‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 44 sur 132 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pauvreté de l’évêque de Québec.—Il demeure au séminaire. —Reconstruction du palais: épiscopal et de la cathédrale. —Dificultés avec le curé et les marguilliers.—KEntrée de Mgr Briand dans son église. —Extinction du chapitre. — Ordinations.—Charité du prélat pour les maisons religieuses de Québec et de Montréal.

L'évèque de Québec prit sa résidence au séminaire, où il demeura toute sa vie. Sans fortune personnelle, ses revenus consistaient uniquement en une pension de trois mille livres, accordée par l'assemblée du clergé de France, en 1765. et en une autre pension de six cent soixante-six livres qu'il recevait comme chanoine, sur une gratification de quatre mille livres, accordée par le roi de France au chapitre de Québec. L'évêché possédait encore à cette époque neuf mille sept cents livres sur l’hôtel-de-ville de Paris. Mgr Briand, avec de si faibles ressources, n’en refusa pas moins le présent que voulaient lui faire les prêtres de son diocèse à son heureux retour au milieu d'eux. Illes trouvait eux-mêmes si pauvres, qu'il aima mieux vivre plus simplement que de leur enlever une partie de leurs minces revenus. C’est en vain que MM. Perreault, Marchand et Saint-Onge avaient proposé un plan pour faire contribuer le clergé, les séminaires et les communautés. à la subsistance du prélat. Le mandement qui fut publié à cet effet par M. Perreault, de même que les collectes qui en furent la conséquence, ne servirent qu'à prouver la générosité des prètres et l'amour qu'ils

avaient pour leur premier pasteur. Mgr Briand ne voulut accepter que l’hospitalité que les messieurs de son séminaire eurent l'honneur de lui offrir, en vertu d’une résolution passée en 1764 et conçue à peu près dans ces termes: « Considérant 1° que le séminaire est fondé pour y élever un clergé, et que, s’il n’y a pas d’évêque pour ordonner les clercs, il devient inutile d’en former ; 2° que le futur évêque de Québec est sans ressources ; les directeurs offriront un appartement convenable au bout de la salle d'étude du petit séminaire, consistant en antichambre, salle, chambre et cabinet, avec la jouissance du terrain situé au-devant ; ils lui offriront la table du réfectoire avec un extraordinaire pour lui-même, et cela seulement tant qu'il demeurera au séminaire. Enfin l’évêque n’aura rien à payer tant que ses moyens ne lui permettront pas de le faire facilement. » Telle fut l’origine de cette pension gratuite que le séminaire accorda aux évêques de Québec pendant soixante-dix ans. Mgr Briand sut reconnaître royalement l'hospitalité que lui donnèrent pendant toute sa vie les prêtres de cette maison, qui le regardent à bon droit comme un second fondateur. Ge fut lui qui, malgré sa pauvreté, paya ie coût de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste et la boiserie du chœur dans la chapelle du séminaire. Il se chargea aussi de là maiud'œuvre pour la construction de la chapelle de Saint-Joachim, qu'il pourvut de tous les ornements nécessaires au culte. Au témoignage de l’abbé Plessis, « il rétablit et encouragea.… les études interrompues par le malheur des temps, ne dédaignait pas de visiter fréquemment les plus basses classes et prélevait même sur ses épargnes pour donner des prix aux élèves les plus méritants. »

Jus en cla

En nèren

élèves les mo éducat gneme Ils reta rouver nécessa naires ( au sém

s’adress Le pa pendant truire, « livres, p prunter il n'habi loyer, er cinquant en quelq on lui ac livres ste Il y av lieu celle l'on n’ave de la parc pendant c 1764, on 1

Jusqu'à ia conquête, tous les élèves du séminaire allaient en classe chez les RR. PP. Jésuites.

