‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 132 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Immensité du diocèse.—L’abbé de l’Isle-Dieu.—L'Acadie et la Louisiane. — Patriotisme de Mgr de Pontbriand.—Invasion du Canada.—Siège et capitulation de Québec.—Mémoire de l’évêque à la cour de France.—Il se retire à Montréal.—Lettre aux chanoines.—Mort du prélat.

Il faudrait citer les nombreuses lettres pastorales de Mgr de Pontbriand, pour montrer quelle tâche il avait à remplir, pour administrer un diocèse aussi étendu que le sien et dans des circonstances aussi difficiles. Mais son esprit actif pourvoyait à tout, et son clergé le secondait admirablement dans

toutes ses œuvres.

Il avait à Paris, dans la personne de M. l'abbé de l'Isle. Dieu, un vicaire général aussi dévoué que sage, et qui lui rendit, pendant tout son épiscopat, les services les plus importants. Il lui avait confié surtout le soin de l’Acadie et de la Louisiane, à canse de la plus grande facilité que l'on avait de communiquer de France avec ces lointaines parties de l’église de Québec. Rien de plus intéressant que la correspondance de l'abbé de l’'Isle-Dieu avec son évèque : on y voit l'intérêt constant qu'il portait à toutes les œuvres de l'évêché, du séminaire et du chapitre, la sagesse avec laquelle il surveillait les missionnaires qu’il dirigeait de Paris vers Louisbourg, Port-Royal ou la Nouvelle-Orléans. On est touché surtout de la grande commisération de l’évêque et de son grand vicaire-pour les malheurenx Acadiens, avantet

après 1 preudre Quan inhum:

il en it dit-il da vons as appelés y vienn l'instant dans de:

se retire des tem) rale, sar au dan; enlève menace quelques de l'emt tout, se églises o servir de sont sais L’évèq exhorter

(a) “En rent à Québ y en avait d l'intendant

ine,— apitu-

tire à

Mgr iplir, Jourdans

Islei lui 1por- Bt de l'on rties COT- : on bs de elle vers esl we el

utel

après leur dispersion, et des mesures qu’ils s’efforcèrent de preudre tous les deux pour prévenir ou réparer le désastre. (a) Quand Mgr de Pontbriand eut appris avec quelle barbare inhumanité ce pauvre peuple avait été chassé de sa patrie, il en informa de suite ses diocésains. « Les Acadiens, leur dit-il dans un mandement, sur le sort desquels nous ne pourvons assez nous attrister, ont été tout à coup désarmés et appelés sur des prétextes spécieux dans différents forts ; ils y viennent avec confiance, et à peine y sont-ils arrivés, qu’à l'instant ils y sont arrêtés, emprisonnés et de là transportés dans des pays éloignés et étrangers. Les femmes éplorées se retirent avec leurs enfants dans les bois, exposées à l’injure des temps, et aux suites furñestes d’une disette presque générale, sans secours et sans soutien, maux qu'elles préfèrent au danger de perdre leur foi. Cependant l'ennemi en enlève un certain nombre pour intimider les autres, il menace de mettre les maris en une espèce d’esclavage ; quelques-unes, effrayées de cette menace, se rendent au lieu de l’'embarquement ; le plus grand nombre, dépourvu de tout, se réfugie sur nos terres ; les villages sont brûlés, les églises ont le même sort, on n'épargne que celles qui doivent servir de prison à ceux qu’on n’a puembarquer ; les pasteurs sont saisis avec violence et renvoyés pour toujours.» L’évêque prit occasion de cet événement lamentable, pour exhorter les Canadiens à combattre vaillamment des ennemis

(a) ‘En octobre 1756, duux bateaux chargés de deux cents Acadiens arrivèrent à Québec ; ils furent distribués dans les paroisses de l’île d'Orléans ; car il y en avait déjà quatre cents à Québec, on leur donnait des rations. ”” Lettre de l'intendant Bigot au ministre, 27 octobre 1756.

aussi déloyaux, et dont la sauvage cruauté ne saurait jamais être assez flétrie par l’histoire.

