CHAPITRE III
Mgr Taschereau délégué du Saint-Siège à Montréal.—Difcuités religieuses. — M gr Conroy.—Mgr Smeulders. — Le premier cardinal canadien. — Les fêtes cardinalices.—Discours de Son Éminence le cardinal Taschereau.—Voyage à Rome pour recevoir le Chapeau.
Mgr Taschereau venait d’être consacré, quand il reçut de Rome une mission aussi honorable que difficile : celle de se rendre à Montréal, pour ménager un accommodement entre Mgr Bourget et les Suipiciens, au sujet du démembrement de la paroisse de Notre-Dame de Montréal, ou du moins pour suggérer les moyens propres à obtenir cette fin désirable. Il partit, le 2 mai 1871, et fut reçu à Montréal avec tous les honneurs dus au représentant du Saint-Siège. Après avoir entendu les deux partis, il adressa au cardinal Barnabo un mémoire élaboré, sur cette importante question, et les mesures qu’il proposait furent trouvées si sages, qu’on se hâta de les prendre pour terminer les différends et ramener la bonne harmonie.
Plût au ciel que ce fût là la seule cause de malaise dans l’église canadienne ! Bientôt les questions de l’Université Laval, des élections politiques, et d’autres encore formèrent des nuages qui assombrirent le ciel du Canada catholique.
Le temps n’est pas ar1ivé, nous l’avons dit ailleurs, d’apprécier le rôle joué par chaque évêque dans ces difficultés religieuses, et de dire en particulier ce que nous pensons de
ligieuses.— — Les fêtes au.— Voyage
l reçut de celle de se nent entre mbrement oins pour sirable. Il bc tous les près avoir arnabo un n, et les , qu’on se bt ramener
alaise dans Université formèrent atholique.
s, d'apprédifficultés pensons de
l'attitude prise par l’illustre prélat dont nous esquissons la vie. Rome crut devoir intervenir pour faire cesser des divisions regrettables, et, à deux reprises, elle envoya en Canada des délégués pour aider au règlement des affaires ecclésiastiques et politiques.
Mgr Conroy qui vint le premier donna à Mgr Taschereau, nous en avons été le témoin, de nombreuses marques du profond respect qu’il avait pour lui. Il l’aimait véritablement et le regardait comme son ami. Fatigué par de nombreux voyages et plus encore par les soucis inhérents à sa délicate mission, le prélat fut bientôt à bout de forces, et. le 28 juin 1878, se trouvant alors à Halifax, il écrivait à l’archevêque de Québec :
« Je suis accablé par le pesant fardeau dont on a chargé mes faibles épaules. Je souffre de mon isolement, et souvent je désirerais être près de vous pour confier à votre bienveillance le trop plein de mon cœur. J'ai besoin de vos prières et de vos sympathies, afin que je puisse souffrir mes petites épreuves pour le service de l'Église. » (a)
La tâche était trop lourde pour Mgr Conroy, et bientôt après avoir écrit cette lettre, il mourut à Saint-Jean de Terreneuve. En apprenant cette mort aussi soudaine que lamentable, l'évêque de Portland écrivit de suite à Mgr Taschereau pour lui offrir ses condoléances. «11 (Mgr Conroy) m'a honoré, dit-il, de son amitié et en quelque chose de sa confiance. Et c’est par cette connaissance intime, Monsei-
(a) ‘I am very weary of the beavy load laïden on my weak shoulders. I feel my solitariness very much, and I often w'sh I were near yo: tc open my heart to your kindness. I have need of your prayers and of your sympathy, that I! may suffer my little trials for the sake of the church.’?
gneur, que j'ai su en quelle estime et affection il vous regardait, et quelle considération il attachait aux vues et aux désirs de Votre Grandeur. Vous avez perdu un ami dévoué, Monseigneur, et l’église du Canada a perdu un grand appui. »
Mgr Srieulders fut le second représentant du Saint-Siège en Canada. Lui aussi fut frappé par la noble figure de l'archevêque de Québec, et, convaincu de ses hautes capacités et de son mérite, il alla jusqu’à recommander à la Propagande de l’élever à la dignité de cardinal !
