‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 132 · RER RER · texte numérisé non relu

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Sauvages de Tadoussac, s’y étant rendu vers la fin de juin, après avoir bien souffert de la part des calmes et des tempêtes de la mer.

» Les heureux succès que Dieu a donnés aux armes du roi dans la Nouvelle-France, faisant jouir nos Sauvages de Tadoussac, aussi bien que tous les autres qui nous sont alliés, des agréables fruits de paix; cette église que la crainte de l’Iroquois avait dispersée çà et là, s’est heureusement réunie dans son poste, qui est l'embouchure de la rivière du Saguenay, appelée Taaoussac. Mgr l’évêque le sachant, et ayant été informé, dès le printemps, de la satisfaction que les Sauvages de cette église avaient donnée à leur pasteur, le P. Henri Nouvel, qui avait hiverné avec eux, dans les bois, fit savoir qu’il les visiterait.

» Cette nouvelle les consola beaucoup, mais son arrivée à Tadoussac, qui fut le 24 juin 1668, les combia de joie qu'ils

> firent paraître en sa réception, car s'étant trouvés au nombre

de quatre cents âmes à son débarquement, ils témoignèrent par la décharge de leurs fusils et par leurs acclamations, le

* contentement qu'ils avaient de voir une personne qui leur

était si chère et dont la plupart avait souvent expérimenté les bontés.

» Ils l’'accompagnèrent ensuite en leur chapelle d’écorce,

- lo feu ayant réduit en ce 1dres celle qu'on leur avait bâtie; : et là 11 leur fit dire le motif de son arrivée en ce lieu, à savoir pour se conjouir avec eux de l'affection qu'ils témoi-

gnent avoir envers leur christianisme, pour admiï:istrer le sacrement de confirmation à ceux qui ne l’ont pas reçu et

L pour les assurer des bons sentiments que le roi a pour eux,

dont ils ont des marques bien évidentes, par la paix à

24 NOTICES BIOGRAPHIQUES laquelle il a forcé les Iroquois. Cela fait, la charité de leur digne évêque les ravit, lorsqu’au sortir de la chapelle, ils le virent entrer dans leurs cabanes les unes après les autres, peur y visiter les malades et leurs capitaines, consolant ceux: là par sa présence dont ils éteient confus et par ses charités qu’il étendait sur eux, sur leurs pauvres veuves et sur leurs orphelins, et encourageant crux-ci à appuyer ceux-là de la foi de leur autorité et à se maintenir toujours dans les devoirs de véritables chrétiens; ce qu’il renouvela en un célèbre festin, leur recommandant surtout de n’oublier jamais les obligations insignes qu’ils ont au roi, qu’ils doivent considérer comme leur libérateur et comme celui à qui seul, après Dieu, ils ont l'obligation de leur repos et de leur vie.

« Les quatre jours suivanis furent employés à disposer à Ja confirmation ceux qui ne l’avaient pas encore reçue. Ce sacrement fut administré à diverses reprises à cent quararniteneuf personnes. La dévotion avec laquelle ils l'ont reçu et qu’ils ont fait paraitre partout aillenrs, a ravi monseigneur, et lui a fait avouer que les peines qu’il a prises pour ce voyage, lui donnent une satisfaction toute particulière, de voir de ses propres yeux le christianisme en vigueur et la piété régner parmi ces pauvres Sauvages autant et plus que parmi beaucoup de nations policées. Dieu réservait à cette mission la conversion de quelques Sauvages infidèles qui ont vécu longtemps parmi les chrétiens avec une aversion étonnante du christianisme, et qui se sont trouvés si fortement touchés par la venue elles instructions de Mgr de Pétrée, qu'ils ont changé tout d'un coup de résolution et n’aspirent plus depuis ce temps-là qu'au baptême. C’est un effet des bénédictions qu'accompagne toujours le caractère, et qui va

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donner une nouvelle force à nos chrétiens, dans l'espérance qu'ils ont de jouir encore les années suivantes, du même

bonheur.»

Les immenses consolations attachées à cette mission, ne furent pas les seules qu'éprouva le digne apôtre pendant l'année 1668. Plusieurs ecclésiastiques vinrent de France au Canada pour se mettre sous sa direction pastorale et travailler avec iui däns son église naissante. Il manifesta la joié que lui procura leur venue dans une lettre adressée à M. Poitevin, curé de Saint-Josse à Paris.

