le voie point en pansant le dit cautère.....….. De dire assidûment la sainte messe, nonobstant des ouvertures et des plaies très considérables et très sensibles qu'Elle avait aux jambes et aux pieds, et que nos messieurs et même monsieur le médecin lui représentassent le tort qu’Elle faisait à sa santé, en se gènant et souffrant, comme Elle faisait, pour dire la sainte messe,
» D'assister, en ces états et avec toutes ces plaies, à tous les offices de la cathédrale, quelque froid qu’il fit, et de s’y faire porter quand Elle ne put plus marcher. C’est dans la pratique de cette ferveur et dans l'exercice de cette dévotion et
de cette haine d’Elle-même, qu'Elle gagna pendant l'office
du Vendredi-Saint, par un des plus grands froids qu'il se puisse faire en Canada, une engelure au talon qui lui a causé la mort...
» J'aurai plutôt fait, monsieur, de vous dire en deux mots, que, quand il s'agissait du service de Dieu et de la charité
du prochain, aucune douleur ni infirmité n'étaient capables
d'y faire manquer Sa Grandeur en un seul point...
» Mais ce qui fait mieux connaître la patience de Sa Gran-
deur dans ses plus grandes plaintes, c'est que, quand on vou lait avoir égard à ses douleurs et à ses plaintes et qu'on
voulait l’'épargner, Elle voulait qu’on fit ce qui était néces. | saire à ses plaies sans avoir égard à ses plaintes et douleurs. # » En pansant la plaie qui lui a causé la mort, sa douleur |
était si grande que tout le corps lui en frémissait ; il se plaignait d’une manivre à tirer les larmes des yeux de ceux
qui étaient présents. Le bon frère Boussat, y étant un jour, À
dit à Sa Grandeur par compassion : Eh bien! Monseigneur, que voulez-vous que nous fassions ? que mettrons-nous sur votre plaie? Sa Grandeur lui répondit d’un accent tout transporté et embrassé de l'amour de Dieu, et les mains jointes: Mon frère, je ne veux que Dieu, faites tout ce qu'il vous plaira et ce que vous jugez qu’il faut faire...
» 00 La mortification au boire et au manger n’est pas le moindre point de ses vertus ; au contraire je crois que c’en tu os DlUB EPA. searenaniientadianeinns
» Je l'ai vu plus de cent fois garder de la viande cuite dans sa chambre (car comme vous le savez, monsieur, Sa Grandeur a toujours mangé dans sa chambre, pendant les vingt dernières années de sa vie), je l'ai vue, dis-je, garder
de la viande cuite, cinq, six, sept et huit jours, dans les cha-
leurs de l'été, et, lorsqu'elle était toute moisie et pleine de vers, Elle la lavait dans de l’eau chaude ou dans du bouillon
seulem
larmes
de si très » J
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l'âge,
Bne m
jai e soit F bien « dant sa tab son li » M que S et tou mes a c'est © le gra connai
bles et cœur &
un poi!
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eux mots,
la charité L capables Sa Granid on vous et qu’on tait néces.
douleurs.
a douleur sait; il se x de ceux
nt un jour, à
nseigneur, s-nous sur ccent tout les mains put ce qu'il
DECERELELELEEL
n'est pas le s que c'en lande cuite bnsieur, Sa endant les -je, garder
ns Les cha-
t pleine de u bouillon
de sa soupe, et ensuite la mangeait et me disait qu’elle était très bonne...
» En un mot, je puis dire sans exagération que toute la vie de Sa Grandeur n’était qu'un jeûne continuel, car Elle ne déjeunait point, et ne prenait. tous les soirs que la valeur d'une légère collation...
» 66 Un autre point de mortification et d’humilité fort extraordinaire, en une personne du rang, de la dignité, de l'âge, et des infirmités de monseigneur, est que Sa Grandeur
Dne m'a jamais permis, pendant toutes les vingt années que
j'ai eu l'honneur d’être à son service, de faire quoi que ce soit pour son service, qu'Elle ne l'ait pu faire elle-même, si bien qu’il fallait que je demeurasse les bras croisés... pendant que Sa Grandeur faisait son feu, balayait, desservait sa table, lavait son petit meuble de table, s’habillait, faisait son lit, etc., etc...
» Mais si j'ajoutais à cela et si je racontais toutes les fois que Sa Grandeur, nonobstant ma grossièreté, mon ignorance et toutes mes mauvaises qualités, me consultait, demandait mes avis, me priait, quoique je ne fusse que son valet... c'est ce qui faisait l’étonnement des personnes qui ont connu
le grand mérite, les grandes lumières et la profondeur des
connaissances qu'avait Sa Grandeur... quand je pense
seulement à ces manières si tendres, si charitables, si hum-
bles et si déférentes de Sa Grandeur à mon égard, j'en ai le cœur si attendri que je m'en expliquerais mieux par mes
larmes que par mes paroles.
