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ville ; puis la procession se mit en marche, musique mili-
shape taire en tête, et l’on conduisit le nouvel évêque à la cathé- "És a drale, entre deux haies de mousquetaires, qui ne manquèrent anuelle, pas de saluer et de faire feu tout le long de la route.» permet. Le séminaire eut, cette fois encore, l'honneur de servir de y avait résidence au prélat, qui y demeura pendant trois mois, en , alloca. compagnie de son vénérable prédécesseur. Voici, d’après ax mille M. l'abbé Fornel, quelle était leur manière de vivre à tous 12e cent deux : « N'était-ce pas un spectacle digne de l'admiration die, trois M | des anges et des hommes, de voir le premier évêque de nt pour Québec et son successeur s’efforcer, l’un et F'AUIEE, par une payables noble émulation et par un combat de ferveur, à qui l’emporpiscopal terait dans les exercices de piété ? Ne les a-t-on pas vus l’un avait un et l’autre unir et concilier ensemble les fonctions de séminale Saint ristes et de chanoines : de chanoines par leur assiduité aux la place heures canoniales, et de séminaristes en s’abaissant aux plus. ce des bas emplois, comme de balayer et de servir à la cuisine ? » (a) Cependant la vie active allait mieux à la nature ardente fut reçu de Mgr de SatntValuer que la vie contemplaiive; et les Das le immenses besoins de son diocèse ne lui permirent, pas de se rsulines ) reposer longtemps de son voyage. Aussi se mit-il résolument Lo rendit à l'œuvre, s’occupant de la construction des églises et des jois dé : presbytères, nommant des curés dans les endroits le plusen
souffrance, distribuant aux pauvres églises les nombreux : ornements qu'il avait apportés de France, visitant les com- À munautés et même toutes les familles de sa ville épiscopale. | Bientôt il se rendit à Montréal pour suivre à peu près le mème programme qu’à Québec, et pour répandre partout les
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(a) Oraison funèbre de Mgr de Saint-Vallier.
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secours dont on avait tant besoin: on vit, en moins de quatre
ans, plus de quarante églises bâties ou réédifiées par ses soins |
en différents endroits du diocèse.
Les pauvres ne furent pas oubliés, et le prélat leur dis. tribua lui-même d'abonda 3 aumûônes. Il y avait déjà, à cette époque, un Bureau des Pauvres établi à Québec «t dirigé par le curé et par les premiers citoyens. Cette insti. tution qui ressemblait beaucoup à ce que sont aujourd’hui les admirables conférences de Saint-Vincent de Paul, avait des revenus assez considérables, et venait en aïde à toutes les familles en détresse. A l'exemple de la ville et sur l’invi. tation des deux premiers évêques, chaque paroisse s'efforçait de secourir ses pauvres, de sorte que la mendicité était à peu près inconnue dans le pays. Cependant, les infirmes et les invalides n'avaient pas encore d’hospice dans la vilie, et Mgr de Saint-Vallier songea bientôt à leur procurer un asile où ils pussent passer en paix leurs derniers jours et se préparer à bien mourir. Pour réussir dans son projet, il décida d'y appliquer les fonds du Bureau des Pauvres, qui s’élevaient à plus de deux mille livres. Les directeurs ne l’entendaient pas ainsi, et ils firent une vive opposition au prélat, appré. hendant avec raison de voir reparaître la mendicité. L’évèque réussit cependant à calmer cette opposition, en assurant qu'il se chargeait lui-même du soin des pauvres, et il com. mença de suite à loger un certain nombre d’intirmes dans la maison de Providence qu’il avait établie à la haute-ville: puis, au printemps de l’année 1689, il écrivit à la sœur Marguerite Bourgeois, pour l’engager à faire le voyage de
Québec, et pour lui confier la direction du nouvel établisse- È
ment. L’héroïque vierge se mit en route à pied, la navigation
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étant encore fermée par les glaces. « Dans ce voyage, dit l'abbé Faillon, elle eut à endurer des peines incroyables, étant obligée souvent de se trainer sur les genoux, tantôt dans les neiges, tantôt sur la glace, et quelquefois dans l’eau. A Québec, elle apprit de Mgr de Saint-Vallier, le dessein qu'il avait de la charger de l’Hôpital-Général, qu’il voulait substituer à la maison de Providence.» Quoiqu'’elle vit bien qu'une œuvre de cette nature était peu compatible avec la fin de son institut, elle ne voulut pas contrister l’énergique prélat, et se mit à travailler comme une hospitalière ; puis après quelque temps, elle établit, pour lui succéder, la sœur Anne Rioux, qui dirigeait depuis quatre ans le couvent de la Sainte-Famille de l'Ile d'Orléans. Celle-ci s’adjoignit une excellente femme, nommée Marie Pelletier, qui s’employa tout entière à la bonne œuvre, allant de paroisse en paroisse, hiver comme été, mendier ce que la charité des habitants de la colonie voulait bien lui donner, pour faire subsister les internes de l'hôpital et les indigents qui dépendaient du bureau.