Ces témoignage d'estime, unis à ceux qu'il reçut si souvent de la part du Saint-Père lui-même, pouvaient consoler Mgr Taschereau des peines qu'auraient pu lui causer les adversaires de ses vues et de sa manière d’administrer les affaires de son église. Quoiqu'il en soit, le Pape trouva qu’il conduisait si bien son diocèse, qu’il décida de l’associer au gouvernement de l’Église Universelle; le 7 juin 1886, Sa Sainteté fit entrer Mgr Taschereau dans les rangs du Sacré Collège.
«Avouons-le, dit la notice publiée dans «Le nremier cardinal canadien», si le Canada pouvait avoir quelque prétention à l’insigne honneur que vient de lui faire le Souverain Pontife, les circonstances étaient singulièrement favorables, puisque le siège métropolitain de Québec était occupé par un homme dont la vaste intelligence, la science profonde et la vertu solide offraient au choix du Saint-Père, un sujet tout à fait digne de revêtir la pourpre cardinalice, cette haute dignité n'étant que la récompense d’une vie pleine de mérite,»
Nous n'avons pas besoin de dire combien fut grande l’ailégresse produite dans tout le pays par la nouvelle de cette
Me
s regaret aux dévoué, appui. »
nt-Siège gure de es Capader à la
i souvent oler Mgr es advers affaires qu’il consocier au
1886, Sa du Sacré
pbmier care préten- Souverain vorables, cupé par ofonde et ,un sujet
lice, cette pleine de
nde l’ailéb de cette
EE
nomination. Protestants comme catholiques n’'eurent qu’une voix pour applaudir au décret portifical et pour faire l'éloge de Son Éminence le cardinal Taschereau.
Québec avait vu bien des fêtes religieuses et civiles. Elles étaient belles, en 1874, les fêtes du deuxième centenaire de l'érection du diocèse de Québec, alors que cinquante-neuf archevêques et évêques, dont les diocèses étaient autrefois renfermés dans le territoire de celui de Québec, étaient invités à célébrer ce consolant et glorieux anniversaire. Vingt-trois de ces prélats et plus de quatre cents prêtres assistaient à cette solennelle démonstration religieuse qui a laissé dans tous les cœurs une impression ineffaçable. Elles étaient belles aussi, en 1878, les fêtés de la translation des restes de Mgr de Laval, si belles que Mgr Conroy, quieut le bonheur d’y assister, ne put contenir son admiration et qu’il la manifesta dans un document public; il nous disait à nous-même qu'il n'avait vu qu'une fois dans sa vie une procession aussi digne, aussi grande et aussi solennelle. Elles étaient belles aussi les fêtes de la Saint-Jean-Baptiste en 1880, alors que toutes les sociétés canadiennes du pays et de l'étranger étaient convoquées à un congrès tenu dans la vieille cité de Champlain. Mais plus belles que toutes ces fêt. : jurent les fêtes cardinalices.
in un long volume pour en donner un compte-rendu ; ce vol: * cest intitulé : « Le premier cardinal canadien, » et il 2st le digne couronnement de toutes les démonstrations et cérémonies qui eurent lieu pendant ces jours d’universelles réjouissances. Il a porté au loin l'écho de notre joie, il adit éloquemment à Léon XIIT notre éternelle reconnaissance. Le comte Charles Gazzoli, garde-noble et délégué officiel du
Saint-Siège, vint remettre la calotte à Son Éminence. Mgr Henry O'Brien,camerier secret du Pape, fut, après lui, porteur de la barrette rouge, et Mgr Lynch, qui avait donné l’onction épiscopale à Mgr Taschereau. lui remit aussi, le 21 juillet, l’insigne de la dignité cardinalice. Un grand banquet suivit l’auguste cérémonie qui venait d’avoir lieu dans la basilique de Québec et plusieurs äiscours y furent prononcés. Celui du cardinal fut, sans contredit, le plus remarquable ; nous le citons presque entier ; s’il terminait admirablement ce banquet, il terminera encore mieux ce modeste chapitre :
« Au delà de deux siècles se sont écoulés, depuis que le premier évêque du Canada, lillustre et saint Monseigneur de Montmorency-Laval, remontait le Saint-Laurent. Pendant un mois entier que dura ce voyage,ileutle loisir de contempler les deux rives de ce fleuve majestueux dont la sublime grandeur lui faisait deviner l’immensité du pays qu'il devait évangéliser. Son œil d’apôtre se fixait ardemment et avec anxiété sur ces vastes forêts, abritant d'innombrables peuplades assises à l'ombre de la mort, et plongées. dans les ténebres de l'ignorance et de la barbarie.
