CHAPITRE FI
Établissement de In Propagation de lu Foi et des Sociétés de Tempéranoe.—Retraites paroissinles et ecclésiastiques, —Les Oblats et les Jésuites.—Zèlo de Mgr Signay pour l'éducation de la jeunesso.—Les écoles primaires, —Les Frères des Écoles Chrétiennes.—Le Collège de Nicolot.—Revenus de l’évêque
de Québec,
Si l’on s’en tenait au chapitre précédent, l’on pourrait croire que l’épiscopat de Mgr Signay ne fut signalé que par des malheurs publics; hâtons-nous d'ajouter qu’ils furent bien compensés par des événements heureux pour léglise du Canada.
Mentionnons l'établissement d’un grand nombre de nouvelles paroisses, Le parachèvement du collège de Sainte-Anne et de celui de Nicolet, la construction de plusieurs couvents pour l’éducation des filles, la fondation des admirables sociétés de la Tempérance et de la Propagation de la Foi, et le bienfait inestimable des retraites ecclésiastiques et paroissiales.
Ce fut le 28 décembre 1836, que Mgr Signay établit par un mandement la société de la Propagation de la Foi dans le diocèse de Québec. Le passage suivant d’une circulaire, adressée en même temps au clergé, indique clairement le but que le prélat se proposait par la fondation de cette œuvre admirable.
«Les ressources que la charité des catholiques de cette province procura, il y à quelques années, aux missions
formées dans le territoire du Nord-Ouest, et régies par Mgr l’érêque de Juliopolis, ces ressources, disons-nous, vont bientôt s’épuiser. Nous désirons en outre mettre à exécution le projet d’envoyer des missionnaires dans le pays situé entre les Montagnes de Roches et l2 Mer Pacifique ; pays qui appartient encore, au moins en partie, au diocèse de Québec. De plus, nous nous sentons pressé de faire annoncer les vérités de la foi aux peuples sauvages qui habitent les terres arrosées par la rivière Saint-Maurice, et les profondeurs de la côte de Labrador jusqu'à la Baie-d’'Hudson. Nous devons encore ajouter à cela que les pauvres colons de nos
nouveaux établissements, des townships, par exemple, sont tellement privés des moyens de pourvoir à la subsistance des prêtres qui les desservent, qu’il est de toute urgence que l’on procure à ceux-ci des suppléments, qui leur assurent au moins le nécessaire. Toutes ces missions, tant établies qu'à établir, demandent des secours que l’Association que l’on veut former aujourd’hui peut seule leur procurer. »
Bénie par le pape Grégoire XVI et enrichie des mêmes privilèges et indulgences que la société du même genre établie en France en 1822, l'association cummencée à Québec ne pouvait manquer de produire les plus heureux résultats.
L'évèque nomma pour la diriger un conseil composé des messieurs suivants : le grand vicaire Demers, l'honorable juge Panet, R. E. Caron, Charles M. Defoy, Jean Langevin, Errol Boyd Lindsay, Louis Massue, Antoine A.
Parent et Pierre Pelletier.
Le premier rapport du comité
de régie signé par le président, l’honorable juge Panet, parut en 1838 et annonça une recette totale de trois mille sept cent quinze piastres. L'année suivante parut le premier numéro