‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 5 sur 132 · CHAPITRE ïll · texte numérisé non relu

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Triste état de la colonie.—Zèle de Mgr de Laval pour les missions.—$es visites

pastorales,

Comme nous l'avons dit précédemment, Mgr de Laval avait trouvé la colonie dans un état vraiment lamentable, sans secours suffisants de la mère-patrie, et exposée aux incursions continuelles des Iroquois qui ne se proposaient rien moins que d’exterminer tous les Français. Le dangor était si grand, que dans la ville de Québec même, les Ursulines et les Sœurs de l’Hôtel-Dieu étaient ohbligées de se retirer la nuit dans le vaste couvent des Jésuites, plus facile à défendre que les monastères de ces bonnes religieuses. A Montréal, le périlétait plus imminent encore, et n’eût été, en 1660, le dévouement héroïque de Daulac et des seize héros qu'il commandait, tous les habitants auraient péri dans un effroyable massacre.

C'est au milieu de fatigues et d'alarmes sans nombre, dans un pays affligé de plus par une cruelle disette, que Mgr de Laval passa les trois premières années de son épiscopat. Mais son courage n’en fut yas affaibli. Nature fortement trémpée, cœur intrépide, ilszmblait grandir dans lesépreuves, et sa présence consolait les citoyens affligés et ranimait leur espérance,

Il n’attendit pas que tout danger eût disparu, pour s'occuper de l’évangélisation de son immense vicariat apostolique.

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Dès 1660, des missionnaires furent envoyés dans les parties les plus lointaines, et des mesures furent prises pour faire porter les lumières de la foi jusqu'aux environs de la Baie d'Hudson. Grâce à son zèle apostolique, les Hurons, les Algonquins, les Abénaquis, et les Sioux furent évangélisés, et firent plus tard la joie et la consolation de leur premier

pasteur.

Sa soif dévorante du salut des âmes poussait même l’homme de Dieu vers les régions reculées du Lac Supérieur. S'il ne suivit pas dès lors l'impulsion de sa charité évangélique, c’est, disent les relations de 1660, qu’il était incapable de se diviser.

« Du moins, ajoutent-elles, son cœur y a volé, pendant qu'il » s'arrête ici, au centre de toutes ces missions, pour pouvoir » donner ses soins ét partager son zèle également. »

Les contempcrains de l’illustre évêque ont pu constater l'exactitude de ce témoignage. En effet, quels trésors de dévouement ne dépensa-t-il pas dans les travaux d’un ministère qui s’exerçait tantôt à la ville, tantôt à la campagne ! Que de fatigues, de misères de tout genre accompagnaient l’apôtre dans ses courses diverses, à une époque où les voyages, soit par mer soit par terre, n'étaient adoucis par aucune des améliorations que le progrès moderne a intro. duites dans notre manière de voyager !

L'été, on nous le représente dans un léger canot, ramant lui-même pour hâter la marche du frêle esquif. L'hiver, on le voit, avec sa chapelle sur le dos, parcourant, en raquette, la plaine glacée. Un pauvre morceau de pain : voilà souvent tout ce qui apaisait la faim du missionnaire. De là pour l’héroïque prélat, des infirmités qui l’accablèrent pen-

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dant toute sa vie, et contribuèrent même, par la suite, à le faire renoncer à ses fonctions épiscopales.

Le registre des confirmations nous donne des détails très intéressants sur les visites pastorales de Mgr: de Laval. On aimera sans doute à savoir quelles sont les paroisses qui ont eu l’insigne honneur de posséder pendant quelques jours le premier évêque de la Nouvelle-France.

En 1660, Mgr de Laval confirma au Château-Richer, à Québec, à Trois-Rivières et à Montréal. Dans cette dernière ville, on voit parmi les confirmands, Paul de Chomedey, l'illustre fondateur de Ville-Marie. L'année suivante, visite pastorale à Sillery, et au 1er mai 1662, au monastère des Ursulines. De retour d'Europe où, comme on le verra, il passa une année, Mgr de Laval reprit ses courses évangéliques, et le 23 mars 1664, confirma à la cathédrale, puis au Cap des Trois-Rivières, à Trois-Rivières et à Montréal. En 1665, il fit descendre le Saint-Esprit sur cent cinquante-deux confirmands de la paroisse de Québec.

En 1666, la visite pastorale commença le 21 du mois de février ; en voici l'itinéraire : Ghâteau-Richer, Ange-Gardien, Québec, Cap de la Magdeleine, Montréal, Fort-Sorel, et Trois-Rivières.

Les Relations des Jésuites parlent de la manière suivante de ses courses pénibles en 1668 : « Mgr l’évêque de Pétrée, après avoir fait partout sa visite en canot, c’est-à-dire à la merci d’une frêle écorce, et après avoir parcouru touie nos habitations depuis Québec jusqu’au-dessus de Montréal, donnant même jusqu’au Fort de Sainte-Anne, qui est le

. plus éloigné de tous les forts, à l'entrée du Lac Champlain,

voulut faire part de ses bénédictions à notre église des

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