En 1759, MM. les directeurs Gravé et Pressard emmenèrent avec eux, à Montréal, les ecclésiastiques et les autres élèves qui voulaient continuer leurs études et qui avaient les moyens de s’y rendre et d'y payer pension. Ces zélés éducateurs continuèrent à Montréal leur œuvre de l’enseignement jusqu’à la cession du Canada à l'Angleterre en 1763. [ls retournèrent, cette année-là, à Québec, et les classes furent rouvertes, après que le séminaire eut subi les réparations nécessaires. On ne put toutefois y admettre des pensionnaires qu’en 1765. Et depuis cette époque, les élèves restèrent au séminaire pour toutes leurs classes et n’eurent plus à s'adresser aux membres de la compagnie de Jésus.

Le palais épiscopal avait été presque entièrement détruit pendant le siège de la ville ; le prélat entreprit de le reconstruire, et y consacra d’abord une somme de onze mille livres, puis une autre de quinze mille, qu’il fat obligé d’emprunter et qui lui permit de faire terminer l'ouvrage. Mais il n'habita jamais cette maison, que le gouvernement prit à loyer, en 1778, en accordant à l’évêque une rente de centcinquante livres sterling. Déjà en 1775, pour reconnaître en quelque façon les services inappréciables qu’il rendit alors, on lui accorda une pension annuelle de deux cent-cinquante livres sterling.

Il y avait bien d’autres ruines à réparer, et en premier lieu celles de la cathédrale, où, depuis le siège de la ville, l'on n'avait pas encore pu dire la messe. Les offices publics de la paroisse s'étaient faits d’abord à l’église des Ursulines, pendant cinq ans et trois mois, mais depuis la veille de Noël, 1764, on les avait transférés à la chapelle du séminaire,

Ce ne fut qu’en 1767 que les marguilliers commencèrent à rebâtir la cathédrale incendiée ; mais, encouragés par M. le curé Rêcher, ils signifièrent à Mgr Briand qu’elle ne serait plus désormais qu’une église paroissiale et non point une cathédrale. [ls lui accordaient bien le droit d'y officier, mais ils ne voulaient pas lui permettre de s’y installer comme un évêque dans sa cathédrale, avec son chapitre. C'était certainement de leur part le fait de la plus noire ingratitude envers un évêque qui s'était sacrifié par amour pour eux, et à qui ils devaient en grande partie la liberté dont ils commençaient à jouir dans l'exercice de leurs droits religieux. Ils firent preuve dans toute cette affaire d’un esprit d’entêtement et de chicane que l’on ne saurait trop condamner. Le curé Rècher était encore plus inexcusable que ses paroissiens. Profitant de la vacance du siège, et croyant à tort que l'abbé Briand ne reviendrait de Londres qu'avec le titre précaire de vicaire apostolique, il s'était accoutumé à tout gouverner par lui-même dans l’église, et maintenant qu’un évêque était donné au siège de Québec, au lieu de s’en réjouir et d’en louer le Seigneur, il s’employait à susciter des difficultés au prélat. et refusait même de signer l'acte de prise de possession de son trône épiscopal. (a) Mgr Briand, remarquable par une patience aussi grande que sa fermeté, ne voulut pas prendre des mesures de rigueur ni en &ppeler aux tribunaux pour entrer en possession de ses droits ; 1l se contenta d'attendre en silence que la fabrique fût revenue à de meilleurs sentiments. Quand l’église fut prête à être

(a) M. Récher mourut le 16 mars 1767. Le séminaire céda alors à l’évêque tous les droits qu’il prétendait avoir sur la cure. Mgr Briand nomma d’abord un desservant, puis, en 1769, M. Dosque fut nommé curé en titre,

livré

une de ce rait ( en dé cœur] « X dans été és la rel avec grand voir n cette € épisco pas m église à la fa dans © la plus rais ju:

vos ma foi et d auteur:

