‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 63 sur 132 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Naissance de MgriBailly.—Il étudie à Paris.—Il fait son grand séminaire à Québec.—Ordination.—Missionnaire en Acadie.—Lettres de l’abbé Bailly. —Il revient au séminaire.—Aumônier d’un bataillon, il est blessé par les rebelles à; Saint-Pierre.—Professeur de théologie au séminaire.—Curé à la

Pointe-aux-Trembles.

Charles-François Bailly de Messein naquit à Varennes, le 11 novembre 1740, de François-Auguste Bailly de Messein et de Marie-Anne Degoutin. Après lui avoir donné le bienfait d'une bonne éducation, ses parents, bien que peu fortunés, l'envoyèrent passer quelques années en France, où il eut l'inappréciable avantage d'étudier au Coilège Louis-le-Grand. De retour en Canada, le jeune Baïlly se distingua par ses belles manières, par son esprit et par ses connaissances variées. Une carrière brillante semblait s'ouvrir devant lui, les succès l’attendaient dans le monde où il aurait rendu peut-être plus de services que dans l’Église. Esprit ardent, naturellement ambitieux, appartenant à une famille distinguée, il avait tout ce qu’il fallait pour réussir et pour parvenir aux premières, places.

Il se crut cependant appelé à l’état ecclésiastique---nous ne sommes pas assez téméraire pour dire qu’il se trompait—et

mn

SPRL SALE NA UF nt

il prit l’habit ecclésiastique au Séminaire de Québec. Mgr Briand le fit prêtre, le 10 mars 1767, et, dès le mois d’août suivant, il le chargea d’aller remplacer, à Haïifax, l’abhé Maillard qui venait de mourir. (a)

Ce zélé missionnaire était le seul dont la présence avait été tolérée dans la Nouvelle-Écosse, depuis 1759.

L’évêque de Québec, en choisissant l’abbé Bailly pour ce poste difficile, espérait que ses qualités sociales le feraient accepter plus facilement des autorités ombrageuses d'Halifax. Du reste, s’il n'avait pas l'expérience que donnent les années, il avait celle que l’on acquiert dans les voyages, et dans des études faites à l'étranger.

Mgr Briand lui avait obtenu du gouverneur du Canada, Sir Guy Carleton, des lettres de recommandation pour le gouverneur de la Nouvelie-Écosse, Franklin. Ce dernier le reçut, en effet, dès son arrivée, avec bienveillance et favorisa sa mission auprès des Acadiens. (b)

« Ceux-ci, dit l’abbé Casgrain, commençaient à se grouper principalement le long de la baie Sainte-Marie jusqu’au Cap de Sable, et du côté de l’isthme : à Memramcook, et à Peticoudiac. D’autres groupes étaient déjà formés au Cap- Breton et le long des rivages du golfe.

(a) Ce fut malgré la chère et illustre famille et surtout malgré la tendre mère de l’abbé Bailly, que cette mission lui fut donnée.—Lettre de Mgr Briand, 5 juin 1771.

(b) M. Bailly avait fait la meilleure impression sur Franklin, qui écrivait au gouverneur Carleton : ‘ His conduct has been hitherto irreprochable, and, to all appearance, bids fair to be of great benefit to this Province, by quieting the mind of the Indians who began to be very uneasy ; and his mission has this further good tendency vf reconciling the sonsciences of the Acadians, who have lately taken the oath of allegiance to His Majesty’s Government.” Mova Scotia Archives. Franklin to Carleton, August 17th 1768,

c. Mgr s d'août , l'abbé

ce avait

pour ce feraient s d'Halinent les yages, el

Canada, ) pour le iernier le > et favo-

grouper u’au Cap et à Petiau Cap-

tendre mère gr Briand, 5

écrivait au able, and, to quieting the ion has this hs, who have Nova Scotia

« La juridiction de l’abbé Bailly s’étendait sur tout cet immense territoire qu’il lui fallait parcourir d'étape en étape. Il avait en outre à visiter la rive occidentale de la baie de Fundy, où se trouvaient des familles sauvages, et la mission de Sainte-Anne, formée des débris de la population de la rivière Saint-Jean, laquelle s'agrandissait rapidement par de nouvelles arrivées de proscrits.........