Cependant Mgr de Saint-Vallier voulait asseoir sa fondation
: sur des bases plus solides, et le couvent de Notre-Dame des | Anges qu'occupaient alors les Récollets, sur les bords de la
rivière Saint-Charles,lui parut une maisontoute préparée pour
: son hôpital. Les Révérends Pères, qui désiraient depuis long- | temps s’étabiir définitivement à la haute-ville, où ils avaient ; déjà un hospice, cédèrent avec plaisir à l'évêque leur monas- . tère de Notre-Dame des Anges. C'était déjà une belle maison ; | en 1677 le comte de Frontenac, protecteur des Récollets,
à avait fait élever à ses frais un corps de logis de soixante } pieds de long sur vingt-et-un de large. « En 1678, dit Leclercq,
100 NOTICES BIOGRAPH'QUES
un ajouta une très belle chapelle en rond-point, et, l’année
suivante, uno grande sacristie par le bas, et un chœur au- . dessus pour chanter l'office divin, un grand dortoir de pierre es qui fut achevé les années suivantes, avec tous les offices lui to réguliers et un granû cloître. » on en
Par le contrat passé entre Mgr de Saint-Vallier et les Ré- que qr collets, le 13 septembre 1692, les Pères cédaient leur couvent an t0t avec les cent-six arpents de terre qu’ils possédaient sur la A lo: rivière Saint-Charles, et l'évêque s'engageait à leur payer an pré vingt-six mille livres dans l’espace de cinq ans ; de plus il partie leur permit d’ériger en couvent régulier leur maison de la née haute-ville, et leur céda un terrain d’un arpent, voisin de leur lrové hospice, et sur lequel étaient construits les bâtiments qui Saint. servaient d'Hôpital-Général. Ce fut le 30 octobre 1692 que les charge pauvres furent menés à l’hospice de Notre-ame des Anges, titi
sous la conduite d’une sœur de la Congrégation.
nance, € Les membres du Bureau des Pauvres furent nommés Sn les dets administrateurs du nouvel Hôpital-Général ; c'étaient : le E ctl'Ho
curé de Québec, M. Dupré, René-Louis Chartier de Lotbinière,
: « Con lieutenant général, Paul Dapuy, Charles Aubert de la Ches l'abbe d naye, Pierre de Bécard, Peuvret du Mesnu, et François Es rovals Magdeleine Ruette d'Auteuil. M. le comte de Frontenac et at + | PRE Mu À SIA ne de Champigny étaient avec l’évêque les chefs de l’admi pour L'é nistration. D masen Mgr de Saint-Vallier songca bientôt à fonder à Notre-Dame LS étre ré des Anges une communauté de religieuses hospitalières, et son que l'H
choix se porta de suite sur les sœurs de l’Hôtel-Dieu. Après certaines difficultés et certaines oppositions qu'il serait trop long de raconter dans cette notice, la nouvelle communauté composée de quatre religieuses prit solennellement possession
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MGR DE 3AINT VALLIER 101 du couvent de Notre-Dame des Anges. Mais quelques mois après, et en dépit des clauses formelles du conirat passé entre l'Hôtel-Dieu et l'évèque, le prélat exigea que l’'Hôtel-Dieu lui fournit deux autres religieuses, et, pour le bien de la paix, on en fit le sacrifice. En 1699, nouvelle intimation de l’évèque qui voulait que l'Hôtel-Dieu lui fournit douze religieuses en tout et douze centslivres de rentes pour l'Hôpital-Général.
