PR ET EC
ep an ee
l'église qui avait été confiée à sa sollicitude paternelle.
Lés communautés de Québec avaient toutes été cruellement éprouvées pendant la guerre; aussi ne furent-elles pas oubliées par M£' Briand, qui fut toujours pour elles un bienfaiteur et un père. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les annales de ces diverses maisons religieuses, et l’on est émerveillé des ressources que savait trouver le charitable prélat pour leur vénir en aide. « C'est surtout en entrant dans le détail des réparations faites alors à notre maison, dit l'Histoire des Ursulines de Québéc, que nous avons lieu d'admirer la sollicitude du saint évêque ; il voulut défrayer lui-même, en tout ou en partie, ces dépenses, auxquelles la communauté était impuissante à satisfaire. Ainsi le rétablissement dé la maison des externes, inhabitable depuis le siège ; les réparations aux murs de clôture, aux bâtiments de la basse-cour en 1767 et 68 ; lé renouvellement du plancher et des marches du sanctuaire en 1772 : tout cela ne fut effectué que moyennant les encouragements et les largesses du digne prélat. Lui-même pourvut au rétablissement du confessionnal et à la construction de la chambre des portiers, ce qui lui coûta treize cent quatre-vingts livrés. »
A l'Hôtél-Dieu, les sœurs se trouvaient dans une détresse presque incroyable, ét sans ressources pour ÿ remédier ; elles en vinrent jusqu’à être obligées de vendre le peu d'argenterie qu’elles possédaient et même une grande horloge, pour pouvoir subsistér. Mais au retour de Mgr Briand de Londres, elles purent compter sur le pain quotidien que leur protura ce bon père des familles religieuses. « Non content de mettr: à l'œuvre toute son influence auprès de ses diocésains, il retrancha même de son révenu particulier des sommes considérables pour les assister, ét il savait rélever le prix de ses dons par une délicatesse dé procédés charmante!. »
1 Histoire de l'Hôlel-Dièu de Québéc, par l'abbé Casgrain.
Et si nous ouvrons les annales de l'Hôpital- Général, nous trouverons encore le prélat occupé à consoler des afflictions et à soulager des misères.
« Le dénûment où la maison se trouvait réduite ne pouvait manquer d'inspirer à ses amis les plus vives appréhensions. M£&' Briand en éprouvait une peine profonde; la ruine complète de notre établissement lui paraissait imminente, et dans sa douleur et son embarras il élevait sans cesse les yeux et les mains au ciel, d'où il attendait son secours. Un jour, il communiqua ses tristes réflexions au chanoine de Rigauville, et, le voyant touché du triste état où se trouvait l'hôpital : « Eh bien! mon cher ami, voulez-vous vous charger du soin de ces pauvres filles, faire leurs affaires, veiller sur leurs biens, en devenir le père : vous en êtes bien capable, si vous le voulez; vous voyez qu'il ne m'est pas possible de faire cela à la place où je suis, chargé d’un diocèse, » Pressé par son évêque, en même temps son ami, le vertueux chanoine accepta, et il fut la providence de l’Hôpital-Général, qu'il sauva de la ruine et qu'il rendit prospère.
L’annaliste nous apprend encore que Ms Briand faisait lui-même de généreuses aumônes à la communauté ; c'est ainsi qu'il donna douze cents livres pour aider à reconstruire la ménagerie; en 1778, ses largesses s’elevaient à près de deux cents louis et en 1779 nous lisons : « M£r Briand a surpassé notre attente par ses libéralités ; il s'est chargé d’acquitter tous les comptes de la maison de nos domestiques, ce qui est monté à la somme de trois mille deux cent vingt-deux livres. »
Si les communautés de Montréal avaient été épargnées pendant la guerre, elles ne furent pas exemptes des malheurs qui semblaient ne vouloir épargner aucune institution ni aucune ville de la colonie. Le 18 mai 1765, un incendie désastreux éclata à Montréal, et, en moins de deux heures, dévora plus de cent
ie mm Pete Lo a th et
A D M jm + hr 0 PE eq nm ne do AOC 5 ” .
Ro ES EL à ei
maisons, parmi lesquelles l'hôpital fondé par Mme Youville. Mer Briand était à Londres, à cette époque, et impuissant à venir en aide à cette communauté; il écrivait à son ami, M. Marchand, pour lui dire touts sa douleur, et pour le conjurer de faire en leur faveur tout ce que lui inspirerait sa charité. Le vicaire général avait prévenu ses désirs, et, par un mandement adressé au clergé et aux fidèles de son gouvernement, il fit à leur générosité un appel qui fut entendu.
Trois ans après, le 11 avril 1769, c'était le tour des Sœurs de la Congrégation, qui virent, elles aussi, consumer par le feu tous leurs bâtiments, leur église, le. s meubles, et furent obligées d’alier demander asile aux Sœurs de l’Hôtel-Dieu. Les messieurs de Saint-Sulpice ne manquèrent pas de leur venir généreusement en aide.
Mer Briand, toujours prêt à secourir les infortunes, se hâta de publier un mandement adressé aux fidèles de sa ville épiscopale, pour les inviter à secourir les familles affligées de Montréal et, en particulier, la famille religieuse de la sœur Bourgeois. Et afin que la collecte fût plus abondante, il poussa le dévouement jusqu’à se transporter lui-même, de maison en maison, pour recueillir les fruits de la compassion et de la libéralité des citoyens.
Au mois de juillet suivant, l'évêque se rendit à Montréal pour consoler, par sa présence, les infortunées victimes du fléau, et contribuer, suivant ses faibles moyens, au rétablissement d’une maison religieuse qui produisait un si grand bien dans son immense diocèse,
êt