« Telle est, disait-il, la triste situation de l’Acadie, quoique les traités les plus solennels et les conventions faites tout récemment, lors de l'évacuation du fort de Beauséjour, semblassent Ini en promettre une plus heureuse ; tant il est vrai qu'il ne faut pas compter sur toutes les promesses, quelque sincères qu’elles puissent paraître. Vous vous souvenez que, lorsque nous enlevâmes si glorieusement le fort La Nécessité, on nous donna des otages, on promit de rendre les prisonniers faits dans l’action où monsieur De Jumonville fut tué contre le droit des gens et par une espèce d’assassinat, Les otages nous demeurent, la promesse n’est pas exécutée. C’est cependant à la faveur de mille promesses semblables, que le général Bradock, en cas de victoire, comptait gagner une partie d’entre vous, et envoyer l’autre dans l’Ancienne- Angleterre, suivant les ordres secrets qu’il en avait reçus.

«Nous apprenous avec joie, Nos Très Chers Enfants, les dispositions courageuses dans lesquelles vous êtes, de vous opposer avec force aux projets ambitieux de nos voisins, qui agissent d'une manière si irrégulière, et sur la parole desquels la prudence ne permet pas de se reposer. »

Depuis le commencement de son épiscopat, Mgr de Pontbriand n'avait jamais cessé de tenir le peuple au courant des succès et des revers des armées françaises, tant en Europe qu'en Amérique ; il n'avait jamais cessé non plus de tenir ses mains élevées vers le ciel, et de prier comme Moïse pour les soldats qui combattaient pour la patrie. Les églises retentissaient du chant joyeux du Te Deum, chaque fois que Louis XV remportait quelque succès ou lorsque les troupes Gana-

dienn mais encor prière ceux plus s respir en la gré, q crimes pense sincèr(

Cep L’anné

elles maitre avoir 1 Moutré mème célèbre Cette t nie, et

temps

ments

fut en tration se moq pour qi leur év courtis

nais

ique tout semvrai lque que, êces- > les ville sinat, utée.

bles, igner enne-

s dis-

vous , qui

des-

onttdes 1rope tenir pour eten- Louis HAE

diennes se couvraient de gloire dans leurs combats héroïques ; mais les accents suppliants de la prière s’y faisaient entendre encore plus souvent. dans ces temps de malheurs publics, prières pour ceux qui allaient verser leur sang, prières pour ceux qui l'avaient déjà donné et qui étaient morts pour la plus sainte et la pl. noble des causes. Tous ces mandements respirent le plus pur patriotisme comme la foi la plus vive en la divine Providence, qui conduit les événements à son gré, qui, par les calamités qu’elle leur envoie, sait punir les crimes des peuples pour les sauver ensuite, et qui récompense toujours leur confiance en Dieu, et les actes d’une sincère pénitence.

Cepeudant le danger devenait de plus en plus pressant. L'année 1758 avait été favorable aux armées anglaises : elles s'étaient emparées de Louisbourg, et s'étaient rendues maîtresses de la mer et du golfe ; d’un autre côté, après avoir rasé le fort de Frontenac, l'ennemi s’avançait sur Moutréal en passant par Cerillon. Mais là, le 8 juillet de la mème année, les Français et les Canadiens remportèrent la célèbre vicloire qui a immortalisé le nom de Montcalm. Cette merveilleuse journée sauva momentanément la colonie, et lui donna le temps de respirer encore jusqu’au printemps suivant, et de jeter un suprème cri d'appel aux sentiments d’une mère-patrie qui semblait sans entrailles. Ce fut en vain: la France était ruinée par la mauvaise administation d’un gouvernement corrompu, ses philosophes impies se moquaient de nos quelques arpents de neige, et son roi, pour qui les Canadiens avaient tant prié à la demande de leur évêque, donnait son temps et son argent à d’infâmes courtisanes.

La colonie n'avait pour se défendre que quinze mille hommes en état de porter les armes, et elle était attaquée par des armées puissantes trois fois supérieures en nombre, qui venaient de deux côtés : par le fleuve Saint-Laurent et par le lac Champlain. A peine les Anglais eurent-ils commencé leu: marche envahissante, au printemps de 1759, que Mgr de Ponthbriand adressa à ses curés les avis les plus sages et Les plus détaillés, pour la conduite que devaient tenir ceux qui se trouveraient dans les quartiers exposés à tomber au pouvoir de l'ennemi.