«L'abbé Bailly fut accueilli comme un sauveur par les Acadiens de la Nouvelle-Écosse. Ce jeune prêtre, dont les mains étaient pour ainsi dire encore humides de Ponction du sacerdoce, leur paraissait comme la colombe de l'arche apportant la branche d’olivier, après le déluge de maux qui les avait submergés. Avec quelle joie, avec quel empressement, ils tiraient de leurs cachettes, les objets du culte, les ornements d'église, les calices, les ciboires, etc. ete. ! On dressait un autel rustique dans une des chaumières les moins pauvres, Les femmes et les enfants y apportaient quelques fleurs des bois, ou cueillies dans les parterres. Puis on se réunissait pour assister à la sainte messe et recevoir les sicrements. On faisait baptiser les enfants, dont un grand nombre, nés depuis plus de douze ans, n'avaient

jamais vu de prêtre. Que de douces paroles étaient échan-

gées ! Que de larmes versées ! Mais celles-là n'étaient pas amères ; elles ressemblaient à ces gouttes de pluie qui tombent à travers les rayons de l’arc-en-ciel. » (a)

M. Bailly rendit compte à Mgr Briand des travaux, des misères et aussi des consolations de son ministère apostolique, Nous allons citer quelques extraits de ses lettres qui

rappellent les admirables et édifiantes relations des Jésuites,

(a) Un pèlerinage au pays d'Évangéline.

« Ekouipahan, (a) 20 juin 1768.

« Monseigneur,

«.. Si je n'ai point informé Votre Grandeur plus tôt de l’état de la mission confiée à mes soins, l'impossibilité en a été la cause. J'attends de la miséricordieuse bonté de N.s, Jésus-Christ, et j'espère que; cette vigne devenue stérile, portera bientôt des fruits abondunts. La mission d’'Ekouipahan où je réside ordinairement et où il paraît que le gouvernement veut me fixer, est presque toute composée de Sauvages Malécites, au nombre d'environ quarante et quelques familles assez bonnes.

« Les femmes et les filles ne boivent point, ni les garçons, etil y a aussi quelques hommes tempérants. J'ai obtenu d'eux qu’ils n’apportent plus d’eau-de-vie dans le village. Il y a, aux environs du village, onze familles acadiennes, celleslà même que Votre Grandeur a eu la bonté de confirmer à Sainte-Anne. (b) Les Acadiens qui sont restés parmi les Anglais, sont encore très fervents ; leur seul défaut est un grand entêtement, soit pour rester chacun dans son canton et ne vouloir point se réunir, soit pour avoir des terres aux mêmes conditions qu’ils les avaient autrefois, ne relevant que du roi. C'est ce que les Anglais, qui les détestent, leur ont reproché. Le gouvernement né veut point les concéder à cette condition, cependant on a exigé un serment de fidélité ; ils sont.très difficiles à desservir, car ils restent chacun

(a) Ekouipahan, appelé aussi Zkoupag, était un village indien situé à quarante lieues du fort Menagouech ‘‘ qui commande l’embouchure de la rivière Saint- Jean.”’ Mémoire sur le Canada, Archives de la Marine, Paris.

(b) Mission acadienne de la rivière Saint-Jean.

Am proY

endi serv où i ilm aller

. faud

« C prés:

mon quat les À

«© V Nou:

puis culti

js tôt de lité en a de N.S$, > stérile, d’Ekoui- > le gouposée de rante el

garçons, i obtenu age. Ily s, cellesfirmer à armi les t est un

canton rres aux relevant ent, leur oncéder

de fidé-

chacun

à quarante ière Saint-

to tomtom en mem emmener

dans des cantons séparés ; l’été, sur les bords de la mer à la pèche, l'hiver, dans les bois à la chasse.

