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CHAPITRE II

Instructions données par la cour aux gouverneurs pour l'extinction de la religion catholique. — Députation à Londres pour demander le libre exercice de la religion promis par b ! le traité de paix. — M. de Montgolfier est choisi pour le futur évêque. — Son voyage inutile à Londres. — M. Briand réussit à se faire accepter. — Son sacre. — Ses adieux à sa famille. — Retour à Québec. — Lettre du général Murray. |

Comme l'exprime le mandement cité plus haut, le traité de paix signé à Paris garantissait aux Canadiens le libre exercice de la religion catholique, « selon les rite de l’Église romaine, » mais autant que les lois de la Grande-Bretagne le permettent. Si les catholiques n'avaient eu affaire qu'au général Murray, qui était un homme honnête et dont M. Briand avait su gagner la parfaite estime, il n’y aurait eu aucune difficulté à obtenir une interprétation favorable de cette clause. En particulier, il aurait été facile de procurer de suite un évêque à une Église qui en était privée depuis déjà trois ans. D'après le simple bon sens en effet, « la liberté du culte catholique comportait le droit d’avoir un évêque pour gouverner et recruter le clergé; sans cela la liberté promise n’eût été que le droit de mourir catholique, avec la triste perspective de voir bientôt s'éteindre la foi en Canada*. » Mais la cour de Londres ne l’entendait pas ainsi; on le voit bien par les instructions qu’elle donna à M. Murray et aux autres gouverneurs qui vinrent après lui ; citons-en quelques articles : « Art. 32. Vous n’admettrez aucune juridiction ecclésiastique du Siège de Rome, ni aucune autre juridic-

1 Histoire manuscrile du Séminaire de Québec.

tion ecclésiastique étrangère, dans la province soumise à votre gouvernement.

« Art. 33. Et afin que l'Église d'Angleterre puisse être établie en principe et en pratique, et que lesdits habitants puissent être amenés par degrés à embrasser la religion protestante et que leurs enfants soient élevés d'après les principes de cette religion, nous déclarons par les présentes que notre intention est que, lorsque ladite province aura été partagée avec soin en township: .., vn devra donner tout l'encouragement possible : l'érertion d'écoles protestantes... (7 déc. 1763.)

« Qu ‘ucun individu professant la religion de l'Église de Rome ne «a nommé desservant d'une paroisse dans laquelle la majorité des habitants demandera la nomination d’un ministre protestant. (3 juin 1775.)

« Que tous les ecclésiastiques qui jugeront à propos d'entrer dans le saint état du mariage seront atfranchis de toutes peines auxquelles pourrait les assujettir l'autorité du Siège de Rome pour cet acte, » (3 janvier 1775.)

Ces derniers articles sont suivis d’une longue série d'instructions dirigées contre l'Église catholique, et toujours mises en avant comme ne gênant aucunement le libre exercice de la religion de l'Eglise romaine,

Justement inquiets de tout ce qu'ils entendaient dire à ce sujet, les Canadiens s’assemblèrent et envoyèrent des agents à Londres, pour présenter leurs hommages à George III et pour défendre leurs intérêts. L'un des agents, M. Étienne Charest, chargé de négocier au sujet de l'article du traité de paix qui concernait la religion, réclama le maintien de l'organisation ecclésiastique et se plaignit de l'interprétation que l’on semblait vouloir donner au traité.

De son côté, M. Briand et les autres membres du chapitre rédigèrent une requête à Sa Majesté pour lui demander de permettre que le siège épiscopal fût rempli.

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« On propose, disaient-ils, un évêque avec une pleine, libre et entière juridiction purement ecclésiastique sur le clergé et sur les peuples catholiques du diocèse, suivant les canons et les usages ci-devant observés, vivant simplement parmi les prêtres de ses séminaires, où il trouverait son entretien et sa subsistance, comme l'un d'entre eux, lorsqu'il lui plairait d'y demeurer. »

M. Briand favorisa de tout son pouvoir la démarche des délégués canadiens, MM. Charest et Amiot, et, de concert avec ses collègues, il autorisa les fabriques des églises à payer les frais de cette députation à Londres.