rendu | » Not Notre & Christ

(a) La «

x livrée au culte, il adressa aux habitants de la ville de Québec, fl

ént ) une lettre pastorale, dans laquelle il raconta toute l'histoire | M. de cette difficulté, et annonça en même temps qu’il continuesait rait de faire les cffices dans la chapelle du séminaire. Nous 1ne en donnons les passages les plus importants ; on y voit le ais cœur d’un évêque et le langage d’un saint : rh « Vous touchez, Nos Très Chers Frères, au moment d’entrer M. tai: dans le temple que votre piété vient de rétablir. Nous avons üudé été également édifié de votre générosité et de votre zèle pour ç, et h la religion, de l'esprit d'économie, de l'attention, de l’activité on: avec lesquels messieurs les marguilliers ont conduit ce dis. grand ouvrage à sa fin. Accoutumés que vous aviez éié à tête- voir mes prédécesseurs évêques de Québec présider dans Le __ cette église aux divins offices et y faire leurs fonctions rôié. | épiscopales, peut-être serez-vous surpris et malédifiés de ne que pas m’y voir. Je suis décidé à continuer de faire dans cette titre église (a) mon office avec mon clergé. Je puis vous protester tout à la face des saints autels qu'aucun motif humain n’est entré un dans cette résolution, et que je ne porte pas daris mon cœur s’en la plus légère indisposition ni pour vous, pour: qui je donne: iter rais jusqu’à la dernière goutte de mon sang, ni pour messieurs k e de vos marguilliers, que je crois pleins de drciture, de bonne . and, foi et de zèle pour vos intérêts, ni même pour les premiers né eté. auteurs de cette division. auxquels jai feit tout le bien et à eler rendu tout l'honneur qui a dépendu de raoi. il se » Nous vous conjurons donc, Nos Trës Chers Enfants en ke ue à Notre Seigneur, par les entrailles de l2 miséricorde de Jésusêtre Christ notre Sauveur, de nous imiter, comme nous nous aa vêque (a) La chapelle du Séminaire. ASE | de

abord

etforçons de l’imiter nous-même ; et que cette séparation se fasse sans la plus petite division de cœur. Notre prière, quoique faite dans des lieux différents, n’en sera pas moins agréable au Seigneur, si les liens de la charité nous unissent, si nous n'avons tous qu’un cœur. Dieu qui a permis cette division dars les esprits et les sentiments, saura bien en tirer sa gloire.

» Je vous le répète, Nos Très Chers Frères, si je choisis pour y faire mes fonctions l’église que je trouve la plus propre à former nos jeunes ecclésiastiques à la piété et aux saintes cérémonies (ce que je regarde comme un des principaux devoirs de mon état), c’est sans aucune passion ; Dieu m'est témoin que je n’ai jamais demandé la propriété de votre église, que je n’ai jamais eu la pensée de toucher à ses revenus. ni d’en ôter l’administration aux fabriciens. J'ai cru, il est vrai, et je crois encore que cette église, qui est aussi la vôtre, dans laquelle votre curé a son titre, où vous avez droit de recevoir les sacrements, d'assister aux divins offices, et dont il n’est pas possible à personne de vous chasser avec justice, comme on vous le fait entendre, je crois que cette église est en même temps ma cathédrale et celle de mon chapitre, non par choix, comme l’est actuellement l'église du séminaire, mais par l'attribution que le Souverain Pontife en a faite, à la demande du roi et du consentement de vos pères. C’est sur ce pied que mes prédécesseurs et leurs chapitres en ont pris possession, à la vue et du consentement du peuple, par des actes solennels et souvent réitérés ; c’est sur ce pied qu'ils y ont assisté depuis 1684, et c’est sur ce pied que j'y serais allé, que j'aurais concouru à

son r 18,00 que P ment la rép votre ment écrits.

église, sans chanoi renaît celles-c ment d puis pr aux pi d'allum chères ( violenc.

paix. Il forme e dit dans aussi do ne veut langage.