«La mission des Micmacs est de toutes la plus nombreuse ; il y a trois villages principaux, le plus proche est Richibouctou, à soixante lieues; jamais il n’y a eu de missionnaires en ce lieu : les Sauvages ont toujours été desservis par Miramichi où ils sont plus nombreux, et à cent vingt lieues d'ici. Le dernier missionnaire de cet endroit est, je crois, le P. Maurice de la Corne. Les murs de la chapelle subsistent encore, et les Sauvages tiennent les ornements cachés; jamais je n’ai pu les leur faire rapporter. Une grande partie de ces Sauvages est venue ici, l’autre est allée à Ristigouche, sur ce qu’ils avaient entendu dire que le P, Ambroise y était. Le village de Ristigouche, étant de la province de Québec, s’il y avait un missionnaire en cet endroit, il pourrait, avec moins de difficultés que moi, desservir les îles Saint-Jean, la Magdeleine, et le Cap-Breton, où il y a encore quelques Acadiens. Pour desservir ces îles, il me faut faire un voyage long et coûteux; je ne pourrai aller en ces endroits que le printemps prochain, encore il me

. faudra commencer dès l’hiver.

«Grâce à la Providence du Seigneur, j'ai subsisté jusqu’à présent. Les présents des Sauvages et mon casuel peuvent monter à cent piastres et plus; c’est assez pour vivre sous quatre écorces ; les voyages m’embarassent un peu. Pour les Acadiens, il m'a fallu les faire vivre,

« Voilà à peu près, Monseigneur, l’état de la mission de la Nouvelle-Écosse. Santé, travaux, fatigues, inquiétudes, je puis assurer Votre Grandr 1r que je n’ai rien épargné pour cultiver cette partie du champ du Père de famille, que vous

avez confiée à mes soins. Si Votre Grandeur ne considère que la bonne volonté et l'envie de travailler, et non les talents et la vertu nécessaires à un si auguste ministère, je m'offre, je suis entre les mains de Votre Grandeur. Le moindre signe de sa volonté sera toujours pour moi la parole du Seigneur,

«J'espère que Votre Grandeur voudra bien obtenir pour moi du Père des miséricordes une petite étincelle de ce feu céleste qui embrase les cœurs ; mes travaux seront toujours inutiles sans cela.» (a)

Halifax, 23 mai 1769.

«Je suis à Halifax, depuis le mois de mai, où milord Campbell (b) a mille bontés pour moi qui ne les mérite guère, mais qui fais tout mon possible pour contenter et remplir les intentions de Votre Grandeur. Mais la mission est bien abondante et bien difficile ; les Acadiens sont épars çà et là, et la voix du pasteur n’est point assez forte pour les réunir, Les Sauvages sont assez bons ; je n’ai qu’un ennemi principal à combattre pour eux, c’est l’ivrognerie,

« Tout l'hiver j'ai été en voyage, et je me suis assez bien trouvé de la raquette, qui n’est pas à beaucoup près aussi difficile qu’on se l’imagine ; ce qui m'a le plus fait souffrir, c'est la pluie continuelle des mois de janvier et février. Dans le bois, couché sur une neige fondante, et à l'abri de quelques méchantes écorces, jugez de ma situation ; mille fois heureux, si, tandis que je ne pouvais avoir de feu pour réchauffer mon corps tout mouillé, j'eusse ressenti que mon cœur brûlait du feu de l’amour divin. Je crains et je tremble

(a) Mgr Briand nomma M. Bailly son vicaire-général le 17 octobre 1768. (b) Suocesseur de Franklin,

to!

vie Ar mc tro dir

“onsidère non les listère, je leur. Le la parole

enir pour de ce feu t toujours

ai 1769.

Jù milord les mérite ntenter et a mission sont épars e pour les n ennemi

ssez bien rès aussi t souffrir, t février.

à l'abri de bn ; mille à feu pour que mon e tremble

de ne pas correspondre à toutes les grâces que le Seigneur me fait.

« Ma mission est de plus de cinq cents lieues de tour. J'ai été extrêmement malade, un mois après mon retour de Québec ; ce mal me prit le jour de la Présentation de la très sainte Vierge, après avoir chanté la messe ; et, le soir, j'étais sans connaissance ; maintenant je suis assez bien ; cependant, je ressens une respiration difficile ; quoi qu’il en soit, le Seigneur est mon soutien.

