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confiance : mes brebis me connaissent, elles distinguent ma voix et la suivent. Jésus-Christ, le Pasteur des pasteurs, m'est témoin qu'aucun motif humain n'a agi sur moi, que je vous ai toujours portés dans mon cœur, que votre salut, la conservation de notre sainte religion, les intérêts et la gloire de votre église, ont ioujours été les motifs et les seuls motifs de ma conduite, que je n’ai cessé un seul jour, depuis que je suis votre évêque, de supplier l'Esprit de lumière de dissiper les préjugés et de vous faire connaître vos véritables intérêts.
« Enfin, Nos Très Chers Frères, j'ai été exaucé, et le moment où tout paraissait désespéré, où l’aigreur et la discorde paraissaient à leur comble, la miséricorde de Dieu et sa divine Providence, qui ont été mon unique refuge dans ces temps nébuleux, l'ont choisi pour rétablir le calme, la paix et la réunion la plus solide et la plus durable. La dignité de votre église et son éminente autorité au-dessus des autres de ce diocèse, les droits de l'épiscopat et les vôtres ont été reconnus et sont en sûreté. Plus de divisions de sentiments entre nous. Qu'il n'y ait donc plus qu'un même cœur, une même âme, un même langage, comme il n'y aura plus qu’une même église. Que notre conduite et nos discours concourent à marquer que nous sommes les vrais enfants du Dieu de la paix, et les disciples de celui qui est descendu du ciel pour l'apporter sur la terre, et qui, en mourant, l'a laissée aux siens par testament, comme la marque propre et caractéristique de ses fidèles adorateurs... »
L'entrée de l'évêque dans son église se fit avec une pompe et une solennité extras:dinaires; elle répandit la joie dans tous les cœurs et fut l'occasion des conversions les plus éciatantes.
Ms" Briand aurait désiré assurer l'existence du chapitre et, dès 1767, il avait demandé au gouverneur la permission de remplir les canonicats vacants, Malgré
ses excellentes dispositions, Carleton ne crut pas devoir y consentir. « On m'a demandé de compléter le chapitre, écrit-il à lord Shelburne, et j'ai fait des difficultés à le permettre. »
En 1774, l’évêque songeait encore à faire revivre cette institution; on le voit par sa correspondance avec M. Porlier, curé de Sainte-Anne de la Pocatière. L'exécution de ce projet fut remise à des jours meilleurs, à cause de l'impossibilité de remplacer les prêtres qui auraient été appelés à Québec pour composer le chapitre ; les troubles de l'invasion américaine vinrent ensuite ajouter aux difficultés et aux sollicitudes du prélat, et plusieurs années se passèrent avant que l'on songeât de nouveau à remplir les canonicats vacants. Plusieurs chanoines étaient retournés en France, et, en 1733, il n’y avait plus, pour les représenter au Canada, que Ms" Briand et M. Saint-Onge, qui mourut en 1795. Le chapitre était éteint, et les quelques tentatives qui ont été faites depuis pour le ressusciter ont été sans résultats.
Bientôt a'autres vides s'étaient faits dans le clergé, depuis la conquête : plusieurs prêtres étaient morts, d'autres étaient repassés en Europe; des cent quatrevingt-un prêtres que l’on comptait dans le diocèse de Québec en 1758, il n’en restait plus que cent trentehuit en juillet 1766. Ms" Briand travailla sans relâche à favoriser les vocations ecclésiastiques et à former dans son séminaire des prêtres instruits et zélés, qu'il envoyait ensuite dans les paroisses pour rebâtir les églises et propager le règne de Jésus-Christ.
Il en ordonna lui-même quatre-vingt-dix pendant son épiscopat, et ne négligea aucun moyen d'en faire venir de France. Mais ce ne fut qu'en 1793 que le gouvernement britannique permit aux prêtres français de venir travailler en Canada.
C'est ainsi que ce vénérable évêque se dépensait pour réparer tous les désastres et pour relever de ses ruines
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