» Je ne tion, ni.

tendre a:

si le bier charger

| se ère, Dins ent, ette irer

Jour re à ntes paux n’est otre , ses J'ai i est vous vins

MGR BRIAND 287 son rétablissement et contribué même d’une somme de 15 à 18,000 francs, si l’on n’eût pas rejeté mes offres, en me disant que l'intention des citoyens était de rétablir l’église, uniquement comme paroisse et non pas comme cathédrale, C’est la réponse que fit, en pleine compagnie, M. Rêécher, alors votre curé, et que MM. les marguilliers ont depuis constamment soutenue par toute leur conduite et même par leurs écrits. Je ne puis donc aujourd’hui entrer dans cette même église, sans trahir les droits de mon siège et de mon clergé, sans manquer à ma dignité et sans m’exposer moi et mes chanoines à des troubles et des divisions, qui pourraient renaître dans des conjonctures plus fâcheuses encore que celles-ci, et qui se sont souvent renouvelées depuis l’établissement de l’église du Canada. Quel est donc le parti que je puis prendre ? Porter mes plaintes et faire valoir mes droits aux pieds des tribunaux ? Mais ne dois-je pas craindre d'allumer le flambeau de la division et du schisme parmi mes chères et très aimées ouailles ? D'ailleurs j'aurais trop de violence à faire à mon caractère et à mon amour pour la paix. Il ne me reste donc qu’un seul parti convenable et conforme en même temps à l’esprit de Notre Seigneur, qui vous dit dans son évangile que si l’on ôte votre manteau, il faut aussi donner la tunique, qui est de renoncer au droit qu’on ne veut pas reconnaître, puisqu'on refuse de désavouer le langage, la conduite et les écrits précédents.

» Je ne crois pas avoir, par ma conduite, à me taxer d’ambition, ni d'aucune vue d'intérêt personnel. Si l’amour et la tendre affection que j'ai pour vous, si le zèle de votre salut, si le bien de l’église du Canada m'ont fait consentir à me charger du pesant fardeau qu'on m'a imposé et que vous

POP + rm

appesantissez encore, au lieu de m'aider à le soutenir, Dieu m'est témoin de la violence que je me suis faite et des combats que j'ai eu à rendre contre moi-même. Je crois que c’est mon église et celle de mon clergé eten même temps la vôtre, si essentiellement que l’un ne peut être l’un sans l’autre, aux termes de la bulle et de l'acte d’érection de l'évêché et du chapitre. Vos marguilliers pensent différemment, parlent, écrivent et agissent.

» Cela ne diminuera rien des sentiments que j'ai pour eux et pour ceux qui peuvent être de leur opinion. Mais au moins qu’on ne trouve pas mauvais si je ne vais pas dans cette église ; qu'on ne s’exhale pas en plaintes, murmures, paroles de bläme, de médisance et de calomnie. Car je vous en avertis, moins pour moi que pour vous : vous vous rendriez certainement coupables envers Dieu. Si je n'ai point de cathé. drale, laissez-moi la liberté de me choisir à ma commodité une autre église, et qu’il me soit permis d’y célébrer les saints offices avec mon clergé, du mieux que je pourrai et en paix.

» Voilà, Nos Très Chers Enfants en Notre Seigneur, ce que je me suis cru obligé de vous annoncer. pour vous exhorter à persévérer, malgré la différence des sentiments, dans l'union et la charité entre vous et avec un pasteur qui vous porte tous dans son cœur, qui n’a d'autre intérêt, d’autre désir que votre salut, votre sanctification, et qui préfèrerait d’être lui-même anathème, plutôt que de se voir une pierre de scandale pour un seul d’entre vous.» (5 avril 1771)

Les marguilliers ne se contentèrent pas de lutter à Québec contre leur évêque, ils voulurent lui faire la guerre jusqu’à Rome et adressèrent un mémoire au Saint-Siège contre lui. En mème temps qu'eux, se plaignait aussi un moine défro-

qué, | avoir évèq

et les succès mis à de l’Is déjà é vigila lui-mê

* ments

circon:

volont termin

(a) Ce diacre de Briand di

‘ Sorti ensuite co cela apos sans deve capucins « connu pou savoir que avocat por retour à Q entre les n Londres cc une pensio Cependant rendait le 1784,

(6) L'ab cessé de re dévoué de prêtre mou

Dieu , des crois emps sans nn de érem-

eux et moins y cette aroles verlis, certaicathénodité saints n paix.

ce que horter , dans i vous d'autre brerait

pierre l) Duébec usqu’à re lui.

défro:

Page 1