«Je me recommande aux prières de Votre Grandeur et de tout le diocèse ; seul ici, sans soutien, sans conseil, hélas ! quel terrible compte pour ma tiédeur ! »

« Halifax, 24 avril 1771.

«….. Pour la Baïe des Chaleurs, je n’ai pu absolument m'y transporter, et je ne sais pas si je le pourrai cet été. De tous les endroits de la Province, c’est le plus mal aisé par terre ; il y a plus de cent quatre-vingts lieues de distance, etil n’y a point de chemins ; par mer, il me faut fare le tour du Cap Nord ; mais rien de cela ne m'aurait empêché, si Son Excellence, Mylord William Campbell, n’avait point paru désapprouver mes entreprises. Deux Acadiens sont venus ici, le mois de mars passé, pour avoir licence de chercher un missionnaire ; ils ont été absolument refusés. Tout parait jusqu’à présent opposé dans le gouvernement, à la pluralité des missionnaires catholiques ; et cette opposition vient toute des Presbytériens et des gens de la Nouvelle Angleterre. J'ai dit la messe, en ce‘te ville, l’espace de trois mois, l’hiver dernier, et subitement il m’a fallu chercher un trou à six milles de la ville, dans les bois, pour célébrer les dimanches. Je n'aurais pas eu ce trouble, si j'avais voulu

fermer la porte du grenier, où je la disais avant, à tous les catholiques, non Acadiens el Sauvages. C’est tout ce que je puis faire que de me maintenir ici Même à l'égard des Acadiens, je ne suis que faiblement toléré ; les mariages m'ont été permis, mais non comme conformes aux lois, Tant qu'il n’y aura que des catholiques dans les families, tout ira bien, Pour des terres, les Acadiens peuvent en avoir, mais à un si haut prix qu’il «’y a rien de pareil au Canada : point de seigneur ici, les plus riches sont ceux qui ont le plus de fermes. Cent arpents de terre, bons à cultiver, reviennent en bois debout, sans avance, à vingt-deux dollars, quatre shellings et six sols. Il faut qu’une famille catholique soit placée entre deux familles protestantes. Ainsi vous voyez que les Acadiens ne peuvent être que très pauvres : la pêche, la chasse, couper du bois, voilà leur vie. «Jusqu'à ce jour, j'ai, en général, de la consolation ; leur religion n’est point perdue, et mes sueurs, souvent mes larmes, sont suivies d’un contentement que Dieu seul connaît. Il n’y a qu’une peine qui quelquefois me fait regarder derrière moi, c’est d’être seul ; et je pense que véritablement, sans la consolation et le soutien qui me viennent des missionnaires de Philadelphie, je serais de retour au Canada, Votre Grandeur jugera elle-même, en voyant les gazetles de Boston, ce qui s'écrit contre moi. Tous les honnêtes gens m'ont dit de mépriser et laisser dire. dJ’ai écrit à M. de Villars, et il me semble que je pourrais attendre du secours de lui. S'il se trouvait quelque missionnaire qui voulût faire comme on fait à la Chine, (a) il ferait à merveille au Cap de

(a) C'est-à-dire, se cacher sous un déguisement.

tous les

e que je zard des nariages aux lois.

families, en avoir, Canada :

ui ont le cultiver, x dollars, ile catho- Ainsi VOUS pauvres :

ion ; leur vent mes seul cont regarder ablement, t des misu Canada.

azetles de êtes gens à M. de

MGR BAILLY 417 Sable ; et les magistrats d'ici sont disposés à prendre cause d'ignorarice.

«Que ne suis-je à Québec et un autre à ma place ici ! Si je le pouvais, j'endosserais un habit de jardinier, et je ferais fleurir un jardin spirituel au Cap de Sable; c’est l'endroit où il y a le plus de catholiques et les plus fervents, d’ailleurs. Cela est si loin de la ville, et si à désamain, qu'un larron pourrait y vivre quarante ans sans être pris. Que serait-ce donc d’un honnête homme qui se comporterait en bon sujet, et qui sous main exercerait ses fonctions? Les Acadiens ont ici des biens à eux. Je ne me risquerais dans aucun autre endroit.