Puis le 1er juillet, malade, épuisé de fatigues, il se retira à Charlesbourg, où il demeura durant le siège de Québec. C’est de là qu’il entendit les canons tonner sur sa ville épiscopale et en briser tous les édifices religieux. c’est là qu’il apprit les exploits, de la petite armée Canadienne, et aussi le résultat fatal de la bataille d'Abraham, la mort du général de Montcalm, et la reddition de Québec. L'évêque visita les ruines encore fumantes de son église, pourvut à l’administration religieuse de la ville, et partit pour Montréal, emportant dans son cœur brisé le germe de la mort. (a)

Le 28 octobre suivant, il adressa un mandement à tous les fidèles du diocèse, pour leur faire entendre la grande voix de la religion, qui parlait par tant de malheurs dont ils étaient frappés, et pour les inviter à en profiter pour le salut de

(a) On voit par le passage suivant d’une lettre du marquis de Vaudreuil, que le prélat fit le voyage en compagnie du gouverneur. ‘6 Montréal 3 oct. 1759.

.….“J’arrivai en cette ville le ler de ce mois avec Monsieur l’évêque. Nous abrégeñmes les fatigues du voyage, en profitant d’une goëlètte qui était aux Trois-Rivières, prête à mettre à la voile, *” (Manuscrits do l’abbé Casgrain.)

leur prie!

d'au servi de À calm avaie faire sur le «O arrivé n’aya, lieue de lui pas de pas ur À 54 impar| celle I

deux 1:

par de les bo résisté

mis let et aprè sumée,

cuisine Cette cd

hors de

que

s MGR DE PONTBRIAND 251 leurs âmes. Il leur recommandait aussi instamment de prier pour le regretté général qui était mort à la tête detant d’autres, pour la défense de la patrie, et ordonna deux services solennels dans toutes les églises des gouvernements de Montréal et des Trois-Rivières : le premier pour Montcalm et les autres officiers, l’autre pour tous les soldats qui avaient péri dans la dernière campagne.

Le prélat ne manqua pas d'écrire au ministre du roi pour faire connaître les derniers événements, et lui dire son avis sur la conduite de M. de Vaudreuil.

« On raisonne ici beaucoup sur les événements qui sont arrivés ; on condamne facilement. Je les ai suivis de près, n'ayant jamais été éloigné de M. de Vaudreuil de plus d’une lieue ; je ne puis m'empêcher de dire qu’on a un tort infini de lui attribuer nos malheurs. Quoique cette matière ne soit pas de mon ressort, je me flatte que vous ne désapprouverez pas un témoignage que la seule vérité me fait rendre. »

A sa lettre il joint un mémoire qu’il nomme description imparfaite de la misère du Canada. « Québec, dit-il. dans cette pièce, a été bombardé et camonné pendant l’espace de deux mois ; cent quatre-vingts maisons ont été incendiées par des pots-à-feu ; toutes les autres criblées par le canon et les bombes. Les murs, de six pieds d'épaisseur, n’ont pas résisté ; les voûtes, dans lesquelles les particuliers avaient mis leurs effets, ont été brûlées, écrasées et pillées, pendant et après le siège. L'église cathédrale a été entièrement consumée. Dans le séminaire. il ne reste de logeable que la cuisine, où se retire le curé de Québec avec son vicaire. Cette communauté a souffert des pertes encore plus grandes hors de la ville, où l’enneini lui a brûlé quatre fermes et

trois moulins considérables, qui faisaient presque tout son revenu. L'église de la basse-ville est entièrement détruite ; celles des Récollets, des Jésuites et du séminaire sont hors d'état de servir, sans de très grosses réparations. Il n’y à que celle des Ursulines, où l’on peut faire l'office avec quelque décence, quoique les Anglais s’en servent pour quelques cérémonies extraordinaires. Cette communauté et celle des Hospitalières ont été aussi fort endommagées; elles n’ont point de vivres, toutes leurs terres ayant été ravagées. Cependant les religieuses ont trouvé le moyen de s’y loger tant bien que mal, après avoir passé tout le temps du siège à l’'Hôpital-Général. L'Hôtel-Dieu est infiniment resserré, parce que les malades anglais y sont. Il y a quatre ans que cette com nnauté avait brûlé entièrement Le palais épiscopal est presque détruit et ne fournit pas un seul appartement logeable ; les voûtes ont été pillées. Les maisons des Récollets et des Jésuites sont à peu près dans la même situation ; les Anglais y ont cependant fait quelques réparations pour y loger des troupes ; ils se sont emparés des maisons de la ville les moins endommagées ; ils chassent même de chez eux les bourgeois, qui, à force d'argent, ont fait raccommoder quelque appartement, ou les y mettent si à l’étroit par le nombre de soldats qui y logent, que presque tous sont obligés d'abandonner cette ville malheureuse, et ils le font d’autant plus volontiers, que les Anglais ne veulent rien vendre que pour de l'argent monnayé, et l’on sait que la monnaie du pays n’est que du papier. Les prêtres du séminaire, les chanoines, les Jésuites, sont dispersés dans le peu de pays qui n’est pas encore sous la domination anglaise ; Les particuliers de la ville sont sans bois pour leur hivernement,

