PREMIÈRE PARTIE
Marcel, à la tête de son clergé et accompagné des habitants de la cité, s'en vint au tombeau, et le prélat s'avança à la tête du monstre pour batailler avec lui. Le Saint se mit en prière, et le dragon implorait merci et applaudissait de la queue avec grande humilité.
Saint Marcel lui donna deux coups de crosse et lui passa son étole au cou.
Il le conduisit ainsi à trois milles dans la campagne et lui dit : « Ou t'en va au désert, ou t'en va jeter dans la mer. ?» Le serpent obéit et de lui jamais plus ne fut nouvelle.
Ce miracle contribua beaucoup à la gloire de Marcel ; le fantastique et le merveilleux, qui ont une action immense sur tous les esprits simples et primitifs, tournèrent au profit de la foi.
Saint Marcel mourut le P'" novembre 436 et fut inhumé sur une éminence, le Mont-Cétarti, devenu la rue et le quartier Mouffetard. Les fidèles construisirent des maisons autour de sa tombe et formèrent un village, que Grégoire de Tours appelle le Bourg de PaHs. Son nom fut donné au faubourg Saint-Marceau, qui s'éleva aux alentours d'une église bâtie au moyen âge sous son invocation. Ses reliques furent à cette même époque transférées à Notre-Dame.
C'est devant elles qu^en 496, Clovis, qui habitait le palais des Thermes, avait été converti.
En 1586, une église lui fut dédiée Boulevard de l'Hôpital. Son histoire a été écrite par Fortunat.
Saint Marcel, humble en terre et élevé au ciel, est un des trois patrons titulaires de Paris ; il est surtout celui des petits et des simples, lui que la légende appelle un bourgeois du paradis.
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