CHAPITRE I
Naissance de Mgr Signay.—Ses études au Séminaire de Québec.—Fait prêtre à Longueuil.—Premier curé résident de Sainte-Marie de Monnoir.—Curé do Québec.—Son taient pour enseigner le catéchisme.—Il est nommé condju-
teur, puis administrateur du diocèse et devient évêque de Québec.
Joseph Signay naquit à Québec, le 8 novembre 1778, de François Signay et de Marguerite Vallée. Son père, autrefois de Bordeaux, était capitaine d’une goélette et passait la plus grande partie de sa vie dans des voyages de long cours, de sorte que l'éducation de l’enfant fut d’abord entièrement confiée à sa pieuse et respectable mère. Elle le fit entrer au Séminaire de Québec, où il se distingua pendant toutes ses études, par sa facilité et par son application au travail. Le 24 août 1798, il prit l’habit ecclésiastique et fut successivement chargé des classes de quatrième, de troisième et de se conde. Mgr Denaut l’ordonna prêtre à Longueuil, le 28 mars 1802, le nomma vicaire à Chambly, ensuite à Longueuil, puis, le {er octobre 1804,curé à Saint-Constant. L'abbé Signay quitta cette paroisse, l’année suivante, pour celle de Sainte- Marie de Monnoir, avec mission de desservir les catholiques établis près de la Baie de Missisquoi. Il exerça avec zèle les
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fonctions de missionnaire, visitant fréquemment, non seulement les canadiens répandus sur les frontières, mais encore ceux que les troubles de 1775 avaient forcés de s’expatrier et de s'établir sur les bords du lac Champlain. La paroisse de Sainte-Marie avait été récemment formée ; elle n'avait pas encore eu de curé résident ; elle ne possédait qu’une modeste et insuffisante chapelle : tout était à faire. Le jeune pasteur se mit courageusement à l’œuvre,et, en peu d'années, Sainte- Marie devint une paroisse parfaitement organisée, ayant une belle église fréquentée par une population pieuse et bien instruite de ses devoirs. La mémoire de l’abbé Signay y sera en éternelle vénération. Longtemps après qu’il les eut quittés, ses anciens paroissiens vinrent, en maintes occasions, lui témoigner leur reconnaissance et chercher auprès de lui des conseils et des consolations.
Dans l’automne de 1814, M. André Doucet, curé de Québec, résignait son bénéfice et quittait le diocèse. « Homme aimable, brillant, excellent orateur, chéri de tous ceux qui le connaissaient, il manquait d’une qualité bien nécessaire à un curé..….....il ne savait point mettre d'ordre dans ses affaires » (a) : aussi celles de la cathédrale étaient loin d’être prospères, et il fallait un homme pratique pour rétablir les finances et faire des améliorations indispensables. L'on songea de suite à l'abbé Signay ; l’évêque lui écrivit : «Je vous informe que M. Douret a consommé la résignation de la cure de Québec. Vous entendez ce que cela veut dire. Tout le monde vous désigne peur son successeur. » Le choix était excellent. S'il n'avait pas les talents aimables de son
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prédécesseur, M. Signay était un administrateur habile, et, grâce à son esprit d'ordre et d'économie, il trouva les moyens de faire réparer son église, qu’il avait trouvée dans l’état le plus misérable, la pourvut de vastes et commodes sacristies, d’un vestiaire abondamment fourni, et la mit, malgré des dépenses considérables, dans nn état financier tout à fait prospère.
Rigide observateur de la résidence, « c'était une chose extrêmement rare que MSignay sortit des limites de sa paroisse, el seulement pour des occasions extraordinaires. Une raison suffisante, même aux yeux de l’Église, ne lui paraissait pas toujours assez forte; il lui fallait presque être forcé.» (a) Doué une mémoire singulièrement heureuse, le curé de Québec connaissait non seulement toutes les familles de sa paroisse, mais encore les individus. Il s'appliquait surtout à connaître les enfants, il aimait à les interroger, et il ne négligeait aucun moyen -de leur procurer une éducation convenable, M. Signay avait un véritable don pour faire le catéchisme. «Ilse plaisait à enseigner à ses jeunes auditeurs les premières vérités de la religion ; alors surtout se montrait dans toute son étendue cette charité toute paternelle dont son cœur était embrasée, Comme il savait captiver leur mobile attention et exciter en eux une sainte émulation pour apprendre !
«Il se faisait petit comme eux pour s’accommoder à leur faible intelligence... [semblait avoir reçu une grâce toute spéciale pour rendre la vertu aimable, surtout aux petits enfants. »:(b)
(a) Ovaison funèbre par M. Taschereau (aujourd'hui eurdinal).
(b) Ibid.
Après la mort de l’illustre Plessis, qui °rriva le 4 décembre 1825, Mgr Panet appela M. Signay pour en faire son coadjuteur, et ce choix fut porté à la connaissance du public, le 17 décembre de la même année, par le mandement d’entrée de l’évêque de Québec.
«Son Excellence le comte Dalhousie, disait le document épiscopal, si bien disposé à favoriser l'exercice de notre sainte religion dans cette partie des domaines de Sa Majesté, a bien voulu se rendre à nos désirs, en agréant pour notre coadjuteur, messire Joseph Signay, curé de cette ville. Ce choix doit vous être d'autant plus agréable’ qu’il tombe sur un ecclésiastique rempli de piété, de réguiarité, de zèle, de talents et de toutes les qualités que l’on pouvait espérer dans un pasteur.»
Le prélat fut consacré dans la cathédrale de Québec, le 20 mai 1827, sous le titre d’évêque de Fussala in partibus infidelium. Malgré sa nouvelle dignité, il continua d’agir comme curé de Québec jusqu’au + octobre 1831, et, le 13 octobre 1832, M. Panet le nomma administrateur de son diocèse. La mort de ce dernier, arrivée l’année suivante, le fit monter sur le siège de Québec, dont il prit possession le 16 février 1833.
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