EE
qué, (a) proche parent d’un des marguilliers, et, qui après avoir été traité avec la plus grande miséricorde par son évêque, osait écrire contre lui les calomnies les plus noires et les plus absurdes. Ces attaques réunies n’eurent aucun succès auprès du Souverain Pontife. Le cardinal Castelli, mis au fait de tout ce qui s'était passé, écrivit bientôt à l'abbé de l’Isle-Dieu (b) : « Quant à M. l'évèque de Québec, je vous ai déjà écrit que je demeure pleinement persuadé de sa sage et vigilante conduite.» Mgr Briand ne manqua pas de donner lui-même au préfet de la Propagande, tous les renseigne-
. ments possibles au sujet de ces difficultés, et de profiter de la
circonstance pour témoigner de son entière soumission à la volonté du successeur de saint Pierre. « Voilà, disait-il en terminant, tout ce qui regardé l'affaire de la cathédrale ;
(a) Ce moine était le frère Frs-Louis Chartier de Lotbinière, fils de l’archidiacre de Lotbinière qui avait été marié avant d’entrer dans les ordres. Mgr Briand dit de lui dans une lettre à l’abbé de l’Isle-Dieu :
‘ Sorti du Canada, en 1753, et alors récollet interdit et suspens de tous ordres, ensuite cordelier, devenu, après une maladie dangereuse, récollet encore, uprès cela apostat en Europe, pendant deux ans ; devenu ensuite de l’ordre de Malte, saus devenir meilleur, chassé de la Martinique, à cause de ses désordres, par les capucins et le gouverneur, il n’a pas eu honte de venir en Canada, où il était connu pour un franc libertin, où il savait que j'étais évêque et devait aussi savoir que je connaissais toutes ses infâmes histoires... 7” C'était Ià un triste avocat pour faire valoir la cause des marguilliers contre Mgr Briand. A son retour à Québec, il fut interdit de nouveau par son cousin germain, Mgr d’Esglis entre les mains de qui l’avait remis Mgr Briand. Il avait osé écrire même à Londres contre son évêque. Sa lettre n'eut d’autre effet que de lui faire perdre une pension de cent écus que lui donnait le gouverneur depuis son interdit. Cependant elle lui fut remise, après les plus vives instances de Mgr Briand, qui rendait le bien pour le mal. L’abbé de Lotbinière mourut aux États-Unis, en
(6) L'abbé de l’Isle-Dieu, nommé vicaire général par Mgr Dosquet, n’avait cessé de rendre aux évêques de Québec les services les plus signalés. Il fut l’ami dévoué de Mgr Briand, pour qui il avait la plus grande vénération. Ce digne prêtre mourut en 1779, à l’âge de quatre-vingt-onse ans.
CR ee ee
voilà ma conduite. Si notre Saint-Père la trouve blämable, je suis prêt à me soumettre à tou. ce qu'il décidera. »
Quand les fidèles furent entrés dans leur église, ils ne tar. dèrent pas à regretter l’absence de l'évêque, et à comprendre combien la conduite de leurs marguilliers était ingrate. Des murmures se firent entendre et parvinrent bientôt aux oreilles de M. Cramahé, qui se fit un devoir d'intervenir et d'amener la fabrique à des concessions nécessaires. Il écrivit ensuite ce qui suit à Mgr Briand :
« Le papier que j'ai eu l'honneur de vous montrer, mardi dernier, ayant été communiqué pa: le marguillier en charge à ceux de ses confrères qui étaient »n ville, au nombre de douze, et approuvé d’eux tous, je vous prie très instamment, Monseigneur, de donuer aux habitants le contentement qu'ils désirent, de voir leur évêque entrer dans l’église cathédrale et paroissiale de cette ville. »
Mgr Briand ne demandait pas mieux que de donner cette joie à son peuple, et, le 10 mars 1774, il annonça par un mandement, qu’il ferait son entrée solennelle dans sa cathédrale, le seize du mème mois, jour anniversaire de son sacre.