Le 15 septembre 1763, sur la pro: :sition de M. l'abbé Briand, M. de Montgolfer fut unan: rement choisi par les chanoines pour être présenié au souverain pontife comme digne de s’occuper du siège de Québec. Ce vénérable vicaire général parut, en conséquence, au commencement d’octol », pour aller négocier lui-même, en Angleterre, la grande affaire de l’épiscopat; mais il avait eu le grand tort de ne pas plaire au général Murray, à qui il n'avait rien révélé de son dessein. Aussi le gouverneur, irrité, écrivit au comte de Shelburne, un des ministres de la couronne :

« Le vicaire général de Montréal, M. de Montgolfier, part isous peu pour l'Angleterre. Il est très probable qu'il vise à la mître. Votre Seigneurie jugera facilement combien il est peu propre à remplir ce poste, par la copie que je vous envoie d'une lettre qu'il a eu l'assurance d'écrire à un M. Houdin, alors chapelain du 48e régiment de Sa Majesté et auparavant récollet dans le pays. Il a poussé les choses au point de faire déterrer les cadavres de plusieurs soldats, parce que, étant hérétiques, ils ne devaient pas être enterrés dans une terre bénite, Une telle conduite n’a pas manqué d'indisposer les sujets de Sa Majesté dans cette partie. Si un prêtre aussi hautain et impérieux, bien connu en

France, est placé à la tête de cette Église, il peut causer plus tard beaucoup de désagrément, s'il trouve une occasion favorable d'exercer sa malice et sa rancune. »

« Cette lettre, dit l’abbé Ferland, suffit pour exciter la susceptibilité des ministres anglais. Malgré toute sa fermeté, M. de Montgolfier dut plier devant l'orage et revenir en Canada, sans avoir pu réussir à se rendre en France pour s'y faire sacrer; comme évêque, il n'aurait pu obtenir du gouvernement la permission de rentrer dans la colonie; » on exigea même qu'il renonçât à son titre de grand vicaire‘. Ce vertueux prêtre renonça encore plus volontiers à l'évêché pour lequel il avait été élu, et aussitôt après son arrivée à Québec, en septembre 1764, il se hâta de signer une déclaration à cet effet : « Je renonce, disait-il, librement, purement et parfaitement, autant que de besoin, à ladite élection, et certifie en même temps que je ne connais personne dans cette colonie plus en état de remplir cette place que M. Olivier Briand, prêtre, chanoine et grand vicaire du diocèse, qui, à la pureté de foi, au zèle, à la science, à la prudence et à la piété la plus distinguée que je connaisse dans cette colonie, joint en sa faveur le suffrage du clergé et des peuples et la protection la plus marquée du gouvernement politique. »

L'abbé Briand, élu à son tour par le chapitre, se vit obligé de partir pour Londres et d'aller plaider une

cause qui avait déjà été perdue une fois; mais il avait,

une lettre de recommandation du général Murray, qui, déjà un an auparavant, écrivait au lord Shelburne : « Je dois prendre ici la liberté de répéter ce

1 M. Étienne Marchand fut élu vicaire général à sa place, par le chapitre, en novembre 1764, en même temps que M. Perreault était nommé pour remplacer à Québee M. Briand, qui partait pour l’Europe. M. Saint-Onge était chargé du gouvernement des Trois-Rivières.

