CHAPITRE IV
Affaire de place d'église à Sainte-Anne d’Yamachiche. — Décisions contradictoires de Mgr D’Esglis. — Il casse son grand vicaire. — Sx mort. — Ses obsèques.
Les cours de justice et le Conseil Législatif furent à cette époque saisis d’une affaire purement locale, mais qui eut un grand retentissement dans la colonie et qui fut la cause de discordes regrettables. Un incendie avait détruit, en 1781, l’église de Sainte-Anne d'Yamachiche, et la place d’un nouveau temple avait été marquée, trois ans après; mais l’endroit choisi était situé près de la petite rivière, tandis que l’ancienne église était bâtie près de la grande rivière. Comme il arrive presque toujours en pareil cas, les gens qui avaient autrefois profité du voisinage de l’église, se plaignirent à grands cris de la prétendue injustice qu’on leur faisait, et ne furent pas longtemps sans se présenter devant les tribunaux. Au milieu de ces difficultés, le vieil évêque de Québec ne savait trop que faire, et malheureusement il ne voulait écouter aucun conseil de son vicaire général. Aussi, ayant perdu la mémoire de ce qui s'était passé et des décisions qu’il avait données lui-même en 1785, il fit, en 1786 et 1787, deux ordonnances absolument contradictoires au sujet du site de la fameuse église d’Yamachiche. Les habitants de la petite rivière qui étaient les derniers lésés, se plaignirent de nouveau et allèrent en vain se présenter devant l’évêque,
378 NOTICES BIOGRAPHIQUES qui leur dit de se tenir tranquilles. Une requête injurieuse au prélat fut présentée au Conseil Législatif et communiquée à celui qui en était l’objet. Enfin deux sentences furent rendues en appel par le Conseil et décidèrent que la seule église paroissiale serait celle dont la place avait été marquée, en 1784, sur la petite rivière, par l’autorité compétente.
Dans le mois de novembre 1788, Mgr Hubert fit un mandement pour appuyer ces décisions finales et obliger les habitants à s’y soumettre.
Cette malheureuse affaire rendit de plus en plus difficiles les rapports entre M. Gravé et Mgr D’Esglis, qui accusait son grand vicaire d’être la cause de tout le mal et d’être mal vu du gouvernement anglais. Enfin la crise éclata, et le 17 avril 1788, l’évêque lui retira ses pouvoirs. Cett2 destitution causa un grand étonnement «ans la ville, et un profond chagrin dans les communautés religieuses dont M. Gravé était le confesseur et le supérieur.
Mgr D’Esglis ne vécut pas longtemps après cet acte d’autorité. Le 2? juin de la même année, le médecin annonça que la faiblesse croissante du vieillard faisait pressentir une fin prochaifñe. Le père De Glapiva, son confesseur, se hâta de se rendre auprès de son illustre pénitent, qui mourut, le 4 juin 1788, à l’âge de 78 ans, après avoir reçu le saint-viatique et l’extrême-onction, en pleine connaissance et dans des sentiments de piété et de parfaite soumission à la volonté de Dieu. (a)
Le jour de ses obsèques, vingt prêtres célébrèrent la messe pour le repos de son âme, dans l’église de Saint-Pierre, où
(a) Lettre de l’abbé Hamel, secrétaire de Mgr D’Esglis.
ieuse iquée urent seule quée, à, andehabi-
ficiles cusail re mal le 17 estituofond Gravé
d’aunonça r une âta de t, le 4 tique s senté de
nesse
e, Où
MGR D'ESGLIS 379
son corps fut inhumé, conformément au désir que Sa Grandeur avait manifesté longtemps avant son décès. Il avait voulu demeurer même après sa mort, dans la paroisse qu’il avait desservie avec tant de zèle et de charité pendant les cinquante-quatre années de son sacerdoce. Parmi ceux qui figurent dans l’acte de sépulture on remarque les noms suivants : L’"‘onorable G. J. Chaussegros de Lery et le comte Dupré, membres du Conseil Législatif et neveux du défunt; Ant, Juchereau Duchesnay, écuier, seigneur de Beauport, Chs-Étienne et Alex.-André-Victor Chaussegros de Lery, ses petits neveux ; M. Gravé, supérieur du Séminaire ; tous les élèves du Grand Séminaire ; les RR. PP. Giroux er Casot, Jésuites, et le R. P. Félix Berey, provincial des Récollets,
Ba %
Mcr HUBERT