«Je suis à la veille de quitter la soutane pour m’habiller à la bourgeoïse ; je suis trop gêné et ne puis même m'’acquitter de mes fonctions. Le gouverneur le désire ; dès qu'ici un homme a la réputation d’être catholique, sa maison m'est interdite, ou il faut qu’il soit disposé à la laisser saisir. Dans une petite ville chacun s’examine et s’épie.

«Si un missionnaire venait à la baie des Chaleurs, il pourrait s'établir sur la partie du gouvernement de Québec ; et je pense que, pruäemment et en habit séculier, il pourrait faire un tour sur la partie de la Nouvelle-Écosse.

«Pour moi, Monseigneur, je me désespère d'être si longtemps sans compagnon; je puis aller tous les ans à Philadelphie, n'être que trois ou quatre semaines au plus dans le voyage. Je n’ai pas voulu l’entreprendre, sans avoir eu honneur de consulter Votre Grandeur. Les missionnaires me promettent l'hospitalité et toute l’assistance possible. Le principal commerce de cette place est avec Philadelphie, D'ailleurs, tous les bâtiments qui font

traite sont com-

mandés par des catholiques. Quand je suis à la rivière Saint-Jean, il m'est aussi facile d’aller à Québec qu’il est difficile d'ici de m’y rendre. La contrainte et les mesures qu’il me faut prendre me fatiguent presque plus que tout le reste de la mission.

« Le gouverneur continue de m’honorer de sa protection, ainsi que les principaux; mais dans un gouvernement d'Amérique, les membres, et non la tête, commandent. Tous sont bien intentionnés pour la religion catholique, mais la populace est fanatique. Deux ministres presbytériens ont prêché publiquement contre moi; j'ai été nommé dans les gazettes ; si l’on souffre, dit-on, que le roi mette un prêtre dans la Nouvelle-Écosse, il faudra souffrir qu’il en mette un dans Boston. L'établissement d’un prêtre en Nova-Scotia est la honte du présent règne : voilà le précis des objections. C'est un orage, Dieu le calmera. J'espère qu’il aura pitié d’un pauvre peuple qui ne demande autre chose que d'apprendre à le servir et à l'aimer.

«Je me recommande instamment aux prières et saints sacrifices de Votre Grandeur. Qu'il me faut des grâces bien précieuses et bien multipliées, pour conduire cette partie du troupeau confié à mes soins par Votre Grandeur !»

Mgr Briand répondit à cette dernière lettre de l’abbé Bailly, pour l’assurer de son affection paternelle, compatir à ses chagrins et lui offrir un retour qu'il semblait solliciter. « Si vous êtes gêné, lui disait-il, revenez, au reste ; je vous recevrai dans mon sein avec toute l’effusion de mon cœur. » Fatigué par un pénible ministère de trois ans, le jeune missionnaire accepta de suite l’offre que lui faisait son charitable évêque ; il quitta ses Acadiens et ses Sauvages et devint pro-

éta les nua dui et l’ ince Le c faib vigu

auct turb Sain curé Baill de F Kam Saint

fait pri

remit e

rivière

qu’il est mesures e tout le

ptection, rnement nt. Tous mais la jens ont dans les in prêtre mette un va-Scotia bjections.

ura pitié que d'ap-

et saints ces bien partie du

bé Bailly, tir à ses olliciter.

je vous Cœur. ) ine misaritable

vint pro-

fesseur de rhétorique au Séminaire de Québec, charge qu’il remplit pendant quatre ans. On l’adrait au nombre des directeurs de la maison, le 17 décembre 1774.