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dont j'ai eu l'honneur d'informer Votre Seigneurie, dans une lettre du 22 juillet, que M. Briand, vicaire général de ce gouvernement, a constamment agi avec une candeur, une modération, un désintéressement qui le proclament un digne et honnête homme, et que je ne connais personne de sa robe qui mérite aussi justement les faveurs royales. »

De son côté, le chapitre écrivait à M. de La Corne, son doyen et son agent à Paris et à Londres : « M. Briand est aujourd'hui notre unique ressource pour avoir un évêque en Canada, puisqu'il se trouve avoir l'agrément du gouvernement; ce qui n’a pas peu contribué à le déterminer à se rendre à nos pressantes sollicitations et à celles de tout le clergé et du peuple... Quoique M. Briand soit très recommandable par lui-même et que vous ayez pour lui toute l'estime et toute l'amitié qu'il mérite, nous lui devons cette marque de notre attachement et de notre attention, de vous prier de lui rendre commune la protection que vous avez su vous ménager, tant en Angleterre qu'en France, afin qu'il réussisse dans son entreprise d'où dépendra la perpétuité du sacerdoce en Canada. »

Parti de Québec en novembre, M. Briand ne trouva pas, à son arrivée à Londres, l'accueil bienveiïllant qu'on lui avait promis. On le voit par la lettre suivante, en date du 11 janvier 1765 :

« Je ne sais encore quand je partirai, ni dans quel pays j'irai, supposé qu'on accorde un évêque; on ne me permettra pas, je pense, d'aller à Paris. J'ai trouvé la cour dans des dispositions bien différentes de celles que MM. de La Corne, de Montgolfier et Charest nous marquaient. C’est sans doute l'effet d’un mémoire présenté à la cour par un homme que vous connaissez ; vous ne sauriez vous faire une idée de l'impudence et du libertinage effréné de ce malheureux... Heureuse-

1 M. de La Corne résidait à Paris depuis quatorze ans. & — Les Évèques de Québec. — I,

ment, M. Cramahé détruira les faussetés qu'il a avancées : qu'il y avait déjà grand nombre de protestants canadiens, que quatre à six curés voulaient se marier, que le roi de France aurait nommé aux cures, si le pays était revenu à Î* France, qu'il n'y avait pas d'autre moyen d'attacher les Canadiens au gouvernement qu'en les rendant protestants, non pas par violence, mais doucement en les laissant manquer de prêtres. Voilà ce que j'ai pu découvrir ; et quand je lui ai reproché sa mauvaise foi et son crime, quelle réponse croyez-vous qu'il m'a faite? {l ne fallait pas me laisser venir à Londres ; on devait me retenir au Canada. Le pauvre garçon ne se porte pas bien; il a été vite attrapé. »

Ce traître, qui suscitait ainsi des difficultés à M. Briand, était un ex-jésuite français, apostat, nontmé Pierre-Antoine Roubaud, Ce misérable, arrivé en Ganada en 1742, fut employé comme missionnaire des Abénaquis, à Saint-François-du-Lac, et se distingua plus par ses extravagances de cerveau brûlé que par les vertus d'un bon religieux. Après avoir créé mille difficultés au général Haldimand et à ses supérieurs ecclésiastiques, il se fit protestant et alla demeurer à Londres, où il travailla contre les intérêts religieux des Canadiens, et où il mena la vie la plus honteuse et la plus désordonnée. Sir Guy Carleton disait de lui: « Homme de génie, belle imagination, et écrivain d’une grande habileté, mais étranger à la vérité, sans une parcelle d'honneur ni d'honnéteté', » Voilà l'ennemi que M. Briand eut à combattre à Londres. Aidé de M, Cramahé, il réussit à réfuter ses calomnies et à déjouer ses infâmes intrigues. Mais les changements qui s’opérèrent dans le ministère relardèrent beaucoup la décision tant désirée, Le 6 juillet 1765,

1 Le savant archiviste, M. Douglas Brymner, est le premier qui ait bien fait connaître l'apostat Roubaud. (Voir Rapport sur les archives du Canada pour 1884.)

