CHAPITRE IX
Dernières années de Mgr de Saint-Vallier.—Sa maladie.—$Sa mort.—Ses funé-
railles.
Mgr de Saint-Vallier remplit toutes ses fonctions épiscopales jusqu’en 1725 incl'isivement, et, cette année-là encore, il put faire la visite de son diocèse. Mais il revint exténué de fatigue, et, depuis lors, demeura dans son cher hôpital, se préparant à la mort dans la solitude et la prière. Il avait déjà subi plusieurs maladies graves, et à Québec et en Angleterre, et la misère qu’il avait éprouvée dans ses nombreux voyages, avait achevé de ruiner ses forces. Une fièvre lente le minait intérieurement, et tout faisait présager que le prélat n'avait plus que peu de temps à vivre. Cependant, jusqu’au premier novembre 1727, il put encore rendre de nombreux services à la communauté dont il était le père, et se rendre même à la cathédrale pour officier aux fêtes pontificeles. Mais ce jour-là, le mal augmenta, et le vénérable évêque ne fit plus que languir et souffrir jusqu’au jour de sa mort.
Les annales de l’Hôpital-Général ont noté avec soin tous les détails de sa dernière maladie et recueilli avec piété ses dernières paroles.
La veille de Noël, le célèbre docteur Sarrazin avertit le prélat que tout serait bientôt fini, et l’on envoya chercher larchidiacre, M. de Lotbiuière, pour lui administrer les
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derniers sacrements. A dix heures, il reçut le saint viatique avec de grands sentiments de foi et de piété, et répondit à toutes les prières du rituel. Le vénérable évèque vécut encore près de deux jours, qu’il passa tout entiers à faire des actes de résignation à la sainte volonté de Dieu et à donner ses dernières recommandations aux religieuses de son Hôpital-Général. Il mourut le 26 décembre 1727, à l’âge de 74 ans, après quarante années d’épiscopat.
Le corps fut embaumé par M. Bergier, chirurgien du roi, et, après avoir été revêtu des habits pontificaux, il fut exposé, pendant sept jours, dans une des salles de l'hôpital, transformé en chapelle ardente. Ce fut là que tous les fidèles de la ville allèrent prier, auprès de la dépouille mortelle de leur premier pasteur, et témoigner de la vénération qu’ils avaient pour sa mémoire.
La carrière épiscopale de Mgr de Saint-Vallier avait été marquée par bien des difficultés et bien des luttes, elles se continuèrent même après sa mort, et la guerre ecclésiastique se fit jusque sur son tombeau.
Quatre jours après le décès du prélat, le chapitre de la cathédrale pourvut au gouvernement du diocèse, en nommant M. Boullard, vicaire général et administrateur. Mais l’archidiacre, M. Cartier de Lotbinière, contesta la légitimité de l'élection, parce que le siège, d’après lui, n’était pas vacant, Mgr de Mornay, qui avait été nommé coadjutenr cum futura successione, devant être lui-même l'administrateur de son diocèse. Il fut soutenu par l’intendant, M. Dupuy, que Mgr de Saint-Vallier avait eu le malheur de choisir pour son exécuteur testamentaire, Le gouverneur, M. de Beauharnois défendait les prétentions du chapitre.