» & Pour ce qui regarde sa charité et ses aumônes, c’est
un point où les personnes qui ont le mieux connu Sa Gran- \deur auraient peine à en faire connaitre toute l'étendue. J'ai
autant de témoins de cette vérité qu’il y a de personnes en
»..Sa Grandeur, l'automne dernier avant sa mort, se K voyant sans avoir de quoi faire l’aumône, Elle fit tout son À
possible pour en avoir du Séminaire, mais le Séminaire étant lui-même à l'extrémité, n'ayant pas la moitié de ses besoins les plus essentiels, et ne pouvant rien donner à Sa Grandeur pour faire ses aumônes (car ça toujours été Elle
qui les a distribuées de ses propres mains), Elle me dit, d’une $
manière fort triste et fort touchante, qu'Elle ne pouvait pas
vivre longtemps, si Elle n'avait pas de quoi donner aux pau: vres, et effectivement Sa Grandeur n’a plus vécu que six mois DS après, et Elle s’est trouvée si dénuée des biens de ce monde, : qu'Elle n'avait pas en mourant la valeur d’un sou dont Elle B
püt disposer en faveur des pauvres...
«Quelques mois avant sa mort, je vis encore, dans le fond
de sa cassette, un petit couteau de cinq ou six sous, Je le
demandai à Sa Grandeur, et Elle me le donna, mais d’une
manière et d’un ton à me tirer les larmes des yeux : Hoi
enfant, me dit-Elle, si je possède encore ce couteau, je vous le: M
donne de bon cœur, afin de ne posséder plus rien sur la terre, et que je sois entièrement dégagé de tous les biens de ce monde.
«10° Je n'ai garde, monsieur, d'entreprendre de parler de ss
la haute contemplation et de l'union continuelle que mon:
seigneur avait avec Dieu, ce sont pour moi lettres closes, et li je dois bien me contenter d'admirer ces voies sublimes et}
élevées dans lesquelles Dieu a conduit Sa Grandeur... «.L'aversion qu’'Elle avait des moindres choses qui pour
vaient tant soit peu ternir le lustre et la pureté de son âme, #
les rar pet san lag ser reli { inte etfe d'ét dan de] mot dév fait et Le gén der mir mer gnet
eux.
du f
‘sonnes en ……….la portait à se confesser tous les jours, avant de dire
la sainte messe.
mort, se «…#Et c'est ce qui m'a excité à prendre la résolution, dès it tout son les premières années que j'ai été auprès de Sa Grandeur, de Séminaire ramasser tout ce que je pouvais qui ait appartenu à sa sainte tié de ses personne, et, depuis son trépas, à tremper des linges dans son onner à Sa sang, lorsqu'on l’a ouvert, à enlever quelques os ou cartis été Elle MN lages de dessus sa poitrine, et à couper ses cheveux, et con- > dit, d’une À server ses habits, et tout cela pour servir de très précieuses OUVait pas reliques.
r AUX pat: «Je crois, monsieur, que vous et toutes Les personnes bien ae six mois 0 intentionnées, approuveront mon procédé en cela, comme ce monde, è effectivement plus de trois mille personnes de toutes sortes dont Elle À d'états et conditions l'ont approuvé en Canada, en deman-
dant avec empressement, et s’estimant bienheureuses à‘'avoir
CORRE EEEETS s
Lans le fond de petites parcelles du dit linge et de ces précieux restes de
sous, je le Mi mon dit Seigneur, qu'ils portent sur eux avec respect et mais d’une À dévotion; des capitaines mêmes et officiers de troupes ont eux : Mo D fait faire exprès des reliquaires d'argent pour y en enfermer , je vous le D ctles porter sur eux, étant mûs à cela par l’idée et l'estime ur la lerre, générale que chacun a du grand mérite et de la haute sainteté
ce monde. de mon dit Seigneur, et par les secours extraordinaires et
miraculeux que plusieurs ont reçus et reçoivent journelle-
e parler de
ment dans leurs infirmités, par l’invocation de mon dit Seigneur, en s'appliquant les dites reliques ou les portant sur CU as
que mon s closes, el
sublimes et
sde » Fr. H. Houssarr.n
es qui pou Comme on le voit par cette lettre touchante et admirable du frère Houssart, les miracles eux-mêmes n’ont pas manqué
e son âme,
à la gloire de Mgr de Laval ; mais, malheureusement, il n'y en a pas eu de procès-verbaux, ou, si on en a faits, ils ontété
perdus comme ceux dressés par M. le grand vicaire Glandeiet, Plusieurs guérisons extraordinaires ont été attribuées à Mgr de Laval, depuis la translation de ses restes, et nous pourrions en citer un grand nombre. Contentons-nous de la suivante, qui est absolument inédite, et que nous tenons de la bouche même de Mgr Gravel, évêque de Nicolet.