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l'évêque élu écrivait que ses affaires n'étaient pas plus avancées qu'auparavant, et il faisait connaître à son ami, M. Marchand, ce qu'il lui en coûtait de solliciter ainsi un épiscopat qu'il n'avait jamais désiré.

« Vous comprendrez, disait-il, ma situation et mes sentiments. Je vous avoue que c'est tout ce que je puis faire que de continuer des démarches pour un fardeau pour lequel j'ai toujours une répugnance extrême, et que je redoute en vérité plus que la mort. J'en ai toutes les raisons possibles ; je n'y consentirais jamais, si je ne prévoyais pas ce qui en arriverait de fâcheux... Je vous prie d'assurer tous messieurs les curés de mon sincère et parfait attachement et de me recommander à leurs prières et saints sacrifices. J'en ai grand besoin, et je crois les mériter, parce que ce n'est que par amour pour leur patrie que j'ai entrepris un voyage si pénible... et si contraire à mon caractère et à mes inclinations. »

« Quelle chute horrible après Mer de Pontbriand, écrivait-il encore aux demoiselles de Pontbriand. Me voici à Londres, occupé à poursuivre sa dignité; j'ai fui, j'ai résisté tant qu'il m'a été possible sans exposer la religion. »

Il n’y avait en effet que ce motif qui eût pu décider cet humble prêtre à consentir à devenir évêque, et, pour le faire partir de Québec, son confesseur avait été obligé de lui dire que, s'il n’acceptait pas la dignité épiscopale, il répondrait au tribunal de Dieu de la perte de la religion en Canada.

Enfin le gouvernement fit savoir indirectement à M. Briand que, s’il se faisait consacrer, on n'en dirait

en, et que l'on fermerait les yeux sur cette démarche. MM. Louis Crarnahé et Thomas Mills furent les amis les plus dévoués qui l'aidèrent à obtenir cet heureux résultat. Le premier était un Suisse français qui était secrétaire du gouverneur et le second était l’un des membres de son conseil. Tous deux se trouvaient à

Londres en même temps que M. Briand, et c'est d'après leur conseil qu'il se décida à partir pour la France et à solliciter les bulles du Saint-Siège, afin de pouvoir s'y faire consacrer. Ses amis de Londres lui mandaient qu'il fallait se hâter, afin de profiter des bonnes disnc:itions des ministres. Le 18 décembre 1765, M. Mills lui écrivit en français : « Notre gouvernement est trop bon et trop juste pour refuser le Canadian leur religion et une prêtre avec le pouvoir pour consacrer. » Le 18 février suivant, il écrit encore : « Mon avis sincère à vous est de vous faire sacrer le pluto que vous pouviez, tant mieux, le pluto que vous eturnez à Londres, encore mieux. »

Pendant son séjour en France, M. Briand réussit à obtenir des bulles du Saint-Père, aux conditions exigées par le gouvernement anglais : 1° que l'évêque ne dépendrait d'aucune puissance étrangère et n'aurait aucun rapport ni avec Rome ni avec la France; 2° qu'une fois ses bulles reçues, puisque cela lui était absolument nécessaire, il serait censé tirer son autorité de sa place et de son siège. »

Les bulles furent expédiées le 21 janvier 1766 ; elles portaient la suscription suivante : Dilecto filio Ji Olivario Briand, presbytero seculari. Electo Quebecensi. Elles avaient été accordées capitulo clero ac populo civilalis prediclæ maxime desiderantibus el a nobis humililer enixis precibus supplicantibus. M. Briand se fit consacrer, le 16 mars 1766, dans la chapelle de Sainte-Marie-de-Merry, paroisse de Suresne, à Paris, par l'évêque de Blois, avec l'autorisation de l'archevêque de Paris.

