CHAPITRE III
Prise de possession du siège de Québec.—Les Zouaves pontificaux.—Le IVe Concile Provincial. — Le Concile du Vatican. — Incendie du Saguenay. — Les Féniens.—Dernière visite épiscopale. —Maladie et Mort de Mgr Baillargean. —Oraison funèbre.
Le 28 août 1867, Mgr de Tloa rendit les derniers devoirs aux restes vénérés de Mgr T'urgecn, et, le même jour, il prit possession du siège archiépiscopal de Québec. Il avait besoin de relire la devise de ses armes : Non quod ego volo, pour accepter ce nouvel honneur qu’il avait encore moins ambitionné que les autres. Depuis deux ans, il suppliait en vain le Saint-Père d'accepter sa démission, car malgré son courage, la faiblesse de sa santé lui causait de mortelles alarmes, et son humilité Ini faisait croire qu’il était incapable de gouverner l’église de Québec.
« Rien ne fut changé daus ses habitudes et dans sa manière de vivre. On rapporte que, le jour de son ascension au trône archiépiscopal, quelques prêtres se permirent de lui dire : Monseigneur, maintenant que vous êtes archevêque, il faut que vous ayez une voiture, des chevaux, enfin ua équipage conforme à votre diguité. L’archevèque réfléchit un instant, et prononça ces paroles d’une voix émue : Du travail donnezm'en, tant que vous voudrez ; mais de grâce, des honneurs, délivrez-m'en, » (a) Presque toujours malade, i! travaillaiten
(a) M. l’abbé B. Pâquet.
effei plus qu’un homme en santé et ne prenait aucun congé, aucun délassement. Il suffit de lire les nombreux mandements et circulaires qu’il publia pendant les trois années qu’il vécut encore, pour se faire une idée de ses labeurs et des événements importants qui signalèrent son pontificat.
Les yeux toujours tournés vers Rome, Mgr Baïllargeon . suivait avec angoisse les progrès de la révolution italienne et de la guerre injuste entreprise contre le Souverain Pontife. Aussi quand il fallut donner une petite armée au Père de tous les catholiques de l’univers, il n’hésita pas à recommander avec instance l’œuvre si belle et si grande des zouaves nontificaux. Il aurait voulu que chaque paroisse envoyât un défenseur au Pape, et, grâce à ses appels chaleureux, la somme de six mille piastres fut collectée, dans le diocèse, pour payer le voyage et l’entretien à Rome, des zouaves canadiens.
En 1868, Mgr Baillargeon présida aux travaux des pères du quatrième concile provincial de Québec ; et, l’année suivante, il partait pour Rome, afin d'assister à une assemblée mille fois plus auguste, le concile œcuménique du Vatican! « À Rome, dit M. B. Pâquet, pendant le concile, on sait comment l’illustre prélat a été vénéré par tous ceux qui l'ont connu, et comment son mérite et sa science ont été appréciés : il était membre de la congrégation de la discipline. Mais ce qu'on ne connait peut-être pas assez, ce sont les souffrances qu’il a endurées et les travaux qu’il s’est im posés, bien qu’à l’agonie, comme il le disait souvent au grand vicaire Taschereau.» (a)
nn, pm
(a) M. Taschereau était le théologien de Mgr Baïllargeon..