» Le secours des prêtres que vous nous avez envoyés est venu fort à propos, pour nous donner le moyen d'assister

divers lieux de cette colonie, qui en ont un notable besoin, et sans lesquels ils auraient été destitués de toute assistance | La venue de M. l'abbé de Queylus, avec plusieurs bons . ouvriers tirés du Séminaire de Saint-Sulpice, ne nous a pas . moins apporté de consolation; nous les avons tous embrassés » dans les entrailles de Jésus-Christ Ce qui nous donne : une joie plus sensible est de voir notre clergé dans la dispo- . sition de travailler tout d’un cœur et d’un même esprit à

D procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes, tant des * français que des sauvages... Les pères Jésuites s’y emploient À toujours avec le même zèle qu'ils y ont travaillé pendant . quarante ans, j'en ai reçu des témoignages sensibles après 4 le retour de nos visites. »

En 1669, Mgr de Laval confirma dans les paroisses de

l'Ile d'Orléans et sur la côte de Beaupré, puis il continua à » Dombourg (Pointe-aux-Trembles), Ile de Montréal, Sault D Saint-Louis, Montréal, FortSaint-Louis, Champlain, Batiscan, Québec. En 1675, Le saint prélat se trouvait à Montréal pour

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les fêtes de la Pentecôte. Le 25 mai, il se rendit à la Prairie de la Magdeleine où il autorisa la construction d’une chapelle auprès du fort Saint-Lambert.

Les paroisses suivantes eurent le bonheur de voir et d’entendre leur premier pasteur dans le courant de 1676 : Boucherville, Montréal, La Prairie de la Magdeleine, Sorel, Saint-Ours, Contre-Cœur, Rivière-du-Loup, Saint-François, Trois-Rivières, Cap de la Magdeleine, Grondines, Dombourg et Québec. En 1681, on trouve pour la première fois d’autres noms de paroisses visitées, telles que Verchères, Boucherville, Repentigny, La Chenays, La Valtrie, Cressé (Nicolet), Rivière-Puante, Gentilly, Sainte-Anne, Deschambault, Ile Jésus, Cap Saint-Michel, Isle-aux-Oies, Cap Saint-Ignace, Rivière-du-Sud, La Durantaye, Beaumont, Pointe de l’église Saint-Joseph.

D’après le registre cité, Mgr de Laval aurait donné la confirmation à près de cinq mille personnes.

Le nombre de prêtres ordonnés par lui, s'élève à quarante etun. Le premier canadien qui reçut l’onction sacerdotale fut M. Germain Morin. Il fut ordonné le 29 sept. 1665, devint secrétaire de l’'évèque et, après avoir été curé dans plusieurs paroisses, entre autres à la Bonne Sainte-Anne, il mourut à l’'Hôtel-Dieu, Le 20 août 1702.

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Voyage de Mgr de Laval en France.—Érection de l’Évêché de Québec et du Conseil Souverain.—Retour au Canada.—Fondation du Séminaire.

La grande sollicitude de Mgr de Laval pour son église, la nécessité de l'érection à Québec d’un évêché, d'un chapitre, ‘un séminaire, en même temps que l'établissement d’un onseil souverain, l’engagèrent, au mois d'août de 1662, à léntreprendre un voyage d'outre-mer.

Le digne prélat reçut à la cour de Louis-le-Grand, les honneurs dûs à sa naissance, à ses éminentes vertus, à ses travaux, ët au prestige alors attaché à une mission au-delà des mers. Le roi de France qui, sous les humbles habits du missionhaire, avait su reconnaître l’illustre pontife, l’honora d’une ättention toute particulière. Approuvant les vues élevées de Mgr de Laval, il lui promit l'établissement à Québec d’un ivêché dont il devait faire solliciter les bulles d’érection par fon ambassadeur à Rome. La fondation d’un séminaire re çut également son approbation, ainsi que toutes les mesures jui lui furent soumises par l'évêque du Canada. Ë Quelle ne dut pas être la joie du zélé prélat en entre- Voyant la réalisation prochaine de ses plus chers projets ! Aussi plus touché des heureux fruits de son voyage à Paris, Que des honneurs dont on l'y avait comblé et des brillantes Jromesses d'avenir qu’on lui avait faites, s’il eût voulu rester h France, Mgr de Laval fit voile pour le Canada, pendant les