« Plus d’une fois, peut-être, un nuage de découragement et de frayeur fit passer une ombre sur cette grande âme que le zèle, la foi et la charité la plus ardente ne pouvaient soustraire à l’infirmité humaine.
» Permettez-moi de vous dire une histoire, dont je ne garantis point l'authenticité, mais pour laquelle je réclame cependant une foi absolue.
«Un jour donc que Mgr de Laval avait longtemps prié, pour attirer les bénédictions célestes sur lui-même, sur ses
ent
e. Mgr porteur é l’onci, le 21 banquet dans la pronons remarit admimodeste
seigneur Pendant bntempler me granil devait t et avec bles peules téne-
ragement âme que ientsOus-
nt je ne réclame
mps prié, e, sur ses
7 à SE
missionnaires et sur cette innombrable multitude d’âmes au salut desquelles il était généreusement dévoué, un sommeil profond vint le surprendre.
» Tout à coup lui apparaît un homme portant un vêtement fait de poil de chameau et une ceinture de cuir, tel que l'Évangile nous dépeint le précurseur du Messie. (S. Matth. 111, 4.)
» Ne crains point, dit-il à l’äpôtre du Canada; je suis Jean-Baptiste, le patron des Canadiens ; je suis envoyé vers toi pour te montrer ce que deviendra ce pays.
» Ouvre les yeux et porte tes regards sur les rives de ce grand fleuve. Vois-tu ces champs fertiles qui ont remplacé les forêts dont le sombre aspect t’effrayait tout à l'heure ?
» Les maisons échelonnées sur les rives, abritent des familles nombreuses et contentes de leur sort.»
» Regarde ces villages rapprochés les uns des autres, entourant le temple où le Sauveur du monde reçoit les hommages des fidèles et verse sur eux les trésors de sa miséricorde et de son amour. Entre dans cette église de campagne et admire le sentiment profond de piété de ces hommes dont la générosité n’a pas de borne, quand il s’agit de contribuer à la magnificence de la maison de Dieu.
» Dans quelques instants apparaîtra cette ville naisssante où le vicaire de Jésus-Christ a placé le siège épiscopal que tu dois occuper. (C’est là que, pendant un demi-siècle d’épiscopat, tu travailleras à la vigne du Seigneur.
» Compte, si tu peux, les provinces et les diocèses qui sur ce vaste continent regarderont l’église de Québec comme leur mère,
» Regarde ces rochers couronnés par une citadelle imprenable; vois ce que sera dans deux siècles cette cité ou doivent reposer tes cendres; ces nombreux asiles de la piété et de la science, Vois-tu ces immenses constructions ? ce sont ton Séminaire et l’Université qui se glorifiera de porter ton nom. Écoute les accents de la joie universelle qui dans deux siècles retentiront dans tout le Canada, parce que ton quinzième successeur aura été revêtu de la pourpre. Prends part avec moi à cette réjouissance. Vois-tu assis autour de lui dans un banquet, les représentants de l'autorité civile, de nombreux prélats, une armée de ministres du Seigneur, des convives de toutes nationalités et de toutes croyances, levant les yeux et les mains au ciel pour le remercier d’un honneur qui rejaillit sur tout le Canada ?
» Le Canada si petit aujourd’hui et qui compte à peiue quelques centaines de Français, le Canada s’étendra alors d'un océan à l’autre, et ces océans seront reliés par un chemin de fer sur lequel rouleront des palais emportés par le feu et l’eau. Sans être une nation indépendante, il en aura tous les privilèges, et l’immortel Pontife qui occupera alors le siège de Pierre, fera tomber sur cette nation un rayon de lumière céleste, et la reconnaitra comme telle en appelant un de ses enfants à partager avec lui la sollicitude de toutes les églises. A cette occasion, il déclarera solennelment qu’il a voulu récompenser la foi de cette jeune nation destinée à de grandes choses et son attachement au Saint- Siège. Tels seront alors les fruits de cette vigne que tu vas planter et cultiver. Tes sueurs n'auront donc pas été stériles.