Alors la mere Saint-Ignace, qui était supérieure, représenta an prélat que la perte de ces nouveaux sujets et d’une telle partie des revenus entrainerait l’appauvrissement, sinon la ruine de l’Hôtel-Dieu, dont ces douze cents livres formaient le revenu le plus clair. Irrité de cette opposition, Mgr de Saint-Vallier voulut que la supérieure fut privée de toute charge, et voyant l'impossibilité où était l’'Hôtel-Dieu de fournir le nombre de religieuses demandé, il fit une ordonnance, en date du 7 avril, par laquelle il séparait entièrement les deux communautés. Cet acte fut signé par l’'Hôtel-Dieu et l'Hôpital-Général.
«Comme il n'y avait aucun espoir de conciliation, dit l'abbe Casgrain, le chapitre résolut d'en appeler à l'autorité royale, non pas en vue de faire résilier le contrat de séparation auquel 1 n'avait, cependant, consenti que par respect pour l’évêque, comme il est exprimé dans l'acte d'adhésion, ma:s en vué de faire préciser certains points qui auraient pu être encore l’occasion de quelques difficultés. Le mémoire que l’'Hôtel-Dieu adressa au comte de Pontchartrain, alors ministre d'État, fut souris, avant d'être expédié en France, à l’ancien évêque, Mgr de Laval, qui vivait retiré au Séminaire de Québoc. Le vénérable prélat examina attentivement
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ce mémoire et le jugea en tout conforme à la vérité et à la justice.» (a)
Le ministre d'État donna pleinement gain de cause à l'Hôtel-Dieu, et même il accorda au delà de ce qui avait été demandé, car il ordonna la dissolution de l’'Hôpital-Général et le retour des religieuses à la maison-mère.
Mgr de Saint-Vallier fut atterré par la nouvelle de ce jugement, et, dans une visite qu’il fit à l'Hôtel-Dieu, il pleura d’une telle abondance, disent les mémoires, que les sœurs elles-mêmes ne purent retenir leurs larmes. Ces bonnes religieuses ne voulaient pas plus que lui, la destruction de l'hôpital maintenant établi. Par le conseil de M. de Callières, qui était chargé d’exécuter l’ordre de la cour, on se contenta de faire revenir la supérieure de l'Hôpital-Général avec les novices au voile blanc, et on y Jaissa les autres religieuses ; puis on écrivit en France, pour obtenir la confirmation du nouvel ordre de choses.
Mgr de Saint-Vallier se rendit lui-même auprès du roi, en 1700, pour plaider ia cause de son hôpital, et il le fit si bien, que, le 31 mai 1701, une décision de la cour assurait à jamais l'existence de cette maison. Le nombre des religieuses fut fixé à douze, comme l'avait demandé l'évêque et comme il en était convenu d'avance avec la communauté de l'Hôtel. Dieu.
Nous avons tenu à raconter un peu en détail l’histoire de cette fondation, car elle nous montre Mgr de Saint-Vallier tel qu'il était : avec la charité ardente de son cœur et l'impétuosité de son tempérament, son énergie indomptable et sa sévérité
(a) Histoire de l’K 5tel-Dieu.
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souvent arbitraire. Il voulait avoir nn hôpital-général, et il réussit, en dépit de toutes les oppositions, mais renversant tout sur son passage, anéantissant la belle institution du Bureau des Pauvres, et plongeant toute une communauté dans les inquiétudes et les angoisses. Il n’en fut pas moins le fondateur d’une maison, où, depuis bientôt deux cents ans, les pauvres reçoivent les soins assidus des servantes de Dieu, et où de ferventes religieuses attirent sur notre pays, par leurs prières et leurs charités, les plus grandes bénédictions du ciel. Get asile, dont le berceau a été arrosé de tant de larmes, fera la gloire incontestable de Mgr de Saint- Vallicr, qui en a été le père et le soutien ; son nom y sera à jamais béni par les religieuses de la miséricorde de Jésus,
| et par les membres souffrants du Christ (a).
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(a) Mgr de Saint-Vallier affecta pendant quelque temps une salle de l’hôpital,
} pour y recevoir les femmes de mauvaise vie qui voulaient revenir à Dieu. En
1725, il permit aussi aux religieuses de recevoir des élèves pensionnaires,
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