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fêtes de la pentecôte, de l’année 1663. IL était accompagné de î troupes envoyées à Québec et de cent familles françaises des. ne Pro] tinées à peupler le pays. Ces familles furent accordées à la ss Nouvelle-France, par le roi, à la demande de Mgr de Laval. Il |

ne faut pas oublier le chevalier de Mézy, qui venait à Québec SSSMditic pour y remplacer le baron d’Avaugour, comme gouverneur sont de la Nouvelle-France. M. de Mézy était bien connu du Scier: prélat, qui avait partagé jadis avec lui la touchante hospi | puis: talité de M. de Bernières, à l’Hermitage de Caen. Aussi À que l'évêque l’avait-il hautement recommandé à Louis XIV, Etre

comme parfaitement qualifié par ses vertus et ses talents, | pour gouverner avec sagesse la colonie naissante du Canada, À Une épidémie désastreuse qui sévit parmi l'équipage,

pendant la traversée, rendit le retour de Mgr de Laval exces- Set qu sivement pénible. Atteint lui-même du scorbut, l’évêque M de Québec se multiplia auprès des malades et des mourants MSSSrain Non content de prodiguer à lous le secours du ministère le à souv plus paternel, il s’imposa même des privations personnelles, Tapp en abandonnant à ses compagnons toutes les douceurs qu’on + Vo avait embarquées, pour tempérer les excessives fatigues de légli ce long voyage. voit Une fois réuni à sa chère église (15 sept. 1663), Mgr de èt re Laval hâta l’accomplissement des différentes mesures qu'il | qun avait proposées au roi. Malheureusement le despotisme Mtélét religieux de Louis XIV et le gallicanisme de son parle-! prètr ment retardèrent, jusqu’au 1er octobre 1674, l'érection du tent siège épiscopal de Québec. ux Le but de Mgr de Laval en demandant cette érection cano- vépre nique, était de soustraire le pouvoir religieux du Canada àf ordi la dangereuse pression de la puissance civile, comme on le SR la (

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mpagné de # constate par les lignes suivantes d’une de ses lettres à la

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ordées à la ! a nuages tintin tiennent tite > Laval. Il! « J’ai appris par une longue expérience combien la condiit à Québec dition du vicaire apostolique est peu assurée contre ceux qui rouverneur sont chargés des affaires politiques. Je veux dire-les officonnu du Ciers de la cour, émules perpétuels et contempteurs de la ante hospi. Mpuissance ecclésiastique, qui n’ont de plus ordinaire à objecter en. Aussi Mique l'autorité du vicaire apostolique est douteuse et doit ouis XIV, être restreinte dans de certaines limites. » ses talents, | C'est grâce aux instances et aux persévérants efforts de du Canada, Minotre premier pasteur que le siège de Québec devint aussi l'équipage, indépendant qu'il pouvait l'être de la cour de France, et aval exces- Bet que sa dépendance immédiate de Rome fut maintenue. t, l'évêque Mgr de Laval avait le plus grand respect pour le Souve- , mourants rain Pontife et pour l’Église Romaine. Il écrivail très ninistère le souvent au Saint-Siège, pour consulter ou pour RRVONSE des rsonnelles, MSrapports détaillés sur l’état de son diocèse. ceurs qu’on Voici ce qu'il dit, dans sa relation de 1661, en parlant de fatigues de l'église qui devait bientôt devenir sa cathédrale : «On y Moit une église en forme de croix latine construite en pierre ét regardée dans les commencements de la colonie comme ün vaste et magnifique bâtiment. On y observe pour la élébration du service divin le cérémonial des évêques ; les brôtres ainsi que les jeunes clercs élevés au séminaire assis- Ent toujours aux offices, avec dix ou douze enfants de chœur. Aux fêtes solennelles, on y chante en musique la messe, les Yépres et le salut, avec accompagnement d’un instrument à Cordes et de l'orgue, qui ajoutent beaucoup à l'harmonie et À la douceur du chant. J'ai pris mon domicile au séminaire, Ê j'ai huit prêtres avec moi.»