« À la vérité, tes successeurs, comme toi-même, auront des fatigues à endurer, des combats à livrer, des jours d'angoisse,
PARC le imprea doivent ; et de la sont ton ton nom. lans deux ton quin- Prends autour de é civile, de gneur, des croyances, ercier d’un
te à pelle ndra alors ss par un mportés par ante, il en i occuperä nation ul ne telle en sollicitude a solennelhne nation ht au Saintque tu vas té stériles.
auront des d'angoisse,
des tentations de découragement : il y aura des guerres, des luttes intestines, toutes les misères de cette vallée de larmes. Mais l'or s’éprouve et se purifie par le feu, et les pensées de Dieu qui permet ces épreuves sont trop profondes pour être toujours comprises par l'intelligence humaine.
« Un siècle après ton arrivée, il y aura une guerre terrible entre les deux plus grandes puissances du temps. Voisines sur ce continent nouveau comme sur l’ancien, elles y transporteront leurs querelles Européennes, et le Canada, après une résistance héroïque, passera sous la domination de l'Angleterre. Il y aura grande désolation dans toute la famille canadienne-française. Pour tout cœur bien né, c’est une agonie que d’être séparé d’une mère chérie. Consoletoi, pauvre famille orpheline, la Providence veille sur toi, et ce sera précisément cette douloureuse séparation qui fera ton salut et ton bonheur. La France sera bouleversée de fond en comble, elle sera comme une ville bâtie sur un volcan toujours prêt à l’anéantir. Pendant ce temps, la famille canadienne aura sans doute ses jours d'épreuves et de luttes, mais à la tempête succèdera le calme, elle grandira avec une rapidité étonnante; elle envahira pacifiquement ses immenses forêts, puis se répandra peu à peu d’un océan à l’autre, et jusque dans une grande république voisine; et tout cela parce que sous l'égide de la puissante Angleterre, elle jouira de toute la liberté religieuse et politique qu’il est possible de désirer. Elle vivra en profonde paix avec les autres familles de diverses origines et de différentes croyances et participera aux avantages que l’union et la concorde produisent infailliblement. Ce sera juste le moment que l’habile Pontife qui gouverne l'Église, choisira pour lui donner une marque
solennelle de son affection, et acquitter une dette de reconnaissance pour les courageux défenseurs que cette nation lui aura envoyés dans les jours de péril.
« En ce temps-là, l'Empire Britannique, sur lequel le soleil ne se couchera point, sera gouverné par une Souveraine dont les vertus feront l'admiration et l'édification de ses innombrables sujets, en même temps que sa justice et sa bonté la leur rendront chère comme une mère à ses enfants.
« Que Dieu la conserve longtemps à leur affection !
« A peine saint Jean-Baptiste,le plus canadien des canadiens, avait-il prononcé ces paroles de loyauté vraiment canadiennes, qu’un coup de canon annonce l'entrée au port. Mgr de Laval se réveille tout consolé et émerveillé de cette vision, et se prépare à prendre possession de cette terre qui est devenue sa patrie.
«J’ai fini mon histoire.
«A vous de la juger.
«A moi de vous remercier de la bienveillance avec laquelle vous laver 6000: rreénssdiensinsseernridarsrene n!
Il ne restait plus au cardinal Taschereau qu’à recevoir le dernier insigne du cardinalat. Il partit pour Rome, le 26 janvier 1887, et le 17 mars suivant, Sa Sainteté Léon XIII lui remit le chapeau, et lui assigna pour titulaire l’église de Notre-Dame de la Victoire. Son Éminence en prit possession deux jours après et se hâta de revenir dans sa ville épiscopale. Ce voyage à Rome était le troisième que le cardinal eut fait depuis sa consécration.
nn
e reconation lui
lle soleil “aine dont 8 innom- , bonté la n!
canadiens, canadien- +. Mgr de e vision, et est devenue
ec laquelle
le cardinal
Règlement de vie du cardinal. — Ses travaux. — Ses mandements. — Ses visites pastorales.—Son zèle pour la colonisation et l’établissement de nouvelles
paroisses. —Saint-Joachim.—Longue vie à Son Éminence !