« Depuis huit ans, (dit-il dans ce mandement) que j'ai été consacré votre évêque et votre pasteur, l'esprit de trouble et de division a tenu élevé contre nous un mur de séparation qui empèchait cette union et ces rapports intimes qui devraient toujours subsister entre le père et ses enfants, le pasteur et ses ouailles ; mais par la miséricorde de notre Dieu, ce mur de division vient d'être renversé ; la paix. la concorde, la confiance vont régner dans tous les cœurs. C'est de ce jour, que je dois me regarder comme votre évêque el l'époux de votre église. Il me sera désormais permis de dire
m'es
je vo cons de va de m je su dissip intérà
« Et mome discor et sa dans c la paix dignité des at
vôtres de sen mème plus qi concou du Die du ciel laissée caraclé L’ent et une :
able, | avec confiance : mes brebis me connaissent, elles distinguent ma voix et la suivent. Jésus-Christ, le Pasteur des pasteurs, e tar- m'est témoin qu'aucun motif humain n’a agi sur moi, que f 1f andre je vous ai toujours porté dans mon cœur, que votre salut, la 1 mu … Des conservation de notre sainte religion, les intérêts et la gloire Li TT de votre église, ont toujours été les motifs et les seuls motifs | nener de ma conduite, que je n’ai cessé un seul jour, depuis que ï 4 nauite je suis votre évêque, de supplier l'Esprit de lumière de F dissiper les préjugés et de vous faire connaître vos véritables . mardi intérêts.
harge «Enfin, Nos Très Chers Frères, j'ai été exaucé, et le JT bre de moment où tout paraissait désespéré, où l’aigreur et la nt ment, discorde paraissaient à leur comble, la miséricorde de Dieu : qu'ils et sa divine Providence, qui ont été mon unique refuge HET édrale dans ces temps nébuleux, l'ont choisi pour rétablir le calme, | pere la paix et la réunion la plus solide et la plus durable. La Li : r cette H dignité de votre église, et son éminente autorité au-dessus 1! | ar un des autres de ce diocèse, les droits de l’épiscopat et les | l cathé- vôtres ont été reconnus et sont en sûreté. Plus de divisions sacre. y de sentiments entre nous. Qu'il n’y ait donc plus qu'un ai été mème cœur, une âme, un même langage, comme il n°y aura ouble plus qu’une même église. Que notre conduite et nos discours ration concourent à marquer que nous sommes les vrais enfants ui de- D du Dieu de la paix, et les disciples de celui qui est descendu # ts, le du ciel pour l’apporter sur la terre, et qui, en mourant, l’a le Ÿ notre laissée aux siens par testament, comme la marque propre et k E aix. la caractéristique de ses fidèles adorateurs.................. » C'est L'entrée de l’évêque dans son église se fit avec une pompe . que el et une solennité extraordinaires ; elle répandit la joie dans
edire
es .
tous les cœurs et fut l’occasion des conversions les plus écialantes.
Mgr Briand aurait désiré assurer l'existence du chapitre, et, dès 1767, il avait demandé au gouverneur la permission de remplir les canonicats vacants. Malgré ses excellentes dispositions, Carleton ne crut pas devoir y consentir. «On m'a demandé de compléter le chapitre, écrit-il à Lord Shelburne, et j'ai fait des difficultés à le permettre. »
En 1774, l’évêque songeait encore à faire revivre cette institution ; On le voit par sa correspondance avec M. Porlier, curé de Sainte-Anne de la Pocatière, L'’exécution de ce projet fut remise à des jours meilleurs, à cause de l’impossibilité de remplacer les prêtres qui auraient été appelés à Québec pour composer le chapitre ; les troubles de l'invasion américaine vinrent ensuite ajouter aux difficultés et aux sollicitudes du prélat et plusieurs années se passèrent avant que l’on songeât de nouveau à remplir les canonicats vacants. Plusieurs chanoines étaient retournésen France, et, en 1783, il n'y avait plus, pour les représenter au Canada, que Mgr Briand et M. St-Onge qui mourut en 1/95. Le chapitre était éteint, et les quelques tentatives qui ont été faites depuis pour le ressusciter ont été sans résultats.