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Le pays est encore redevable à Mgr de Laval de la créa. À tion d’un conseil souverain. C'était là, comme on l’a vu plus haut, l’un des buts de son voyage en France, et la preuve de M sa grande sollicitude pour tout ce qui touchait aux intérêts à de la colonie. «11 fut l’âme et la vie de ce conseil dont il À avait elé le véritable fondateur... c'est lui qui l'avait fait | établir par le roi, qui en avait nommé le président dans la | personne du gouverneur de son choix, qui en nomma aussi Ë tous les membres et tous les officiers. C’est lui qui le mit ! en mouvement et qui dirigea les travaux de cette grande | institution, dans laquelle étaient concentrées toutes les À

forces vives de la colonie.» (a)

Mais l’œuvre fondamentale de Mgr de Laval, celle qui suf. : firait à immortaliser son épiscopat, et qui redit encore son |

nom à toute l'Amérique du Nord, fut sans contredit le Sémi-

naire de Québec. Latour dit que ce fut «le chef-d'œuvre et |

l'ouvrage favori de ce saint prélat. »

En l’établissant par son mandement du 26 mars 1663, } Mgr de Laval s'appuie sur le concile de Trente et sur |

l'exemple de saint Charles Borromée. Il veut que son sémi-

naire « serve de clergé à cette nouvelle église ; on y élevera | » et formera les jeunes clercs qui paraîtront propres au ' » service de Dieu..…...nous désirons que ce soit une conti. » nuelle école de vertu et un lieu de réserve, d'où nous puis. À | » sions tirer des sujets pieux et capables pour les envoyer à

» toutes rencontres, et au besoin dans les paroisses, et tous » autres lieux du dit pays, afin d’y faire les fonctions » curiales..….. et les retirer des mêmes paroisses et fonctions,

» quand on le jugera à propos... sise à À

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| Comme on le voit, tous les curés étaient amovibles, et

d'après le mandement, ils appartenaient au séminaire, qui

recevant toutes les dimes, se chargeait de leur subsistance

et était obligé de les assister en santé et en maladie.

* L'intention de Mgr de Laval était de faire de tout son clergé une famille dont il fût le père. Aussi l’appelait-il « la sainte famille des missions étrangères. »

Le 30 décembre 1663, le séminaire devint propriétaire du terrain qui environnait la cathédrale, et trois ans plus tard, Mgr de Laval acheta de Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard, un emplacement de 16 arpents situé dans un des plus beaux endroits de la ville. C'est là qu'il fit construire son séminaire, qui fut d’abord une grande maison en bois; sur la porte on lisait «S M E »—Séminaire des Missions Étrangères. Le Séminaire de Québec était agrégé à celui des Missions Étrangères de Paris; cette union fut faite

en 1665, renouvelée en 1675, et confirmée par le roi en 1676.

Jusqu'en 1668, on se borna à former aux fonctions ecclé-

Lsiastiques les jeunes gens qui avaient étudié chez les Jésuites

‘ou qui arrivaient de France suffisamment instruits. Mais

bientôt il fallut songer à fonder un petit séminaire, et Mgr -de Laval, toujours confiant en la divine Providence, n’hésita

Ë pas à en faire l'ouverture, le 9 octobre de cette année. On accommoda une vieille maison achetée de madame Couillard, et on y logea les élèves dont le séminaire payait la ‘pension chez les Jésuites. Cependant, vu le petit nombre de Lprofesseurs disponibles, les enfants continuèrent de fréquenter bles classes des révérends Pères.

Huit jeunes hurons et huit jeunes canadiens furent les

premiers élèves du petit Séminaire de Québec. Voici ce que

dit Mgr de Laval dans une lettre qu’il écrivait, le 3 novembre 1668, à M. Poitevin, curé de Saint-Josse, à Paris: «Comme le roi m'a témoigné qu’il souhaitait que l’on tâchât d'élever à la manière de vie des Français, les petits enfants des sauvages, pour les policer peu à peu, j'ai formé exprès un séminaire où j'en ai pris un nombre à ce dessein; et pour y mieux réussir, j'ai été obligé d'y joindre de petits français, desquels les sauvages apprendront plus aisément et les mœurs et la langue, en vivant avec eux.»

Cependant l’évêque ajoute plus loin que le succès de cette entreprise lui paraît fort douteux, et l'avenir justifia ses prévisions. En effet, les efforts réunis des instituteurs vinrent se briser contre l’indolente nature des élèves, qui avaient plus d’aptitudes pour la chasse et la pêche que pour les éléments de la grammaire, et il fallut bientôt renoncer à l’idée d’avoir des élèves parmi les Sauvages. Aïnsi se manifestait ce jugement exquis, cet esprit de pénétration qui caractérisaient à un si haut degré le premier évêque du Canada.

Dans le même temps, Mgr de Laval fondait un autre collège sur la Côte de Beaupré, à Saint-Joachim. Cette institulion destinée aux enfants des paysans, avait pour but d'enseigner les éléments de la grammaire et du calcul, et de former les élèves à différents métiers, mais surtout à l’agriculture. Les besoins de la colonie, à cette époque, disent assez l'utilité de la nouvelle maison jondée par Mgr de Laval.