SAM de | rati bou:

» ] peut de B siège ont é qui a tous que 1 femn des s donn

que 1

bois,

est sa pour nomb portes

La m

entièr

ils y jeté pe de pe

» De six lie ravagé

sans pain, sans farine, sans viande, et ne vivent que du peu de biscuit et de lard que le soldat anglais leur vend de sa ration. Telle est l'extrémité où sont réduits les meilleurs bourgeois.

» Les campagnes ne fournissent point de ressources et sont peut-être aussi à plaindre que la ville même. Toute la côte de Beaupré et l’île d'Orléans ont été détruites avant la fin du siège ; les granges, les maisons des habitants, les presbytères ont été incendiés ; les bestiaux qui restaient, enlevés ; ceux qui avaient été transportés au-dessus de Québec ont presque tous été pris pour la subsistance de notre armée, de sorte que le pauvre habitant qui retourne sur sa terre avec sa femme et ses enfants, sera obligé de se cabaner à la façon des sauvages. Leur récolle, qu'ils n’ont pu faire qu’en donnant la moitié, sera exposée aux injures de l'air, ainsi que leurs animaux ; les caches qu’on avait faites dans les bois, ont été découvertes par l’ennemi, et par là l'habitant est sans hardes, sans meubles, sans charrue et sans outils pour travailler la terre et couper les bois. Les églises, au nombre de dix, ont été conservées ; mais les fenêtres, les portes, les autels, les statues, les tabernacles ont été brisés. La mission des sauvages Abénakis de Saint-François a été entièrement détruite par un parti d'Anglais et de Sauvages ; ils y cat volé tous les ornements et les vases sacrés, ont jeté par terre les hosties consacrées, ont égorgé une trentaine de personnes, dont plus de vingt femmes et enfants.

» De l’autre côté de la rivière, au sud, il y a environ trentesix lieues de pays établi, qui ont été à peu près également ravagées et qui comptent dix-neuf paroisses, dont le plus

grand nombre a été détruit. Ces quartiers n’ont aucune denrée à vendre, et ne seront pas rétablis d'ici à plus de vingt ans dans leur ancien état. Un grand nombre de ces habitants, ainsi que ceux de Québec, viennent dans les gouvernements de Montréal et des Trois-Rivières; mais ils ont bien de la peine à trouver des secours. Les loyers, dans les vil'es, sont à un prix exorbitant, ainsi que toutes les denrées... L'année prochaine, il sera difficile d’ensemencer, parce qu'il n’y a pas de labour de fait. J’atteste que, dans cette description de nos malheurs, il n’y a rien d’exagéré, et je supplie nos seigneurs les évêques et les personnes charitables de faire quelques efforts en notre faveur. Le 5 novembre 1759.» Mgr de Pontbriand, tout en souffrant des fièvres qu’il avait contractées dans le service des hôpitaux, s’occupait sans cesse de l'administration de son diocèse ; il écrivait très souvent à son vicaire général, M. l'abbé Briand, qu’il aimait d’une affection de père et qui lui était entièrement dévoué. Prévoyant bien que le pays allait bientôt passer sous la domination anglaise, il lui disait dans une lettre du 16 février 1760 : « Vous ne sauriez trop engager messieurs les curés à user de toute la prudence possible. Nous ne devons point nous mêler de tout ce qui regarde le temporel. Le spirituel doit seul nous occuper, et alors, je suis persuadé que M. Murray sera content.» Lui-même écrivit au général et veilla avec un grand soin à ce que personne ne manquât au respect qui lui était dû.