Bien d’autres vides s'étaient faits dans le clergé, depuis la conquête : plusieurs prêtres étaient morts, d’autres étaient repassés en Europe ; des cent quatre-vingt-un prêtres que l’on comptait dans le diocèse de Québec, en septembre 1758, il n’en restait plus que cent trente-huit, en juillet 1766. Mgr Briand travailla sans relâche à favoriser les vocations ecclésiastiques et à former dans son séminaire des prôûtres
instr
pour épis Frand brita en Ca C'es réparé qui à Les éprou par M, un pèt de ces r'essou venir € répara Ursuli citude tout ot était ir maisor tons a en 176' du sa moyen prélat.
et à la coûta t
plus
ipitre, issiorni lentes « On Shel-
cette orlier, de ce mMposlés à vasion t aux avant cants.
Mgr était epuis
1is la aient que 1758, Mgr tions ôtres
MGR BRIAND 293 instruits et zélés, qu’il envoyait ensuite dans les paroisses pour rebâtir les églises et propager le règne de Jésus-Christ.
Il en ordonna lui-même quatre-vingt-dix pendant son épiscopat, et ne négligea aucun moyen d'en faire venir de France. Mais ce ne fut qu’en 1793, que le gouvernement britannique permit aux prêtres français de venir travailier en Canada.
C’est ainsi que ce vénérable évêque se dépensaii pour réparer tous les désastres et pour relever de ses ruines l’église qui avail été confiée à sa sollicitude pastorale. ;
Les communautés de Québec avaient toutes été cruellement éprouvées pendant la guerre; aussi ne furent-elles pas oubliées par Mgr Briand, qui fut toujours pour elles un bienfaiteur et un père. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les annales de ces diverses maisons religieuses, et l'on est émerveillé des ressources que savait trouver le charitable prélat pour leur venir en aide. «C’est surtout en entrant dans le détail des réparations faites alors à notre maison, dit l'Histoire des Ursulines de Québec, que nous avons lieu d'admirer la sollicitude du saint évèque ; il voulut défrayer lui-même, en tout ou en partie, ces dépenses, auxquelles la communauté était impuissante à satisfaire. Ainsi le rétablissement de ja maison des externes, inhabitable depuis le siège ; les réparatons aux murs de clôture, aux bâtiments de la basse-cour en 1767 et 68 ; le renouvellement du plancher et des marches du sanctuaire en 1772: tout cela ne fut effectué que moyennant les encouragements et les largesses du digne prélat. Lui-même pourvut au rétablissement du confessionnal et à la construction de la chambre des portiers, ce qui lui coûta treize cent quatre-vingt livres, »
A l'Hôtel. Dieu, les sœurs se trouvaient dans une détresse presque incroyable, et sans ressources pour y remédier ; elles en vinrent jusqu’ être obligées de vendre le peud’argenterie qu’elles possédaient et même une grande horloge, pour pouvoir subsister. Mais au retour de Mgr Briand, de Londre’, elles purent ceinpter sur le pain quotidien, que leur procura ce bon père des familles religieuses. « Non content de mettre à l’œuvre toute son influence auprès de ses diocésains, il retrancha même de son revenu particulier des sommes considérables pour Les assister, et il savait relever le prix de ses dons par une délicatesse de procédés charmante. » (a)
Et si nous ouvrons les annales de l'Hôpital-Général, nous trouverons encore le prélat occupé à consoler des afflictions et à soulager des misères.