I] serait difficile d'imaginer une vie mieux réglée que celle du cardinal Taschereau. Levé tous les matins à cinq heures, il commence sa journée par l’oraison mentale, exercice auquel il ne manque jamais. A six heures, Son Éminence dit la messe au maître-autel de la basilique, quand des cérémonies religieuses ne l’appellent pas dans quelque communauté de sa ville épiscopale. Son action de grâces terminée, il prend un frugal déjeuner, qui dure à peine dix minutes et souvent moins; alors, qu'il fasse froid ou chaud, tempête ou beau temps, pluie, neige ou soleil, il se rend au jardin du séminaire, pour respirer le grand air et ranimer ses forces par un exercice modéré. Si le temps le permet, il récite en même temps son bréviaire et avant huit heures il est rendu à son bureau, où il travaille invariablement jusqu’à midi. Peu de princes de l’Église sont d’un abord aussi facile que le cardinal Taschereau. Tous ceux qui ont affaire à lui sont certains de pouvoir obtenir une audience, et sans faire antichambre. Sa porte n’est fermée à personne ; les plus petits et les plus pauvres peuvent de suite, quand ils se présentent, exposer leurs besoins et demander des faveurs à Son
Éminence. On lui reproche de parler trop peu ; s’il parle
peu, que de temps précieux il se ménage par ce moyen ! Et que de vertus il pratique ! Et quel exemple pour ceux qui parlent trop ! En revanche, il écrit beaucoup, et pour un évêque c’est mieux que de parler beaucoup. Si quelqu'un s'adresse à lui par lettre, il est sûr de recevoir, dès le lendemain, une réponse écrite de sa main, et écrite avec autant de clarté que de précision. A midi, le premier coup de la cloche le fait descendre auréfectoire,et à midi et demi le dîner est terminé. Le cardinal est un membre actif de la société de tempérance et on peut sans crainte le citer pour un modèle accompli. Il ne boit ni thé, ni café, ni vin, ni bière. L'eau claire et le lait lui suffisent. Après le diner, il prend un peu de récréation, en marchant tantôt dans le jardin du séminaire, tantôt dans la cour, où il prend plaisir à voir les ébats de ses chers élèves du petit séminaire, qui seront toujours la portion chérie de son troupeau.
A une heure et demie, il a encore récité une partie de son bréviaire qu’il termine dans le courant de l’après-midi. Jusqu'à six heures et demie, ilest à son bureau, et c’est de là qu’il dirige toutes les affaires de son diocèse. Et quels travaux il a faits depuis qu’il est évêque ! Ses mandements et ses circulaires publiés jusqu’à ce jour forment deux gros volumes. Si l’on veut se faire une idée de l’étendue de sa correspondance et seulement sur des sujets importants, qu’il suffise de savoir que les seules lettres enregistrées forment six volumes in-folio d’à peu près neuf cents pages chacun.
A six heu; :< et demie, Son Éminence prend un souper qui dure au plus vingt minutes, ét retourne au séminaire pour une heure de recréation, passée avec les élèves du petit ou
du grand séminaire. A hvit heures, le cardinal fait sa
ren | Et eux qui pour un uelqu'un le iendeautant de la cloche er est terde tempéaccompli.
laire et le ‘écréation, antôt dans hers élèves chérie de
rtie de son après-midi.
L c’est de là quels tralements et deux gros ndue de sa tants, qu'il
es forment
chacun.
souper qui naire pour du petit ou al fait sa
prière et sa visite au Saint-Sacrement, récite son chapelet, et à neuf heures précises il se livre au repos.
Chaque mois, à une date marquée sur son calendrier, il prend un jour, et une fois chaque année six jours, pour se livrer aux exercices de la retraite spirituelle. Chaque semaine, au même jour et à la même heure, il s'approche du sacrement de pénitence ; chaque semaine aussi, il fait le chemin de la croix. Tous les samedis de l’année, à cinq heures précises, Son Éminence se rend à pied à l’église de la basse-ville, pour prier devant le Saint-Sacrement et devant la statue de Notre-Dame des Victoires.
Depuis son intronisation sur le siège épiscopal, Mgr Taschereau a présidé les trois derniers conciles provinciaux ; il a consacré six évèques (a) et ordonné deux cent quatrevingts prêtres, dont deux cent-trente pour l’église de Québec.
Chaque année, il ne manque jamais de consacrer près de deux mois à la visite de son diocèse, qu’il a déjà parcouru quatre fois dans toute son étendue, et dans ces visites cent
seize mille fidèles ont reçu de ses mains le sacrement de confirmation. Pas de missions qu’il naît vues par lui-même et dont il n’ait encouragé les commencements toujours si pénibles. C’est en se rendant compte des besoins et des ressources de nos townships, que son zèle pour l’œuvre de la colonisation n’a faitque grandir. Convaincu que pour retenir les Canadiens dans le pays, il ne suffit pas de leur donner des terres à cultiver, mais qu’il leur faut des prêtres pour bénir leurs travaux et des églises où ils puissent se réunir
(a) Mgr E. C. Fabre, Mgr A. Racine, Mgr J. T. Duhamel, Mgr L. Z. Moreau, Mgr D. Racine et Mgr L. N. Bégin. (Ces statistiques ainsi que celles qui suivent sont prises au 25 avril 1889.)