Au printemps de 1776, on trouve l’&bbé Bailly parcourant les campagnes de la rive du sud du fieuve Saint-Laurent et prêchant à ses compatriotes la fidélité à l'Angleterre. Le 25 mars de cette année, il se forma un parti de Canadiens royalistes dans les paroisses en bas de Québee, au nombre d’environ trois cent cinquante hommes commandés par M. de Beaujeu, frère du héros de la Monongahéla. L'abbé Bailly était le chapelain de ce bataillon, dont le but était de chasser les Bostonnais de Lévis et des autres endroits où ils continuaient à prêcher la liberté et surtout la révolte. « La conduite des Américains, dit l'abbé Bois, était parfois oppressive ; et l’on craignait plutôt la maraude, le pillage et les torches incendiaires qu’on ne se laissait séduire par les promesses. Le désordre et l'anarchie désolaient ainsi plusieurs de nos faibles campagnes. Les royalistes en général résistaient avec vigueur à ces bandes hardies et rapaces, et ne négligeaient aucun moyen de se protéger ; mais les rebelies étaient actifs, turbulents et parfois fort audacieux. » (a) On le vit bien à Sainte-Anne de la Pocatière et à la Rivière-Ouelle, où les curés furent menacés par leurs propres paroiïssiens. (b) M. Bailly se rendit jusqu’à Sainte-Anne et il en repañtit avec M. de Beaujeu, après avoir recruté cinquante miliciens de Kamouraska, quatre de la Rivière-Ouelle, vingt-sept de Sainte-Ai.ne et vingt-cinq de Saint-Roch, pour remonter à

(a) Étude biographique sur M. Leprohon.

(b) M. Bois raconte même que le curé de la Rivière-Ouelle, M. Parent, fut

fait prisonnier par les mutins et conduit jusqu’à Saint-Jean Port-Joly où on le remit en liberté.

he mme mm

la Pointe-à la-Caille, où était le quartier général des roya. listes. Mais plusieurs des volontaires arrêtèrent en chernin et se laissèrent décourager par l’apathie qu’ils rencontrèrent dans les paroisses voisines, Quoiqu'il en soit, M. de Beaujeu, l'abbé Bailly et une cinquantaine de royalistes se rendirent à Saint-Pierre, et, pendant qu’ils étaient réunis dans la maison du sieur Michel Blais, ils furent cernés tout-à coup par les habitants rebelles ayant avec eux cent cinquante Bostonnais. Trop faibles pour pouvoir résister longtemps à des ennemis supérieurs en nombre, ils furent presque tous faits prisonniers après avoir eu trois hommes tués et dix blessés. (a)

Parmi ces derniers, se trouvait le vaillant aumônier qui

reçut une blessure assez sérieuse. Une fois guéri, on le remit en liberté et il revint demeurer au Séminaire, y ensei. gnant la théologie jusqu’en septembre 1777, où il fut nommé curé de la Pointe-aux-Trembles.

Ce combat de Saint-Pierre eut un grand retentissement dans les paroisses qui avaient fourni des volontaires, et répandit la consternation dans les familles. On fit des reproches sanglants aux curés et on les accusa d’avance d’avoir causé la mort de ceux qui étaient partis Comme le massacre n'avait pas été aussi considérable que les rumeurs l’avaient annoncé d’abord, la tranquillité revint peu à peu dans les esprits, et, comme l’on sait, les troubles cessèrent avec le départ définitif des Bostonnais.

(a) ‘ Il fut envoyé dix-huit prisonniers à Montréal, et le reste renvoyé chez eux avec promesse de ne plus prendre les armes, M. de Beaujeu fut obligé de congédier sa petite armée et de se cacher, de crainte d’être fait prisonnier. L'on vit dans cette affaire des pères se battre contre leursenfants, et les enfants contre leurs pères, ce qui paraîtra sans doute bien étrange. ‘’ Relation de Simon Sunguinet.

men

éral des royaent en chemin ; rencontrèrent M. de Beaujeu, es se rendirent dans la maison -à coup par les inte Bostonnais.

à des ennemis jus faits prisondix blessés. (a) aumônier qui is guéri, on le minaire, y enseioù il fut nommé

l retentissement olontaires, et réfit des reproches e d’avoir causé ne le massacre meurs l'avaient 1 à peu dans les ssèrent avec le

b reste renvoyé chez eaujeu fut obligé de fait prisonnier. L'on et les enfants contre lation de Simon Sun-

Page 1