Avec l'instruction, on y puisait aussi le courage et la valeur qui font les héros, témoin les prodiges de bravoure des élèves de Saint-Joachim, pendant l'attaque des Anglais en 1690.

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Après la mort de son fondateur, cette maison, privée de tout secours, ne fit que languir jusqu’en 1715, et alors elle fut complètement abandonnée. L'’évêque songea aussi à faire deux autres établissements au Châtear-Richer: l’un pour les sœurs de la congrégation, l’autre pour un collège qui, à cause de la proximité de la ville, aurait remplacé celui de Saint-Joachim. Le second incendie du Séminaire de Québec, en 1705, et le décès du prélat, en 1708, empêchèrent

de réaliser ce dernier projet. Quant au couvent, il subsista

et fut tenu par les sœurs jusqu’à l’époque de la conquête, où il fut incendié. Les fondations de cet édifice sont encore visibles près de l’église du Château-Richer.

Mgr de Laval avait donné pour ainsi dire toute son âme à l'œuvre de son séminaire, il lui donna aussi sa fortune et lui légua la seigneurie de Beaupré, l'Ile Jésus, la seigneurie

de la Petite Nation, et tous ses meubles, livres, etc., et arré- } rages de rentes qui se trouveraient en sa possession au * moment de sa mort.

En 1678, la grande maison en bois, bâtie en 1666, fit place

> à un nouvel édifice en pierre, l’un des plus beaux du pays,

h et capable de loger tous les élèves du grand et du petit sémi- | naire.

« Rien, dit l’histoire manuscrite du Séminaire de Québec,

b ne représente mieux la primitive Église que la vie de ce L clergé. Ils n'étaient tous qu’un cœur et qu’une Âme sous la conduite de Mgr de Laval. Ils ne faisaient qu’une seule } famille dont il était le père. Biens de patrimoine, bénéfices . simples, pensions, présents et honoraires ; ils mirent tout en : commun. Mgr de Laval ne faisait rien de considérable | que de concert avec tout son clergé; ses biens étaient

aussi en commun. Il n’y avait ni riches, ni pauvres, ils étaient tous frères. »

Fondéé par un saint, habitée par des ecclésiastiques qui rappelaient les vertus des premiers chrétiens, une telle maison ne pouvait manquer d'attirer sur elle les plus précieuses bénédictions du ciel. Aussi serait-il difficile de dire tout le bien qu'a fait et fait encore le Séminaire de Québec dans le Canada, et l’on peut dire dans toute l'Amérique Septentrionale, L'arbre planté par Laval a grandi, arrosé par bien des larmes ; ses rejetons sont vigoureux, et il peut aujourd’hui convier tous les enfants du pays à s'asseoir à l'ombre de ses branches et à se nourrir de ses fruits. «Le Séminaire, dit le chanoine de La Tour, ne s'est pas borné à former de bons prêtres pour la colonie, on y travaille encore à y former des missionnaires pour les Sauvages, ce qu’on a exécuté depuis avec succès chez plusieurs nations, entre autres dans celles des Abénaquis dans l’Acadie, des Tamarois et des Illinois le long du Mississipi, où l’on entretient toujours plusieurs missionnaires, conformément à une clause du testament de Mgr de Laval.» Les missions acadiennes furent inaugurées sous l'administration de ce prélat en 1677; celles des Tamarois commencèrent sous Mgr de Saint-Vallier, en 1698.

Montréal avait aussi son séminaire fondé par M. de Queylus et M. l'abbé Souart, tous deux prêtres de Saint-Sulpice. L'histoire de l’Hôtel-Dieu de Quét:* dit que «cette nouvelle maison a été soutenue depuis par lus sujets que le séminaire de Paris lui envoie tous les ans, qui édifient le peuple par leurs vertus, qui l’aident et le consolent par leurs instructions et qui le soulagent par les abondantes aumônes qu'ils répandent dans toute l'étendue de cette île.» Comme on le

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voit, les Sulpiciens d'alors étaient bien ce qu’ils sont aujourd'hui ; et c’est à eux que la ville consacrée à Marie dut en

iques qui | grande partie ses merveilleux établissements de charité et elle mai- à d'éducation qui s'élevèrent comme par enchantement et qui récieuses | font son honneur et sa gloire.

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