Le 19 mai 1760, le digne évêque adressa aux chanoines de

sa cathédrale ses derniers avis et son dernier adieu. Voici

cette lettre pleine de sagesse et de beaux sentiments :

Dep malad mois $ par n devoir vous € suis pé partic cérémo Si je s le curé le desse ni pour été en] aux sen l'avez é

» Quo ne fassie vicaires.

peuvent torisé à ma mor!

facile, et grands v que je ve

» Cont naissanc ce moyer nominati

Messieurs,

Depuis plus d'un an et demi, vous me voyez attaqué d’une maladie mortelle, et moi-même je me persuadais que chaque mois serait la fin de ma carrière. Dispersés que vous êtes par notre permission et la nécessité des temps, je crois devoir, comme en qualité de père, d'évêque, j'ose dire d'ami, vous communiquer mes sentiments. J'ai toujours été, et je suis pénétré d’une amitié sincère pour vous en général et en particulier. J’ai remis toutes les petites discussions du cérémonial ou autre matière à des temps plus favorables. Si je suis entré dans les discussions que vous avez avec M. le curé et le séminaire, c'est dans un esprit de paix et dans le dessein de rapprocher les esprits ; n'ayant point sollicité ni pour l’un ni pour l’autre aucune personne, quoique j'aie été en lieu de le faire. S'il a paru quelque chose de contraire aux sentiments intérieurs, j'en suis fâché, parce que vous l'avez été.

» Quoique vous soyez tous séparés, et qu’il paraîtque vous ne fassiez plus un corps, quoique j'aie donné à mes grands vicaires, suivant les privilèges du Pape, des pouvoirs qu'ils peuvent exercer mème après ma mort, comme je vous ai autorisé à cette dispersion, je crois que, quand vous apprendrez ma mort, vous devrez vous réunir dans l'endroit le plus facile, et pourvoir à la vacance du siège, en nommant des grands vicaires ; sur quoi je vous prie d’avoir attention à ce que je vous demande pour le bien de ce pauvre diocèse :

» Continuez mes grands vicaires, parce qu'ils ont des connaissances essentielles, et presque toutes celles que j'ai; par ce moyen, on ne pourra faire la moindre difficulté sur votre nomination, sauf à vous à en nommer d’autres... Je me

rt,

per enengenemene

recommande, messieurs, à vos prières, avec la même instance qu'un évêque moribond a coutume de le faire, et avec une confiance toute particulière... »

Enfin la mort vint mettre un terme aux souffrances et aux chagrins du vénérable prélat, qui rendit son âme à Dieu, le 8 juin 1760, à l’âge de cinquante-et-un ans. On a vu combien grande était sa charité et combien d'occasions il avait eues de l'exercer. Aussi il mourut pauvre, et il put dire ces belles paroles au dépositaire de ses dernières volontés : « Vous di oz aux pauvres que je ne leur laisse rien en mourant, parce que je meurs moi-même plus pauvre qu'eux. »

Cette mort, jointe à la perspective de la domination britannique, plongea tout le pays dans la plus amère douleur. Des circulaires furent adressées au clergé par les grands vicaires de ‘Æ{ontgolfier et Perreault, pour annoncer le lamentable événement, et pour recommander que Ges services fussent célébrés pour le repos de l’âme du vénérable prélat.

Il fut enterré, le dix juin, dans l’église paroissiale de Ville- Marie, et, le vingt-cinq, son oraison funèbre fut prononcée par M. Louis Jolivet, prêtre du Séminaire de Saint-Sulpice, devant tout le clergé du gouvernement de Montréal.

M. de Montgoifier écrivit, au mois de septembre suivant, au comte de Pontbriand, frère du prélat, pour lui apprendre la mort de l’évêque de Québec.

« Cet illustre prélat, lui disait-il, est mort en saint entre mes mains, et j'ai eu l'honneur de lui fermer les yeux et de recevoir ses dernières paroles.

» De son vivant, il m'avait honoré de sa confiance et de la qualité de son grand vicaire. Oblige de fuir de Québec, après la destruction et la prise de cette ville infortunée, il nous

avail termi proch à un ment eVOYy bulles de Qué d'o el

ses SR:

nce

une

bien es de elles di eZ

e que

ritan- . Des caires itable

1ssenl

oncée

nlpice,

ivant, rendre

entre [ et de

t de la après

nous

avait fait l'honneur de choisir notre maison pour venir y terminer ses jours languissants, qui lui annonçaient une fin prochaine, mais qui étaient cependant encore bien précieux à un peuple qu’il aimait tendrement et dont il était infiniment chéri et respecté. Je suis chargé de sa part de vous envoyer un paquet cacheté dans lequel sont renfermés ses balles et autres papiers concernant sa nomination à l'évêché de Québec... Je dois envoyer deux croix pectorales, l'une d'o, et l’autre d'argeni üoré, avec six anneaux à mesdames

ses sœurs, les religieuses de la Visitation à Rennes. »

COnce de l’e le dir appel lui-m Sémir SON äf toutes

Jours (

Mcr BRIAND

Page 1