« Le dénûmeat où la maison se trouvait réduite, ne pouvait manquer d’inspirer à ses amis les plus vives appréhensions. Mgr Briand en éprouvait une peine profonde ; la ruine complète de notre établissement lui paraissait imminente, et dans sa douleur et son emharras, il élevait sans cesse les yeux et les mains au ciel, d’où il attendait son secours. Un jour, il communiqua ses tristes réflexions au chanoine de Rigauville, et, le voyant touché du triste état où se trouvait l'hôpital : « Eh bien ! mon cher ami, voulez-vous vous charger du soin de ces pauvres filles, faire leurs affaires, veiller sur leurs biens... en devenir le père : vous en êtes bien capabie, si vous le voulez ; vous voyez qu’il ne m'est pas possible de faire cela à la place où je suis, chargé d’un diocèse. » Pressé par son évêque, en même temps son ami, le vertueux
(a) Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec par l'abbé Uusgrain,
chana qu'il $
L’'a lui-mé ainsi ( la mé
deux surpas d'acqt ce qui deux | Si penda qui se aucun désast:
dévore par M:
époque écrivai et pou inspire désirs, de son fut en Troi de la ( feu tot obligé:
MGR BRIAND 295 Tesse chanoine accepta, et il fut la providence de l'Hôpital-Général, elles qu'il sauva de la ruine et qu’il rendit prospère. terie L’annaliste nous apprend encore que Mgr Briand faisait pour lui-même de généreuses aumônes à la communauté ; c’est , de ainsi qu’il donna douze cents livres pour aider à reconstruire leur la ménagerie ; en 1778, ses largesses s’élevaient à près de ntent deux cents louis et en 1779, nous lisons : « Mgr Briand a 1océ- surpassé notre attente par ses libéralités ; il s’est chargé names d'acquitter tous les comptes de la maison de nos domestiques, x de ce qui est monté à la somme de trois mille deux cent vingt. } deux livres»
nous Si les communautés de Montréal avaient été épargnées tions pendant la guerre, elles ne furent pas exemptes des malheurs qui semblaient ne vouloir épargner aucune institution ni 1vait aucune ville de la colonie. Le 18 mai 1765, un incendie ions, désastreux éclata à Montréal, et, en moins de deux heures, >0mM- dévora plus de cent maisons, parmi lesquelles l'Hôpital fondé dans par Madame Youville. Mgr Briand était à Londres, à cette x el époque, et impuissant à venir en aide à cette communauté ; il r, il écrivait à son ami,M. Marchand, pour lui dire toute sa douleur, ille, et pour le conjurer de faire en leur faveur tout ce que lui tal : inspirerait sa charité. Le vicaire général avait prévenu ses soin | désirs, et, par un mandement adressé au clergé et aux fidèles urs de son gouvernement, il fit à leur générosité, un appel qui e, si fut entendu.
de Trois ans après, le 11 avril 1769, c'était le tour des Sœurs ssé de la Congrégation, qui virent, elles aussi, consumer par le eux feu tous leurs bâtiments, leur église, leurs meubles, et furent
obligées d'aller demander asile aux Sœurs de l'Hôtel-Dieu,
Les messieurs de Saint-Sulpice ne manquèrent pas de leur venir généreusement en aide.
Mgr Briand, toujours prêt à secourir les infortunes, se hâta de publier un mandement adressé aux fidèles de sa ville épiscopale, pour les inviter à secourir les familles affligées de Montréal, et, en particulier, la famille religieuse de la sœur Bourgeois. Et afin que la collecte fût plus abondante, il poussa le dévouement jusqu'à se transporter lui-même, de maison en maison, pour recueillir les fruits de la compassion et de la libéralité des citoyens.
Au mois de juillet suivant, l’évêque se rendit à Montréal pour consoler, par sa présence, les infortunées victimes du fléau, et contribuer, suivant ses faibles moyens, au rétablissement d’une maison religieuse qui produisait un si grand bien dans son immense diocèse.
Affaire
« le cha moins Québe disons voir à cniltés même penda:
minist il n’ét:
érisco deux é teur e1 en pût vacant mème voyant à Mgr
(a) Or
le sa illes euse plus orter ts de
tréal es du ablisrand