Sa respectable mère était encore vivante quand il reçut la consécration épiscopale, et elle eut le bonheur indicible de revoir, après vingt ans d'absence, cet enfant de prédilection qui avait déserté un jour le toit paternel, pour se consacrer plus librenient au service de son Dieu. La famille Briand pouvait être fière

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d'avoir donné au Canada le second fondateur de son église; mais la douleur d’une nouvelle séparation était d'autant plus grande qu'on la savait sans retour.

« Je ne vois rien de plus cruel que les adieux éternels, écrivait M. de La Corne aux chanoines de Québec ; jugez, messieurs, des assauts que le pauvre malheureux a eu à essuyer en laissant sa famille, où il a été passer environ un mois. Sa respectable mère, qui est une vraie sainte, en a été malade, et ses frères et sœurs, qui sont les plus recommandables par leur probité et leurs belles qualités, sont inconsolables. I] faut, en vérité, autant de vertu qu'il en a et de fermeté pour avoir résisté et n’y avoir pas succombé. Vous avez un saint, messieurs, prions le Tout-Puissant de le conserver en Canada. »

Le vertueux prélat ne tarda pas à retourner en Angleterre, et, après en avoir obtenu l'agrément de la cour, il partit enfin pour Québec, où il arriva Île 28 juin 1766.

« Entreprendrai-je, s'écrie son panégyriste, d'exprimer l'allégresse publique occasionnée par son retour? Non, elle ne peut être estimée que par l'inquiétude qu'avait causée son absence. En peu de jours, le bruit de son arrivée se répand aux extrémités de la Province. La joie, les applaudissements, les transports sont universels, on ne parle que du nouvel évêque, de ses grandes qualités, de la gloire que la religion va retirer de son ministère. C'est à qui le ve: ra le premier. Les fidèles pleurent de consolation, lèvent les mains au ciel, remercient Dieu d’avoir jeté des regards de miséricorde sur son peuple et de s'être servi d'un aussi digne sujet pour le rétablissement de l'épiscopat*. »

Les catholiques ne furent pas les seuls à se réjouir de cet heureux événement. Le général Murray écrivit à Mgr Briand une lettre dans laquelle il fait connaître

1 La Gazette de Québec, du 3 juillet 1766, donne un compte rendu de l'arrivée de Mer Briand,

combien il partage le bonheur de tous, lettre qui fait autant d'honneur à celui qui l’a écrite qu’au prélat auquel elle était adressée. Nous la citons pour montrer combien le général Murray aimait les Canadiens et à quel point Mer Briand avait su mériter son estime et sa confiance.

« Québec, 20 juin 1766,

« Cher Monsieur,

« Je désirais ardemment vous serrer la main et vous féliciter sincèrement sur votre promotion, événement dont je suis d'autant plus heureux que j'ai tout fait pour y contribuer, tant par mes lettres officielles au roi et à ses ministres, que par mes sollicitations à mes amis, ct, en particulier, l'archevêque de York et à mon frère, le doyen de Durham. Je recommande mes Canadiens à vos soins : ils se sont conduits de manière à gagner pour toujours ma sincère affection. C’est avec regret que Je les quitte; mais ma présence à Londres devient nécessaire pour détruire les fausses accusations de leurs ennemis et des miens. Vous pouvez compter que je ferai à Londres les plus grands efforts pour pro-

mouvoir leurs intérêts.

« JA. Murray. »

Le Saint-Père attendait avec impatience le résuitat final de toutes les démarches de M£' Briand pour assurer la conservation de la foi catholique en Canada; aussi la joie fut grande à Rome, quand on apprit avec quel succès il avait terminé cette grande affaire, et avec quelles démonstrations de joie il avait été accueilli à son arrivée à Québec. Le cardinal Castelli écrivit de suite à l'abbé de L’Isle-Dieu, agent de Mé' Briand à Paris, pour lui dire le contentement du souverain pontife à cette heureuse nouvelle. Cette lettre est la plus complète approbation de toute la conduite tenue par Ms' Briand depuis que la colonie était passée sous la domination anglaise, et elle le venge bien de toutes

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