En 1882, mademoiselle Rosa Hébert, alors âgé de 13 ans, était en promenade à Saint-Hyacinthe, dont Mgr Gravel était alors le curé.
La pauvre enfant souffrait d’une surdité qu’elle avait contractée à l’âge de deux ans, à la suite de fièvres scarlatines : elle ne pouvait rien entendre de ce qui se disait autour d'elle, et ne parvenait à comprendre qu’à l’aide de signes, et en suivant le mouvement de: lèvres de ceux qui lui parlaient. Mgr Gravel l'ayant rencontrée, lui demanda si elle désirait guérir, et si elle consentirait à porter sur elle une parcelle du tombeau de Mgr de Laval, et à réciter tous les jours la prière autorisée par Mgr l'archevêque de Québec. La pieuse enfant consentit avec joie, et se mit à invoquer
avec ferveur son nouveau et puissant protecteur, et à porter la petite relique. Presque de suite, ilse produisit chez elle un changement remarquable, et chaque jour le mieux s’accentuait d'avantage : si bien que, quelques mois après, mademoiselle Hébert put fréquenter les classes avec la même facilité que les autres élèves, trouvant même que celles-ci parlaient trop fort autour d'elle. L'enfant, sa mère, et toute sa famille considèrent cette cure comme miraculeuse, et l’attribuent à l'intercession de Mgr de Laval.
re, un Bsprit ( AU VEL
Villence
lil SOT » C'e:
nera » Ce ribué
RP EE EE MR ES SERRE nt, il n'y Mademoiselle Hébert demeure actäellement aux États- Is ont été nis ; elle entend parfaitement. Le médecin qui l'avait soilandeiet, née, est prèt à rendre témoignage en faveur du miracle. es à Mgr La vénérable mère de l’Incarnation avait donc bien raison ourrions M dire que « Mgr de Laval porte les marques et le caractère suivante, | un saint, » puisqu'il a la réputation et les vertus d’unsaint, à bouche qu'on lui attribue, justement il semble, un grand nombre de guérisions miraculeuses. Cependant, n'oublions pas que e 13 ans, a canonisation d’un saint est l’une des plus grandes faveurs : ivel était que le ciel puisse accorder à un pays. Ge ne sont pas quelques prières isolées, mais les prières, les cris vers le ciel, de Ile avait out un peuple, qui obtiendront de Dieu la glorification du s scarla- premier évêque et du père de la Nouvelle-France. se disait © Dans une lettre que Mgr Legaré nous faisait l'honneur de l'aide de nous écrire, en 1887, pour nous encourager à publier une ceux qui à otice biographique sur Mgr de Laval, nous trouvons le emanda passage suivant :
sur elle « D'après les témoignages qui ont été rendus dans le proiter tous ès préliminaire de sa béatification, Mgr de Montmorency- > Québec. Laval a été un nouveau François-Xavier par son zèle d'apôinvoquer re, un nouveau François d'Assise par sa mortification et son à porter Bsprit de pauvreté ; un nouvel Ambroise par sa fermeté à ezelleun Bauvegarder les droits de l'Église ; un nouveau Thomas de
s’accen. SSWilleneuve par sa prudence et sa sagesse. On voit rayonner nademoi- sur son front l’auréole de toutes les vertus.
e facilité | » C’est notre ferme espérance qu’un jour l’Église lui décerparlaient era un culte public.
famille » Ge sera votre bonheuï, mon cher confrère, d’avoir con-
ibuent à ribué par votre publication, à cet heureux événement. »
Oui, nous l’espérons, un jour viendra où, «de Rome, li cité des triomphes et des longs souvenirs, la parole infaill.f ble du Père commun de tous les fidèles annoncera au monde” à la Ville, que le nom de Laval est consigné au livre du ciel M Et si l'Église glorifie son serviteur par cette couronne qu'elk ne réserve qu’à l’héroïsme de la vertu, et à une sainteté irri cusable, cette glorification sera le plus précieux, le plus bril# lant rayon de gloire attaché au front de l'église de Québu
» Votre image, mille fois bénie, Ô Laval! apparaîtra ra dieuse sur nos autels ; et au culte de l’admiration et de lis reconnaissance, le peuple canadien, que vous avez tant aim # ajoutera celui de la prière et de l’invocation. » (a)
(a) Éloge funèbre de Mgr de Laval par Mgr Ant. Racine.
Rome, hi ole infaill.
à au mond: M vre du ciel le nne qu’ell: 3 ainteté irri M le plus bril # de Québec M Jaraîtra ra M n et de lim z tant aimé M
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