, see MH Be He jui
et prier, le cardinal s’est efforcé de multiplier les missions et les chapelles, et, par son ordre, de courageux missionnaires vont partager avec les colons les fatigues et les privations que l’on rencontre toujours dans les nouveaux établissements. Avec l’aide de la Propagation de la Foi et d’une société de colonisation dont ji! est le fondateur, il à érigé canoniquement quarante paroisses et établi trente-et-une missions, dont dix ont actuellement un curé résident.
Dieu a visiblement béni les œuvres de son serviteur fidèle. Et cette bénédiction, le cardinal l’attribue en grande partie à la belle et touchante dévotion des Quarante-Heures, qu’il a établie dans toutes les églises de son diocèse, par son admirable mandement de l’année 1872. Ajoutons que cette bénédiction est due aussi à la grande confiance et à la piété de Son Éminence envers la sainte Vierge et envers sair : Joseph.
Au retour de ses visites pastorales, qui sont toujours extremement laborieuses et souvent pénibles, le vénérable prélat prend quelques jours de repos, dans sa paroisse natale de, Sainte-Marie, et à la maison toujours aimée de Saint-Joachim. C'est là qu'abandonnant pour un instant les soucis de la charge épiscopale, il reprend la belle vie des vacances du séminaire, et répare ses forces en respirant l'air embaumé du Petit-Cap. La, loin du tumulte des affaires, délivré des exigences de l'étiquette, au sein de la tranquillité et de la paix, 1l prend part aux promenades des élèves, gravit encore, comme il le fit l'an dernier, la cime élevée du Cap Tourmente, et repose son esprit dans ce séjour enchanteur, sanctifié et béni par la mémoire impérissable de Mgr de Laval et de Mgr Briand.
missions onnaires rivations tablisseet d’une | a érigé ite-et-une nt.
eur fidèle.
ide partie ‘es, qu'il a son admique celte t à la piété vers sair
ours extrehble prélat natale des t-Joachim.
ucis de la icances du 1baumé du élivré des é et de la
Eh Né
S. E. LE CARDINAL TASCHEREAU bio
Son élévation à la pourpre romaine n’a changé en rien le règlement de vie du cardinal Taschereau. Ceux qui demeurent avec lui savent quels combats il a fallu livrer pour lui faire accepter certains honneurs et certaines dépenses jugés indispensables à sa dignité. Simple dans ses goûts, ennemi du faste, le devoir seul peut lui faire supporter des hommages qu’il appelle aimablement des persécutions. Ce qu'il accepte le plus volontiers, c’est le travail qui accompagne presque toujours les dignités ecclésiastiques, et ce travail, il le fera longtemps encore, nous l’espérons, pour le bien de l’église de Québec.
C'est le vœu le plus sincère que forme tout le clergé diocésain, et tous ceux qui, comme l’auteur de ce livre, ont l'avantage de connaître les vertus et les h: tes capacités de Son Éminence.
Quand il! descendra un jour de son siège épiscopal, pour aller s'asseoir sur le trône qui lui est préparé au ciel, il laisse; a à son successeur un diocèse admirablement organisé, un clergé modèle, un peuple croyant et religieux, une église sanctifiée par ses évêques et honorée à jamais par les gloires du cardinalat.
Fin.
ivitencore, Cap Tourir, sanctifié aval et de
D ; Paons.
Déclaration de l’auteur... nee entree one nn secs vnne vovenenee coneee 3 Avant-propos... un en snennnnn senconnne ans 00n c00008 voue à 8
Min DE LAVAL CHAPITRE I
Naissance de Mgr de Laval.
vicaire ap-stolique de ] du Canada.
—$a vie à l’Hermitage de Caen.—Il est nommé a Nouvelle-France. —$
ee Pense sennnne sosna anne ve n00 0 pv 8 save 8 v0e LLLLEOEEPENTS
élites 7 CHAPITRE II
Arrivée.— Premiers actes épiscopaux.—Affaire de boissons aux Sauvages, — Rapports de M du Canada
la juridiction. —Vente des
gr de Laval avec les &ouverneurs
LLLELEEEOETENTE