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les accusations de faiblesse et de pusillanimité portées contre lui par M. Brasseur de Bourbourg'. Avant même de savoir les intentions du Saint-Siège, il les avait remplies à la lettre, avec une sagesse qui seule pouvait, avec la grâce de Dieu, obtenir d'une cour protestante et remplie de préjugés des marques non équivoques de son bon vouloir, et l'espérance de faveurs encore plus importantes pour l'avenir.
« Les nouvelles que vous nous avez données, écrit le cardinal, du gracieux et favorable accueil qui a été fait au nouvel évêque de Québec, non seulement par les catholiques de son diocèse, mais encore par les Anglais, et en particulier par le commandant, ont été bien consolantes pour le Saint-Père et pour nous tous. Ces heureux commencements nous donnent tout lieu d'espérer que les choses iront bien à l'avenir; et il faut rendre justice à cette nation qui a le cœur généreux et qui suit les impressions de la raison et de l'honnêteté. Nous en avons un exemple à l'île Minorque, où les affaires de la religion sont dans l'état le plus tranquille, et où l'Église jouit d'une pleine liberté, même beaucoup plus grande que dans plusieurs autres pays catholiques. De leur côté, il faudra que les ecclésiastiques et l'évêque se comportent avec toute la prudence et la discrétion possible pour ne point causer de jalousie à l'État, et qu’ils oublient sincèrement à
1 M. l'abbé Faillon dit aussi, dans la vie de Mme Youville, que « M. Briand était d'une extrême timidité ». S'il était timide, il n'en fut pas moins l’un des hommes les plus énergiques qu'il soit possible de rencontrer. En tout cas, cette prétendue timidité ne l'empêcha pas de dire, un jour, au général Murray : « Ma tête tombera avant que je vous accorde la permission de nommer à une seule cure, » Sa timidité lui permettait aussi d'écrire à lord Dorchester : « De ma vie je n'ai craint homme ; je me reproche même, à présent que je suis aux portes de la mort, de ne pas assez craindre Dieu, mon redoutable juge; je sais aimer, mais non craindre; les bontés me rendent faible et mou; les srossièretés et les duretés me trouvent homme et ferme. »
cet égard qu'ils sont Français. Du re:‘e, je vonis rends les plus vives et plus tendres actions de grâces de n'avoir fait entrer en participation de vos corsolations, comme aussi de m'avoir donné un aussi beau détail des dispositions que fait paraître le nouvel évêque. Je vous prie de ne point laisser ralentir votre zèle pour le bien de cette église et de seconder la sollicitation pastorale de ce prélat, en lui procurant le nombre de bons missionnaires qu'il demande, particulièrement pour prendre soin des pauvres Acadiens; et si lon a besoin de notre assistance, soyez persuadé que je ne saurais avoir de plus grande consolation que d'employer tous mes travaux pour subvenir aux besoins spirituels de ces fidèles, autant qu'il dépendra de nous. Souvenez-vous toujours amicalement de moi, surtout au saint autel, car je le mérite bien en considération de la haute estime que je fais d’une aussi digne personne que vous.
« Votre très affectionné confrère, « Josepn-Manie Cardinal Casrezut,
« Préfet, »
(Rome, 17 décembre 1766.)
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